Assurance-emploi - Maxime Bernier heurte les agriculteurs

Maxime Bernier
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Maxime Bernier

Le ministre Maxime Bernier s’est attiré les reproches des producteurs agricoles en dépeignant la grande majorité des personnes dont les prestations d’assurance-emploi ont été coupées au fil des huit derniers mois comme des profiteurs.

 

« Quatre-vingts pour cent des gens […] qui ont perdu leurs prestations, ce n’était pas à cause de notre réforme. Ces gens-là n’étaient pas à la recherche active d’emploi. Pourquoi, ils n’étaient pas à la recherche active d’emploi ? Ces gens-là étaient soit sur une plage à Cuba ou en Floride », a lancé jeudi l’élu conservateur aux participants du congrès annuel de l’Union des producteurs agricoles (UPA), disant se fier aux statistiques colligées depuis l’entrée en vigueur de la réforme de l’assurance-emploi.

 

Mais les 350 producteurs agricoles massés dans la salle principale du Centre des congrès de Québec n’entendaient pas à rire. Le programme l’assurance-emploi revu et corrigé par le gouvernement conservateur « met en péril » la pérennité du secteur de l’agriculture, de la foresterie et de la pêche en accélérant la dévitalisation des régions du Québec, a fait valoir Jean Côté, de l’UPA-La Mitis. « Les emplois saisonniers sont nécessaires pour [notre secteur d’activité]. On sait que l’été, ce n’est pas 365 jours », a affirmé le producteur agricole du Bas-Saint-Laurent, insistant sur l’importance de compter année après année sur un certain nombre de travailleurs saisonniers ayant reçu une formation spécialisée.

 

Le député de Beauce a suggéré aux producteurs agricoles étant persuadés de faire face à une pénurie de main-d’oeuvre à l’été 2014 ou 2015 de proposer à chacun de leurs employés temporaires contraints de chercher un boulot de « dire à [leur] employeur potentiel : “ Écoutez, je vais travailler avec vous quelques mois, même si vous m’offrez un emploi à temps plein parce que je désire revenir sur ma ferme  ». «Elle ne perdra pas de prestations […] si l’employeur décide de ne pas l’engager », a soutenu M. Bernier.

 

L’UPA doute fort de la sagesse des conseils du ministre d’État à l’Agriculture. Elle demande au gouvernement conservateur de suspendre l’application de la réforme de l’assurance-emploi, ou à tout le moins d’épargner les travailleurs saisonniers agricoles, sylvicoles et de la pêche.

 

La réforme restreindra à coup sûr l’accès à une main-d’oeuvre qualifiée, a indiqué le président de l’UPA, Marcel Groleau. « Il faut pouvoir avoir accès à ces employés année après année si on veut développer nos entreprises. » Le secteur agricole fait appel bon an mal an à quelque 39 000 employés saisonniers, dont 31 000 Québécois et 8000 étrangers.

 

M. Groleau emploie deux opérateurs d’équipement, et ce, d’avril à novembre. « Ce n’est pas vrai que je peux demain remplacer ces employés-là. […] Si [l’un d’eux] ne peut pas avoir accès à de l’assurance-emploi parce qu’il n’est pas à la recherche d’un emploi dans une région où il n’y a pas d’emplois l’hiver, je pense qu’il n’est pas à Cuba l’employé, il est chez nous ! »

 

Maxime Bernier a convenu de « vérifier les statistiques » un an après l’entrée en vigueur de la réforme, même s’il est convaincu que « l’impact va être minime ». « Peut-être que je me trompe et que vous avez raison. Si vous avez raison, il va falloir se rasseoir et regarder qu’est-ce qu’on peut faire pour modifier cette réforme-là », a-t-il souligné aux congressistes.

