Les libéraux s’accrochent à leurs chiffres et blâment l’ISQ

L’économiste Carlos Leitao juge que, même si l’étude de l’Institut de la statistique du Québec est vraie, le portrait qu’elle présente est biaisé.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’économiste Carlos Leitao juge que, même si l’étude de l’Institut de la statistique du Québec est vraie, le portrait qu’elle présente est biaisé.

Saint-Georges-de-Beauce — Les libéraux ne se laissent pas démonter par le plus récent bilan du marché québécois de l’emploi et défendent leurs chiffres plus pessimistes. Ils jugent que l’étude de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) ne dresse pas un portrait juste de la réalité.

 

« Elle est partiellement vraie et malheureusement inexacte », a soutenu le chef libéral, Philippe Couillard, dans un point de presse au cours duquel il a dévoilé ses engagements relatifs à l’entrepreneuriat. Il était accompagné pour l’occasion des économistes Carlos Leitao et Martin Coiteux et de l’ex-p.-d.g. d’Investissement Québec Jacques Daoust.

 

Le bilan de l’ISQ, qui s’appuie sur les moyennes de tous les mois de l’année 2012 comparées à celles de 2013, confirme la création nette de 47 800 emplois en 2013 et celle de 30 800 emplois en 2012, tout près de l’objectif fixé dans le dernier budget libéral de Raymond Bachand. Cette méthode est celle qui est employée par les statisticiens de tous les pays de l’OCDE.

 

« Si vous comparez des moyennes, vous créez de l’obscurité et de la confusion », juge tout de même M. Couillard. Malgré l’inexactitude de l’étude de l’ISQ, telle qu’il la perçoit, il n’entend pas exiger que l’Institut change de méthode s’il est élu premier ministre.

 

Appuyé par son aréopage économique, Philippe Couillard a insisté pour comparer les données mensuelles de décembre 2012 et 2013, un exercice qui se solde par une perte de 66 800 emplois à temps plein, comme le clame une publicité électorale du Parti libéral, et par un gain de 76 800 emplois à temps partiel, pour un gain total de 10 000 emplois.

 

Selon Carlos Leitao, l’analyse de l’ISQ est « vraie » mais n’est pas « révélatrice » de ce qui s’est passé en 2013 sur le marché du travail. « Le problème que j’ai avec les moyennes, c’est que le résultat va être influencé par ce qui s’est passé pendant l’année 2013, mais aussi par ce qui s’est passé pendant l’année 2012. Donc, si l’année 2012 a été faible, l’année 2013 va avoir l’air pas mal plus encourageante », affirme-t-il.

 

De son côté, Martin Coiteux a reconnu dans un entretien accordé au Devoir que la méthode libérale pouvait se traduire par des « aberrations », mais que d’autres données, notamment le manque de revenus en provenance de l’impôt des particuliers, comme le montre le dernier budget Marceau, confirmaient que le marché de l’emploi était en panne.

 

D’un mois à l’autre, plusieurs facteurs peuvent faire grimper ou chuter momentanément les chiffres de l’emploi, ce qui rend les comparaisons potentiellement hasardeuses. Par exemple, si le PLQ avait plutôt choisi de comparer le résultat du mois d’octobre 2013 à celui obtenu douze mois auparavant, il aurait dû faire état de la création de 50 000 emplois à temps plein et d’un gain net de quelque 25 000 postes. En répétant l’exercice pour le mois de novembre, on aurait parlé d’une perte de 22 000 emplois à temps plein, mais d’une création nette de 17 500 postes.

À voir en vidéo