La débâcle de 2008 est de l’histoire ancienne pour la Caisse de dépôt

Photo: Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Les effets de la sévère crise financière de 2008 et de l’effondrement du marché des PCAA amorcé en 2007 sont désormais derrière la Caisse de dépôt. Dans sa rétrospective cinq ans plus tard, l’économiste Pierre Fortin apporte des conclusions qui viennent délester le président de l’époque, Henri-Paul Rousseau, de ce boulet de 40 milliards qu’il traînait depuis.

 

Dans son récent blogue, le professeur de l’UQAM Pierre Fortin revient sur cette perte historique de 39,8 milliards, ou de 25 %, subie par la Caisse de dépôt lors de la « tempête parfaite » de 2008. Avec le recul, les causes de la débâcle deviennent plus évidentes, et moins catastrophiques que ce qu’elles ont pu démontrer au terme de cette « Annus horribilis ».

 

La Caisse de dépôt a dégagé en 2008 un rendement négatif de 25 %, contre un rendement médian de -18,4 % pour les grandes caisses de retraite. L’écart entre les deux se chiffre, pour la Caisse, à 10,5 milliards. Pour Pierre Fortin, deux facteurs précis expliquent cette différence : un coût de couverture du risque de change de 8,9 milliards et une moins-value non matérialisée de 4 milliards associée au papier commercial adossé à des actifs (PCAA), alors très présent dans le bilan de l’institution québécoise. Mais, de rappeler l’économiste, « à long terme, de 2003 à 2013, la stratégie de couverture de la Caisse a été payante […] En tout et partout, au cours de ces 11 années, la couverture de change a procuré à la Caisse un profit net de 4,3 milliards ».

 

Quant aux PCAA, plongés dans une crise de liquidité dès août 2007, « au net à la fin de 2013, il ne restait de trace de l’éprouvante histoire du PCAA non bancaire sur le bilan de la Caisse qu’une moins-value résiduelle de 650 millions », note l’économiste. Ainsi, la juste valeur marchande à la fin de 2013 équivalait à 97 % du coût initial. Au sortir de la crise, de 2009 à 2013, elle a pu effacer cumulativement 5,2 des 5,9 milliards de moins-values non matérialisées qu’elle avait déclarées en 2007 et 2008.

 

Au plus fort de la crise des PCAA, une centaine d’institutions, dont la Caisse de dépôt, et près de 2000 investisseurs étaient frappés de plein fouet. La Caisse, sous le leadership de Henri-Paul Rousseau, a pris l’initiative de résoudre cette crise de liquidité en jetant les bases de l’Entente de Montréal dont l’approbation, en décembre 2007, « est le résultat de la plus grosse opération de restructuration financière de l’histoire canadienne. Le rôle qu’y a joué le président de la Caisse a été crucial », écrit Pierre Fortin.

 

Au final, l’impact négatif de la crise des PCAA sur le rendement des déposants de la Caisse n’aura été, jusqu’ici, que de 0,1 %. Autrement dit, si cette crise n’avait pas eu lieu, le rendement annuel moyen sur l’avoir des déposants aurait été de 7,4 % sur la période 2003-2013, contre 7,3 % réalisé.

1 commentaire
  • Christine Rychlik - Inscrite 4 avril 2014 09 h 13

    On en achète d'autres

    Tellement payant, on devrait acheté ce qui reste de PCAA et rembourser la dette de Québec avec le gain réalisé.

    Je crois que quelqu'un prend encore les Québécois pour des valises.