L’optimisme est de mise à Davos

La sécurité est toujours importante dans la station de ski suisse de Davos lorque les puissants du monde s’y réunissent une fois par année, en janvier.
Photo: Michel Euler agence france-presse La sécurité est toujours importante dans la station de ski suisse de Davos lorque les puissants du monde s’y réunissent une fois par année, en janvier.

Ils sont plus nombreux parmi les dirigeants d’entreprise à croire que l’économie mondiale s’est engagée sur la voie de la croissance. Ils sont aussi nombreux à se dire préoccupés par le manque de confiance à leur égard. Et les trois quarts des répondants affirment qu’il est important pour leur entreprise d’être perçue comme acquittant sa juste part d’impôt.

 

Les résultats de ce sondage découlent de la 17e enquête mondiale annuelle auprès des chefs de direction menée par PricewaterhouseCoopers (PwC). Ils ont été dévoilés mardi dans le cadre du Forum économique mondial de Davos. Au final, 85 % des chefs de direction interrogés dans le monde et au Canada s’attendent à de bonnes perspectives de croissance de leurs résultats pour les 12 prochains mois.

 

Quant aux principaux moteurs de croissance, 70 % des chefs de direction canadiens pointent en direction des États-Unis. Suivent le Royaume-Uni (25 %), la Chine (24 %) et l’Australie (20 %). Dans le reste du monde, les dirigeants désignent plutôt la Chine (33 %), les États-Unis (30 %), l’Allemagne (17 %) et le Brésil (12 %).

 

Aussi, « par rapport à leurs homologues étrangers, les chefs de direction canadiens ont davantage tendance à accorder la priorité aux questions liées au développement d’une main-d’oeuvre qualifiée (77 %, contre 64 % mondialement), à la protection de la santé des travailleurs (67 %, contre 39 %) et à la création d’emplois pour les jeunes (62 %, contre 33 %) ».

 

« Plus de la moitié des répondants (56 %) estiment que le développement d’une main-d’oeuvre qualifiée devrait figurer au rang des trois principales priorités des gouvernements, alors même que 52 % des répondants pensent que la réglementation du gouvernement a entravé leur capacité à trouver et à attirer de la main-d’oeuvre qualifiée », a souligné Guy LeBlanc, associé directeur du bureau de Montréal de PwC Canada.

 

Mais un désaccord se dégage quant à la pertinence et à l’efficacité de la réglementation. PwC retient que « les dirigeants canadiens font davantage confiance aux gouvernements et ont une opinion plus positive sur l’incidence de la réglementation. Une majorité significative de répondants canadiens ont indiqué que la réglementation leur a permis d’améliorer la qualité de la production ou de la prestation de services (81 %) et les a aidés dans la recherche de nouvelles occasions d’affaires (63 %). Par ailleurs, si plus des deux tiers (69 %) des répondants considèrent que la réglementation a entraîné la hausse de leurs coûts de fonctionnement, 81 % d’entre eux croient que le gouvernement est parvenu à assurer la stabilité du secteur financier de même que l’accès à des capitaux abordables ».

 

Ailleurs dans le monde, seulement 46 % des répondants estiment que leurs gouvernements ont réussi à assurer la stabilité financière et à peine 35 % pensent que la réglementation leur a été utile.

 

Confiance à leur égard

 

Un autre élément se démarque dans cette enquête mondiale, qui prend la forme d’une méfiance sensible ressentie à l’endroit des chefs d’entreprise. À titre d’illustration, 37 % des répondants canadiens ont fait état de la détérioration de la confiance des médias. Et globalement, « 42 % des chefs de direction canadiens sont préoccupés par le manque de confiance à l’égard du monde des affaires […] Cela suppose de mettre davantage l’accent sur la responsabilité sociale, d’employer des méthodes éthiques dans la gestion des affaires et d’interagir avec la collectivité dans son ensemble », peut-on lire dans le rapport.

 

À l’échelle mondiale, la question de l’évitement fiscal des entreprises apparaît au radar. Ainsi, « seulement 27 % des chefs de direction sont d’accord ou fortement d’accord avec l’affirmation selon laquelle les membres du G8/G20 et de l’OCDE parviendront à un consensus suffisant pour permettre l’adoption d’une réforme approfondie du système fiscal international au cours des prochaines années ». Mais 75 % des chefs de direction « estiment qu’il est important pour leur entreprise d’être perçue comme acquittant sa juste part d’impôt ».

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