1700 emplois supprimés

Un employé de Bombardier s’apprête à rentrer au travail. Mardi, l’entreprise a annoncé la suppression de 1700 emplois, la plupart au Québec.
Photo: La Presse canadienne (photo) Paul Chiasson Un employé de Bombardier s’apprête à rentrer au travail. Mardi, l’entreprise a annoncé la suppression de 1700 emplois, la plupart au Québec.

Le syndicat des machinistes qui représente 5000 travailleurs chez Bombardier n'a pas encore la ventilation précise des mises à pied qui seront effectuées dans la région de Montréal.

L’avenir s’embrouille. Bombardier a investi des centaines de millions pour développer ses produits au cours des dernières années et affirme qu’il faut resserrer les coûts encore une fois : 1700 emplois passent à la trappe, un geste qui touche 600 personnes au Kansas et 1100 de ce côté-ci de la frontière, principalement au Québec.

Après avoir fait état lundi d’un carnet de commandes qui s’est rempli plus lentement en 2013, conséquence d’un contexte économique incertain, Bombardier a fait circuler une note interne hier matin pour annoncer la mauvaise nouvelle à ses employés.

« Depuis quelques années, on fait des investissements majeurs pour développer la famille d’appareils CSeries, le Learjet 85, les Global 7000 et 8000, et les postes abolis sont liés à un contrôle des coûts », a dit une porte-parole de Bombardier, Hayley Dunne.

La compagnie montréalaise, qui compte 35 000 employés dans l’aéronautique, dont 5000 à Montréal et à Mirabel, a indiqué lundi que cette division a livré moins d’avions d’affaires en 2013 et reçu un nombre de commandes inférieur à 2012. Le président de la division, Guy Hachey, avait alors parlé d’une économie mondiale « demeurée obstinément au ralenti ». D’autant plus que le projet de la CSeries, un appareil de 100 à 149 sièges qui doit lui donner un nouvel élan, coûtera au total 3,9 milliards.

L’industrie aéronautique est dépendante de l’évolution de l’économie et fait partie des secteurs d’activité cycliques. En novembre 2009, par exemple, Bombardier avait dû mettre à pied 715 travailleurs de Montréal et Mirabel en raison du contexte et d’un carnet de commandes qui n’était pas suffisamment rempli.

Pas encore de ventilation

Le syndicat des machinistes, qui représente 5000 travailleurs chez Bombardier, n’a pas encore la ventilation précise des mises à pied qui seront effectuées dans la région de Montréal.

Environ 300 des 1700 postes ont déjà été supprimés en décembre « un peu partout », a précisé Mme Hayley. Les autres employés seront avisés au cours des prochaines semaines. La plupart des 1100 postes touchés au Québec se trouvent notamment dans la fabrication, l’ingénierie et la vente. « Nous avons aussi quelques centaines de postes ouverts ; alors, nous allons les pourvoir avec des employés touchés si leur profil convient. »

Au Québec, Bombardier compte des employés à Mirabel et sur l’île de Montréal, à Dorval et à Saint-Laurent. « On a mis sur pied un comité pour déterminer les droits de transfert des employés », a dit Claude Boisvert, directeur intérimaire du district 11 de l’Association internationale des machinistes. Il représente 5000 syndiqués au sein de la compagnie. « Ce n’est pas rare qu’à la fin de tout ça, on constate qu’il y a un peu moins de mises à pied. On va croiser les doigts. On ne sait jamais. »

La semaine dernière, la compagnie a annoncé que l’entrée en service de ses nouveaux appareils CSeries serait retardée et qu’elle aurait lieu seulement dans la deuxième moitié de 2015. Ce report a incité vendredi dernier l’agence de notation Fitch à abaisser la cote de crédit de Bombardier. L’agence torontoise DBRS a fait la même chose en novembre 2013.

Pour les neuf premiers mois de 2013, Bombardier — les divisions aéronautique et transport — a quand même enregistré des profits nets de 475 millions grâce à des revenus de 12,8 milliards.

Lundi, la compagnie a indiqué qu’elle a reçu 305 commandes d’avions d’affaires en 2013, comparativement à 343 en 2012. Dans le secteur des avions commerciaux, l’année 2013 s’est soldée par 81 commandes, contre 138 l’année précédente.

Le titre de l’entreprise a perdu près de 4 %, à 3,95 $, à la Bourse de Toronto. Par rapport à son niveau d’il y a cinq ans, il est en baisse de 16 %. L’indice de la Bourse de Toronto a augmenté de 53 %.

Bombardier compte aussi environ 35 000 employés dans sa division transport, ce qui en fait le seul groupe mondial capable de construire tant des avions que des trains.

La compagnie a l’intention de publier ses états financiers du quatrième trimestre le 13 février prochain.

Parmi les réactions observées hier, le Nouveau Parti démocratique a affirmé que le geste de Bombardier démontre « l’échec » de la politique de développement du gouvernement conservateur pour l’industrie aérospatiale.

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