Un pas de plus vers l'implantation d'un parc d'hydroliennes dans le fleuve

Pauline Marois était de passage dans les locaux d’Énergie atomique du Canada limitée à Bécancour.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Pauline Marois était de passage dans les locaux d’Énergie atomique du Canada limitée à Bécancour.
La première ministre Pauline Marois a promis lundi une contribution financière maximale de 85 millions de dollars afin d’aménager un vaste parc de démonstration d’hydroliennes en fleuve et en rivière dans les eaux froides du Saint-Laurent. Le gouvernement péquiste en est persuadé : le développement de la filière hydrolienne au Québec, ce n’est pas du vent.

Si le projet de 130 millions dollars piloté par RER Hydro et ses partenaires, la compagnie Boeing et Hydro-Québec, se concrétise, le Québec accueillera la plus grande salle d’exposition sous-marine d’hydroliennes du globe. « Notre participation à cette entente de partenariat favorisera le développement de la filière industrielle d’hydroliennes, qui présente un grand potentiel économique pour le Québec, notamment en raison des possibilités importantes d’exportation », a déclaré Mme Marois, de passage dans les locaux d’Énergie atomique du Canada limitée (EACL) à Bécancour.

Plus d’un an après l’annonce de la fermeture de la centrale nucléaire de Gentilly-2, la chef du gouvernement a fait miroiter lundi l’implantation d’une usine de fabrication de quelque 500 hydroliennes de taille commerciale par année à Bécancour, ce qui permettrait la création de 600 emplois directs et indirects.

La région du Centre-du-Québec et l’ensemble du Québec connaîtront des « retombées majeures », mais seulement si les deux prochaines phases du projet sont couronnées de succès et suscitent l’intérêt d’acheteurs potentiels.

Plus de trois ans après avoir immergé un prototype d’hydrolienne de première génération (TREC-I) dans le Saint-Laurent à un jet de pierre du pont de la Concorde, le chef de file dans la fabrication de turbines produisant de l’électricité grâce à la puissance des courants marins, RER Hydro, procédera au cours des 36 prochains mois à l’installation de six hydroliennes de deuxième génération (TREC-II), d’une capacité totale de 0,75 mégawatt, dans le même secteur. La compagnie Boeing, qui a décroché les droits exclusifs de vente et de mise en marché des turbines sur le marché mondial, pourra alors effectuer des tests techniques nécessaires afin de garantir la fiabilité de la nouvelle technologie.

La deuxième phase entraînera la création de 15 emplois directs à l’usine de fabrication d’hydroliennes de RER Hydro à Bécancour et de 10 autres dans la région métropolitaine de Montréal. Le gouvernement du Québec attribuera 25 millions de dollars sous forme d’équité et de prêts avec intérêt à la concrétisation de cette « vitrine technologique » évaluée à 51,5 millions de dollars.

Si les résultats de la deuxième phase sont concluants, RER Hydro aménagera un parc de démonstration de quelque 40 hydroliennes d’une capacité totale de 9 mégawatts dans les eaux de 2016. Consistant à renforcer les efforts de commercialisation à l’international de la filière industrielle d’hydroliennes au Québec, cette troisième phase consolidera 50 emplois chez RER Hydro, en plus de créer 40 emplois directs et 80 emplois indirects chez différents fournisseurs. Le gouvernement du Québec a mis de côté 60 millions sous forme de prêts à redevances pour cette partie du projet estimée à elle seule à 81 millions de dollars.

Pour sa part, la compagnie Boeing prête main-forte à RER Hydro pour la gestion, l’ingénierie et la fabrication des dizaines de turbines.

« En utilisant la force du courant pour produire de l’électricité, RER Hydro met tout en œuvre pour fournir une énergie propre, fiable et renouvelable. Grâce à ses hydroliennes, RER Hydro permettra de remplacer le mazout dans les réseaux non reliés où il y a des rivières », a fait valoir la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet. « Le Québec est un leader mondial dans les énergies vertes et nous devons plus que jamais miser sur notre expertise et notre savoir-faire », a-t-elle ajouté.

De son côté, Hydro-Québec s’est engagée à acheter l’électricité produite par les hydroliennes.

Équiterre a applaudi au partenariat entre le gouvernement péquiste et la compagnie RER Énergie, parlant d’« une excellente nouvelle » et d’« un pas dans la bonne direction pour le développement de l’économie verte du Québec ». « La technologie développée par RER offrira une forme de production d’électricité à faible impact environnemental qui permettra de réduire, dans plusieurs régions du monde, le recours au charbon, au gaz et au pétrole pour la production d’électricité », a souligné le directeur principal d’Équiterre, Steven Guilbeault.


Avec La Presse canadienne

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