Même en Alberta, les Canadiens demandent une stratégie énergétique verte

Les Albertains ont constaté l’impact des changements climatiques dans leur cours lors des inondations de juin dernier, ce qui les aurait poussés à envisager la réduction de la dépendance au pétrole, croit Steven Guilbeault.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jeff McIntosh Les Albertains ont constaté l’impact des changements climatiques dans leur cours lors des inondations de juin dernier, ce qui les aurait poussés à envisager la réduction de la dépendance au pétrole, croit Steven Guilbeault.

Une majorité de Canadiens - et même d’Albertains - en appelle à l’adoption d’une stratégie nationale sur l’énergie visant un virage vers une économie à faible émission de carbone, selon un sondage.

 

Plus de 87 % des Canadiens souhaitent voir leur pays se doter d’une stratégie sur le climat et l’énergie et près des deux tiers (62 %) pensent que, pour être utile, cette éventuelle stratégie devrait avoir pour objectif de conduire le Canada vers une économie à faibles émissions de gaz carbonique.

 

Cette opinion ne semble pas être seulement le fait du Québec ou de l’Ontario, traditionnellement plus sensibles à la question environnementale, mais aussi de l’Alberta, grande productrice de pétrole, où l’idée de stratégie sur l’énergie recueille 84 % d’appui et celle du virage vers une économie à faibles émissions de carbone, 58 %.

 

« Ça indique assez clairement que la population canadienne veut autre chose, en matière de politique énergétique, que ce que nous proposent la meneuse de claque qu’est devenu le gouvernement Harper pour les compagnies pétrolières, a déclaré en entretien téléphonique au Devoir le cofondateur et directeur principal du groupe écologiste Équiterre, Steven Guilbeault. Les gens réalisent bien que le statu quo n’est pas acceptable, qu’on doit passer à une étape où l’on doit réduire nos émissions de gaz à effet de serre tout en se libérant du pétrole et en allant vers la production d’énergie qui émet peu ou pas de gaz à effet de serre. »

 

Une autre Alberta ?

 

Réalisé entre le 4 et le 8 juillet auprès de 1011 répondants, le sondage présente une marge d’erreur de 3,1 %, 19 fois sur 20. Fait important à noter, il devient statistiquement non représentatif lorsqu’on regarde les données par province, parce que les échantillons deviennent alors trop petits.

 

Les réponses recueillies en Alberta semblent néanmoins confirmer une impression qu’avait déjà Steven Guilbeault. La perception des Albertains à l’égard du problème des changements climatiques a peut-être commencé à changer à la suite, notamment, des terribles inondations qu’ils ont subies ce printemps. « L’idée y faisait déjà son chemin depuis quelques années dans l’opinion publique, mais l’augmentation s’est faite plus marquée récemment, explique-t-il. On avait vu la même chose au Québec après le déluge du Saguenay et la crise du verglas. »

 

Ainsi, 44 % des répondants albertains ont estimé que la réduction de la dépendance de l’économie aux carburants fossiles devait être considérée comme une grande priorité, contre une moyenne canadienne de 61 % et 74 % au Québec. Cette proportion, en Alberta, grimpe à 53 % lorsqu’il est question de réduire les émissions de carbone pour freiner les changements climatiques, contre une moyenne de 67 % au Canada et de 84 % au Québec. Ces enjeux environnementaux semblent plus importants aux yeux des Albertains que celui de trouver le moyen d’exporter plus de pétrole et de gaz canadiens, que seulement 39 % d’entre eux considéreraient d’une grande priorité, soit un peu plus que les moyennes canadienne (31 %) et québécoise (27 %).

 

Une réunion pour rien

 

Ce sondage arrive à la veille de la réunion, cette semaine, du Conseil de la fédération à Niagara-on-the-Lake, en Ontario. Les premiers ministres des 13 provinces et territoires avaient convenu, l’an dernier, d’y faire le point sur un projet de stratégie national sur l’énergie.

 

En dépit de ces promesses et de l’opinion publique canadienne qui semble réclamer du changement, Stephen Guilbeault ne fonde pas de grands espoirs sur cet exercice. Équiterre avait dressé, il y a deux ans, un sombre bilan du plan d’action en sept points convenu entre les provinces en 2007 en matière de changements climatiques et d’énergie. « On avait essentiellement affaire à des promesses creuses. »

 

Il s’attend cette année à ce que les discussions entre les premiers ministres soient largement accaparées par d’autres enjeux, comme la formation de la main-d’oeuvre et l’ingérence du gouvernement fédéral. « Est-ce que l’évolution des mentalités en Alberta va permettre de débloquer les choses ? Peut-être. »

5 commentaires
  • Jacques Morissette - Inscrit 24 juillet 2013 08 h 34

    Nos chantres clientélistes de l'économie face à la population de moins en moins sous influence.

