Les locataires, des Québécois plus que des Canadiens

Seulement 61 % des Québécois sont propriétaires de leur résidence, le plus bas taux au pays.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Seulement 61 % des Québécois sont propriétaires de leur résidence, le plus bas taux au pays.
Ottawa — Les Québécois ne sont toujours pas les champions du jeu Monopoly : c’est au Québec qu’il y a le moins de propriétaires d’habitations, révèle les derniers chiffres de l’Enquête nationale auprès des ménages effectuée par Statistique Canada en 2011 et dévoilés mercredi.

Seulement 61 % des Québécois sont propriétaires de leur résidence, le plus bas taux au pays. Le reste de la population a « passé GO » sans s’acheter un titre et demeure locataire d’un appartement.
 
La moyenne nationale se situe à 69 %. Il s’agit d’un taux à peu près similaire à celui observé lors du dernier recensement de 2006, après une longue ascension dans les années précédentes, entre 1991 et 2006.
 
« De façon générale, le taux de propriété a toujours été un peu plus faible au Québec », indique Sylvie Michaud, directrice générale des statistiques en éducation, travail et revenu à Statistique Canada.
 
« Et le Québec se retrouve encore avec un taux de propriétaires inférieur à la moyenne canadienne », a-t-elle ajouté.
 
Ce sont les habitants de Terre-Neuve-et-Labrador qui sont les plus nombreux à avoir les clés d’une propriété. Plus de 77 % d’entre eux sont propriétaires, suivis de près par les Néo-Brunswickois qui ont un titre de propriété dans une proportion de 75 %.
 
Mais beaucoup de Canadiens se saignent à blanc pour s’offrir un toit. Le quart des ménages consacraient plus de 30 % de leur revenu total pour se loger, ce qui est considéré commerisqué. En moyenne, ils dépassaient de 510 $ par mois le seuil d’abordabilité tel que défini par la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL).
 
Alors que le taux de logements « inaborda-bles » est de 25 % au Canada, il est un peu inférieur au Québec, se situant à 23 %.
 
C’est à Vancouver que la proportion de citoyens dépensant plus de 30 % de leur revenu pour se loger était la plus élevée, avec 33,5 % d’entre eux. Mais ce sont les habitants de Saguenay qui tiennent le plus serré les cordons de leur bourse : seulement 19 % des habitants de cette ville paient plus que le seuil prescrit.
 
Et les propriétaires avec une hypothèque étaient particulièrement pris à la gorge : ils composent 82 % du groupe des propriétaires qui dépassent le seuil d’abordabilité.
 
Et parmi ceux qui ont choisi d’acheter une propriété entre 2006 et 2011, un ménage sur cinq avait choisi un condominium.
 
Finalement, en 2011, un demi-million de locataires vivaient dans un logement subventionné.
3 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 12 septembre 2013 10 h 40

    Logique

    C'est au Québec que les revenus des citoyens sont les plus bas. Donc moins de moyens pour acheter une maison..

    C,est pas l'éducation et la formation professionnelle ainsi que l'entrepreneurship qu'on pourra faire monter les revenus et rendre l'accès à la ppropriété plus facile..

    Hélas on ne peut rien faire contre la surévaluation des maison. Qui veut vendre sa maison moins cher que le prix du marché?

    • Patrick Lépine - Inscrit 12 septembre 2013 14 h 58

      Moi je vous parie que c'est par la sécurité et la solidité des assisses culturelles qu'on fera monter le niveau de confiance général, et l'accès à la propriété. Ainsi peut-être que les revenus, il faut être plus que "simplement" canadiens pour bien gagner sa vie au Québec, il faut d'abord être "québécois". Les serments prêtés à des intérêts étrangers n'ont plus leur place ici pour servir adéquatement la population locale et ses intérêts.

  • France Marcotte - Abonnée 12 septembre 2013 16 h 59

    Est-ce en partie par choix?

    Plusieurs Québécois auraient-ils le coeur nomade?

    Certains sont heureux de redevenir locataires après avoir été immobilisés (ou séquestrés) par une propriété.

    D'autres cas sont plus tristes.

    En face de chez moi des immigrants devenus rapidement propriétaires de leur immeuble à revenus, les revenus provenant des souches francophones avec enfants ou non, qui logent aux étages sans accès à la cour.