Pétrolia tend la main au nouveau conseil de Gaspé

Un employé de Pétrolia à l’œuvre.
Photo: Pétrolia Un employé de Pétrolia à l’œuvre.

Le nouveau maire de Gaspé, Daniel Côté, ne donnera pas de sitôt son feu vert au forage exploratoire du puits Haldimand 4 de Pétrolia. Il dit vouloir étudier l’encadrement législatif et réglementaire de la filière pétrolière et gazière prévu par le gouvernement du Québec ainsi que les conclusions des études hydrogéologiques attendues au printemps prochain « avant d’aller plus loin dans ce projet-là ».

 

Si certains observent un changement de ton entre la municipalité et la société d’exploration pétrolière et gazière depuis les départs de l’ancien maire François Roussy et de l’homme d’affaires André Proulx, M. Côté dit s’inscrire dans la « même ligne de pensée » de l’ancien conseil municipal. « Les relations interpersonnelles pourront peut-être être différentes[entre les gens de Pétrolia et de Gaspé], cependant sur le fond du dossier, on conserve la même vision. On souhaite un développement de la filière pétrolière et gazière chez nous, mais celui-ci doit se faire dans le respect de la population et de l’environnement, dont l’eau », a indiqué M. Côté, jeudi, dans un entretien téléphonique avec Le Devoir. M. Côté dit pleinement souscrire à « toutes les recommandations » et à « toutes les demandes » formulées par l’administration Roussy. « Je les fais miennes », a-t-il fait valoir, appelant une nouvelle fois le gouvernement péquiste à montrer rapidement ses couleurs quant au développement de la filière pétrolière et gazière au Québec. « On l’espère le plus tôt possible[la loi ou le règlement]. On s’entend que la problématique est un peu plus urgente à Haldimand, où on s’apprêtait à forer tout près de résidences privées et de puits d’eau potable », a-t-il souligné.

 

Cela dit, le maire de Gaspé ne fera pas connaître son appui ou sa défection au projet Haldimand 4 avant de prendre connaissance du rapport final de l’étude hydrogéologique menée par le gouvernement du Québec. Celui-ci est attendu d’ici au 31 mars 2014. « C’est à ce moment-là qu’on va en avoir le coeur net et savoir si oui ou non on va de l’avant avec le puits Haldimand 4 », a spécifié M. Côté. Pour sa part, Pétrolia a confirmé mercredi avoir cédé ses droits et obligations sur 14 puits d’observation ainsi que « toutes » les données recueillies à ce jour par ses employés au ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs afin qu’il réalise son étude hydrogéologique.

 

La société d’exploration pétrolière et gazière junior a aussi réitéré sa décision de suspendre ses recours judiciaires devant la Cour supérieure. Elle compte profiter de cette trêve pour, avec la Ville de Gaspé, « identifier une solution au différend qui les oppose et éventuellement [permettant à Pétrolia] de reprendre ses activités sur le projet Haldimand ».

 

Pour assurer la croissance

 

À l’Assemblée nationale, le chef de l’opposition officielle, Jean-Marc Fournier, talonnait cette semaine la première ministre, Pauline Marois, afin qu’elle fasse connaître une nouvelle loi sur les hydrocarbures, indispensable à ses yeux pour« assurer la croissance économique ».« Pourquoi le gouvernement refuse-t-il encore de déposer une loi créatrice d’emplois dans le domaine pétrolier ? La première ministre est-elle prisonnière d’une frange de son parti qui est pour le pétrole des autres, mais contre le pétrole d’ici ? », s’interrogeait-il.

 

Dans l’attente d’une nouvelle législation sur les hydrocarbures, Pétrolia et Corridor Resources inc. poursuivent néanmoins leur campagne de séduction auprès d’acteurs de l’industrie détenant l’« expertise technique » et les « capacités financières » nécessaires pour entreprendre leur programme de travaux sur l’île d’Anticosti. Le sol de l’île, dont les droits appartiennent à Pétrolia, recèle de 30,9 milliards de barils d’or noir selon la « meilleure estimation » du volume total des ressources pétrolières non découvertes faite par la firme Sproule Associates Limited, a rappelé Pétrolia mercredi.

 

Pétrolia possède des intérêts « considérés comme très prometteurs » sur un territoire de 16 000 km2 au Québec, dont 5700 km2 seulement sur l’île d’Anticosti.

2 commentaires
  • Marc Brullemans - Abonné 21 novembre 2013 11 h 03

    Des ressources pétrolières non-découvertes...

    Selon les consultants Sproule, le trésor de Pétrolia à Anticosti se situe entre 20 et 50 miliards de barils d'équivalent-pétrole. Signalons que ce trésor est emprisonné dans la roche et qu'un faible pourcentage est "technically recoverable", entre 1 et 3 % peut-être. Il est à noter aussi qu'il s'agit d'estimés comprenant, et la fraction gaz (gaz dit naturel), et la fraction liquide (condensats et pétrole), le tout ramené sur une base énergétique en équivalents de barils de pétrole. Sur le plan économique, il faut connaître les proportions de chacun des composantes, les prix du marché (la fraction pétrole léger étant ici la plus prisée) et ... les coûts pour extraire et traiter le tout. Et on arrive à... nous n'avons pas ces chiffres ! De plus, nous ne savons pas non plus quelle sera la valeur au SPEDE d'une tonne de carbone au Québec d'ici là. Quelques dizaines de dollars et tout ce trésor n'aura été qu'un mirage... Dangereux de surcroît. Et insensé sur le plan du climat. M. Fournier pourra dire ce qu'il voudra, rien n'y changera.

    Pour la version originale du communiqué:
    http://www.petroliagaz.com/imports/medias/pdf/Comm

  • Nicolas Bouchard - Abonné 21 novembre 2013 13 h 32

    Les libéraux demandent au gouvernement de présenter une nouvelle loi sur les hydrocarbures...

    Dans quel but? Celui de se liguer avec les caquistes et ensuite voter contre le projet de loi dès le début?

    Quel culot!

    Nicolas B.