 

Le ministre était dépêché jeudi au congrès annuel de l’UPA afin d’apaiser les craintes des producteurs laitiers et fromagers à l’égard de l’accord de libre-échange Canada-Union européenne. Après l’arrivée prochaine de 17 700 tonnes de fromage, « il risque d’y avoir des pertes au niveau des revenus », a admis M. Bernier. Il s’est néanmoins dit persuadé de trouver en deux ans une formule de compensation des « pertes éventuelles réelles » conforme aux attentes des producteurs fromagers et laitiers.

7 commentaires
  • Pierre Labelle - Inscrit 6 décembre 2013 06 h 23

    Maxime et la pensée de droite.

    Décidément ce beauceron n'a pas le sens de l'orientation; toujours à droite, la gauche il connait pas sauf pour dire des gaucheries. Que cherche t-il? Peut-être à devenir le prochain chef de ce parti ultra conservateur, en crachant son mépris sur ceux qui l'on élus.... Ses pensées, si pensées il y a, sont de vieux clichés qu'il nous sert dans une sauce trop épaisse un jour et trop claire le lendemain. Il y a de cela quelques années, Julie Couillard nous a tracée un portrait de ce Maxime, à l'époque j'avais certains doutes tant qu'à la véracité de ce portrait, plus maintenant.

  • Josette Allard - Inscrite 6 décembre 2013 08 h 10

    Ne plus l'inviter

    Les politiques de ce gouvernement sont bien connus. Faut être masochiste en pas pour rire pour inviter un ministre de ce gouvernement à venir redire son message devant les agriculteurs réunis en congrès.

  • Denis Miron - Inscrit 6 décembre 2013 09 h 30

    Démagogie 101

    Quel bon démagogue que ce Bernier! Il tente de nous faire croire que le prestataire d’assurance emploie continue de recevoir ses prestations tout en se faisant griller la couenne sur une plage à Cuba ou en Floride. Je plains celui qui s’essaierait à faire cela de nos jours….ce ne serait pas long qu’on lui couperait les vives. Tout est relié par l’informatique

  • Normand Murray - Inscrit 6 décembre 2013 13 h 32

    Encore une autre fois.

    Le textile, le manufactrier de transformation de matière première, l'avionnerie, les alumineries, les pâtes et papiers les pharmaceutiques maintenant la technique je passe par l'assurance emploie pour l'agriculture de Canada Team à Chrétien à Harper's Tory l'histoire d'amour persiste et ma foi persisteras pour toujours.P.S:Qu'advient t'il de la vente de nos terres arables à l'étranger nos lois nous en protègent il la question se pose du peu ètre à ce que certains agriculteurs perdrent leurs terres suite à cette politique d'emploie Canada qui sait...

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 9 décembre 2013 18 h 05

      M. Murray...Les agriculteurs sont aussi des businessmen..Ils demandent que l'A-E canadienne indirectement subventionne leur business en payant pour eux des employés pendant neuf mois à ne rien faire, pour qu'ils puissent les retrouver au printemps! Et cela, décades après décades.
      Ils reçoivent déjà des subventions de toutes sortes.

      Non! Ces chômeurs saisonniers ne vont pas en Floride mais ils travaillent...au marché noir pendant neuf mois...Cela s'appelle du "double dipping"...

      Les agriculteurs ont l'option d'employer plus de saisonniers étrangers pour trois ou quatre mois par an et ce serait plus juste pour votre bourse et la mienne.

      Un QC indépendant devrait rapatrier l'A-E. et faire face à une situation intenable...Mais tant que le Canada paie, alors pourquoi pas? Au cas oû vous l'ignorez, le QC reçoit 40% de la totalité des prestations de l'A-E canadienne pour une population de 23%...

  • Albert Labranche - Inscrit 6 décembre 2013 16 h 18

    Pas de si pas de ca

    Pas de pétrole. pas de gaz, pas d'eoliennes, pas de lignes d'hydro, pas dans ma cour, pas de ceci pas de cela, et pas de chomage. Voila
    Mais des marchés protégés, des subventions, donnez nos donnez nous, des hausses de prix ponctuelles, des assurances pour le non productifs, ca c'est bien.