Technicolor s’installe à Montréal

Pauline Marois évalue les rentrées fiscales du studio à 7 millions sur cinq ans.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Pauline Marois évalue les rentrées fiscales du studio à 7 millions sur cinq ans.

La filiale de Technicolor, Moving Picture Company (MPC), ouvrira un nouveau studio dans la métropole québécoise où fourmilleront 200 « artistes en effets visuels » d’ici à trois ans. Le maître des effets spéciaux français s’ancre à Montréal en raison de l’«environnement propice à l’investissement» mis en place par le gouvernement du Québec, a expliqué le directeur général de Technicolor, Frédéric Rose.

Londres, Vancouver, New York, Santa Monica, Bangalore, Amsterdam et Montréal : l’atelier à la pointe de la technologie complétera le réseau de six studios de Technicolor à travers le monde.

Le local de plus de 2300 mètres carrés ouvrira officiellement ses portes à la fin octobre dans le Vieux-Montréal, mais une équipe travaille déjà sur des projets confiés par les studios Twentieth Century Fox (X-Men Days of Future Past) ainsi que Walt Disney Pictures (Into the Woods et Cinderella).

Montréal s’imposera comme le troisième, voire le deuxième pôle mondial de l’industrie des effets visuels, a souligné M. Rose, lundi, à l’occasion d’une conférence de presse en compagnie de la première ministre du Québec, Pauline Marois, et de la ministre déléguée à la politique industrielle, Élaine Zakaïb.

La société française bénéficiera d’un prêt sans intérêt pendant deux ans de 1,2 million de dollars du gouvernement du Québec afin de lancer MPC-Montréal. L’implantation d’un deuxième site au Canada, au coût de 7 millions de dollars, constituait une « décision majeure » pour Technicolor. « L’aide que le gouvernement a apportée a certainement pesé pour beaucoup dans la balance », a fait remarquer M. Rose.

Le dirigeant d’entreprise a salué la politique industrielle « stable » du gouvernement du Québec en matière de cinéma. « Ce que j’apprécie énormément, c’est qu’au Québec, le gouvernement a compris que ce qui est important, c’est d’aider les services techniques au cinéma. Ce n’est pas seulement une question de tournage. Ils ont vraiment compris que la filière technique est essentielle à vraiment créer une technopolis, une vraie grappe, dans ce milieu. »

Technicolor n’embauchera pas les personnes licenciées dans la région métropolitaine lorsque l’entreprise a pris le virage du numérique. « La formation dans le numérique fonctionne très bien à un certain âge, quand vous êtes plus jeunes, [mais elle] est bien plus pénible plus tard », a expliqué M. Rose.

Le gouvernement évalue le coût fiscal de l’aide à Technicolor à environ 500 000 dollars. Le studio MPC-Montréal entraînera des rentrées fiscales de l’ordre sept millions de dollars sur cinq ans. « Nous calculons toujours l’aide apportée en fonction des rentrées que nous allons obtenir », a dit Mme Marois, prenant soin de rappeler que les gouvernements du Parti québécois sont derrière l’essor de la grappe du cinéma et de la télévision (ActionMTL). Le gouvernement du Québec s’est notamment assuré d’offrir la « formation nécessaire » afin de fournir une main-d’oeuvre spécialisée à l’industrie cinématographique, a poursuivi Mme Zakaïb. « Aujourd’hui, ces talents-là servent à attirer des entreprises chez nous », a-t-elle ajouté.

La ministre a souligné lundi l’importance de la sous-traitance dans l’industrie cinématographique montréalaise. « Ça, c’est structurant pour l’ensemble de l’économie », a dit Mme Zakaïb. En effet, à Londres et à Vancouver, il n’est pas rare de voir des sociétés, parfois rivales, travailler ensemble, a dit M. Rose. Parfois, un studio nous donnera trois contrats séparés. Parfois, nous en prenons comme sous-traitant. C’est une façon de travailler dans l’industrie qui est très connue, bien implantée depuis dix ans », a-t-il illustré.

Selon la première ministre, « plusieurs entreprises » ont déjà manifesté de l’intérêt pour le fait de travailler avec Technicolor ou encore Framestore. La compagnie d’effets spéciaux londonienne créera aussi environ 200 emplois à Montréal, avait indiqué le grand patron William Sargent lors de la visite de Mme Marois dans la capitale britannique en janvier dernier.

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