    Nos lucides politiciens trop axés sur l'énergie fossile source de croissance économique vont un jour frappé un mur, à force de trop insisté à jouer les apprentis sorciers.

    Ce mur, c'est la population de plus en plus sensibilisée à la fragilité de la planète. À l'école, notamment, on sensibilise les jeunes à l'importance de la qualité de l'environnement.

    L'environnement, c'est l'eau, la terre, l'air, les forêts; bref, la planète au grand complet. Nos politiciens qui n'y voient que des moyens de croissance économique sont en contradiction.

  • Lisa Hamel - Inscrite 24 juillet 2013 11 h 31

    Stratégie énergétique renouvelable

    Qu'on le veuille ou non, il nous faudra bien en développer une un jour ou l'autre. Parce que ca va devenir payant. Or, le renouvelable, c'est plus complexe que le fossile. Ca demande beaucoup plus de travail d'ingénierie, de méticuleuse préparation pour que la stratégie soit vraiment durable.

    À la croisée des chemins, il nous faudra décider où on investit l'argent des contribuables: renouveler de vieilles technologies, ou en développer de nouvelles? Une mauvaise décision pourrait nous coûter cher pour de nombreuses années, la durée de vie des technologies énergétiques étant d'au moins 30-40 ans.

    D'autres pays ont entâmé cette voie ambitieuse (100% énergie renouvelable), bien qu'ils aient un potentiel bien inférieur au nôtre. En écrivant "au nôtre", je pense surtout au Québec. Le PQ nous avait promis une telle stratégie énergétique. Qu'en est-il advenu?

  • Julie Carrier - Inscrite 24 juillet 2013 12 h 15

    Espoir...

    Il y aura encore beaucoup de pétrole qui coulera dans les pipelines avant que le vent tourne mais je garde confiance en la sagesse humaine et son génie qui ouvriront les portes de l'espoir pour un monde utilisant une énergie plus en harmonie avec sa mère-terre, sans la détruire, notre grande maison.

  • Mario Paquette - Inscrit 24 juillet 2013 13 h 02

    Une stratégie énergétique verte au Canada !!!!!!!!!!!!!!!!!!

    Difficile a imager avec les conservateurs au pouvoir actuellement qui accorde des subventions de 1,3 milliard $ à l’industrie des combustibles fossiles.

    Ces subventions découragent les investissements dans les solutions énergétiques plus vertes et plus durables. Les Libéraux ( en particulier M. Dion) ont proposées un Plan Vert avec la mise ne place d une bourse de carbone (Échec Totale). Les Libéraux ont meme laisser tomber leur chef M. Dion qui proposait une alliance avec le NPD et le Bloc afin de faire tomber le gouvernement minoritaire des conservateurs pour mettre de l avant le Plan Vert.

    Aujourd hui nous constatons avec regret que deux partis peuvent mettre en marche une stratégie énergitique verte pour le Canada. Le NPD et le parti vert, mais aucun des deux est au pouvoir, le NPD est l opposition officielle et la Parti vert n a qu un élu Mme May.

    Mais les Canadiens peuvent choisir de dire non aux subventions ou cadeaux a l industrie pétrolière: Pétition en ligne actuellement

    http://petition.npd.ca/petrolieres
    http://action2.davidsuzuki.org/fr/subsidy
    http://www.leadnow.ca/arretons-les-subventions-aux
    http://climateactionnetwork.ca/issues/getting-off-
    A vous de faire entendre UN PREMIER PAS VERS UNE STRATÉGIE ÉNERGÉTIQUE VERTE.

    • Daniel Bérubé - Inscrit 27 juillet 2013 10 h 54

      "Mais les Canadiens peuvent choisir de dire non aux subventions ou cadeaux a l'industrie pétrolière: Pétition en ligne actuellement... "

      Je serais un peu... surpris, que Mr. Harper change du tout au tout, et devienne du jour au lendemain presque membre du partie vert advenant l'arrivé de quelques pétitions...

      Je crais fort que ces pétitions ne se retrouvent sur des tablettes commes certains rapports dénonçant les bavures gouvernementales et disparaissent lentement sous les poussières de l'oublie... surtout quand le chef concerné voit venir la fin de sa carrière d'homme politique (rarement plus de trois mandats), il peut à ce moment faire les pires conneries sachant que d'une manière ou d,une autre, son poste de chef du pays prendra fin aux prochaines élections, à moins que... Poutine ne l'influence plus que nous ne le pensons, et qu'il revienne et envoie sont pricipal concurent en prison pour 5 ans ?