Frais d’exclusion : le compteur tourne au ralenti

Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir

Les Québécois qui ne veulent pas des nouveaux compteurs « intelligents » d’Hydro-Québec pourraient voir leurs frais fondre de moitié. Tel que prévu, la société d’État a déposé une demande en ce sens vendredi à la Régie de l’énergie pour répondre aux « préoccupations » de certains clients.

 

Si la Régie accepte la demande de révision des frais proposée par Hydro-Québec, les Québécois qui ne veulent pas qu’un compteur de nouvelle génération soit installé chez eux devront payer des frais d’installation de 48 $ (plutôt que 98 $ actuellement) pour être munis d’un compteur « non communicant ». Cette baisse serait appliquée de manière rétroactive, ce qui veut dire que les clients s’étant déjà prévalus de l’option de retrait seraient remboursés en obtenant un crédit sur leur facture.

 

« Cette demande de révision se fait dans un contexte où on a 1,5 million de [nouveaux] compteurs installés. On a une idée plus juste de nos façons de faire, des manières d’optimiser nos interventions, et on constate que le coût unitaire pour l’installation des compteurs non communicants est moins élevé que prévu », explique le porte-parole d’Hydro-Québec, Patrice Lavoie.

 

Hydro-Québec demande aussi de réduire de 204 $ à 96 $ les frais annuels qui couvrent la lecture des compteurs « non communicants » par un représentant. Cette baisse s’explique par le fait qu’Hydro-Québec veut faire passer de six à trois le nombre de relèves des données, ce qui correspond au seuil minimal autorisé par la Régie. Les clients qui ont déjà refusé les nouveaux compteurs ne seront toutefois pas remboursés puisqu’ils ont déjà bénéficié des six relèves annuelles.

 

« C’est le compromis qu’Hydro-Québec propose : une facturation moins souvent basée sur la consommation réelle. Mais en fin d’année, lorsqu’on fait la relève manuelle, le client paie toujours pour l’électricité qui est réellement consommée », précise M. Lavoie.

 

La société d’État avait déjà manifesté en novembre dernier son intention de saisir la Régie d’une demande de réduction des frais liés à l’option de retrait. Elle faisait alors valoir que le taux de refus du nouveau compteur avoisinait 0,4 %, alors que les calculs initiaux prévoyaient un taux de 1 %.

 

Dans son communiqué diffusé jeudi, Hydro-Québec « estime que sa demande de révision répond aux préoccupations des clients qui considèrent les frais de l’option de retrait comme élevés ».

 

La première phase de déploiement des compteurs « intelligents » dans la grande région de Montréal doit en principe être achevée d’ici la fin du mois de juin. À ce jour, près de 1,5 million de compteurs ont été installés sur un objectif de 1,7 million. Patrice Lavoie dit avoir bon espoir que les délais prévus seront respectés.

 

Suivront ensuite les phases 2 et 3, pour lesquelles Hydro-Québec attend toujours le feu vert de la Régie de l’énergie. Si l’échéancier envisagé par la société d’État se concrétise, un total de 3,8 millions de compteurs de nouvelle génération seront installés partout au Québec d’ici 2018.