L’Europe s’enlise dans la dette publique

Le peloton des pays affichant un endettement public supérieur à 100 % de leur PIB est mené par la Grèce. Sur la photo, une manifestation contre les mesures d'austérité s'est tenue la semaine dernière à Athènes.
Photo: Petros Giannakouris Associated Press Le peloton des pays affichant un endettement public supérieur à 100 % de leur PIB est mené par la Grèce. Sur la photo, une manifestation contre les mesures d'austérité s'est tenue la semaine dernière à Athènes.

L’Europe s’est encore enfoncée dans la dette publique au premier trimestre de 2013. Le ratio dette/PIB de la zone euro atteignait 92,2 % au 31 mars dernier. Cinq pays se logent désormais au-dessus de la barre des 100 % dans une zone qui a vu sa dette publique croître au rythme de 50 milliards d’euros par mois depuis la fin de 2012.

Selon les données d’Eurostat publiées lundi, l’Europe des 17 (bientôt des 18) partageait une dette publique de 8750 milliards d’euros à la fin de mars, en hausse de 5 % sur un an. Le ratio dette/PIB de la zone s’établissait à 92,2 %, contre 88,2 % à la fin du premier trimestre de 2012. La Belgique (104,5 %) est venue rejoindre les pays affichant un endettement public supérieur à 100 % de leur PIB, ce peloton étant dirigé par la Grèce (160,5 %), suivie de l’Italie (130,3 %), du Portugal (127,2 %) et de l’Irlande (125,1 %). Toujours en pourcentage du PIB, les prêts intergouvernementaux ont pratiquement doublé sur un an dans cette zone partageant la monnaie commune, avec une part de 2,1 %, contre 1,2 % il y a un an.

 

L’Union européenne n’y échappe pas. Cette Europe des 27 (maintenant à 28) cumulait une dette publique totale de 11 112 milliards d’euros à la fin de mars, en hausse de 5 % sur un an. Le ratio dette/PIB de cet espace économique est passé de 83,3 % à 85,9 % dans l’intervalle alors que les prêts intergouvernementaux affichaient un poids de 1,6 % du PIB à la fin du premier trimestre, contre 0,9 % au 31 mars 2012.

 

La Grèce au sommet de la liste

 

« Par rapport au premier trimestre de 2012, 24 États membres ont enregistré une hausse du ratio de leur dette publique par rapport au PIB à la fin du premier trimestre de 2013, et trois en baisse », a comptabilisé l’office statistique de l’Union européenne. « Les plus fortes hausses du ratio ont été observées en Grèce (+24,1 points de pourcentage), en Irlande (+18,3 points), en Espagne (+15,2 points), au Portugal (+14,9 points) ainsi qu’à Chypre (+12,6 points), tandis que des baisses ont été enregistrées en Lettonie (-5,1 points), en Lituanie (-1,9 point) et au Danemark (-0,2 point). » En Allemagne, le ratio est demeuré en définitive inchangé sur un an, à 81,2 %. Il était toutefois en recul de 0,7 point de pourcentage par rapport à la fin de 2012. Il était également en repli, de 0,6 point, au Royaume-Uni après trois mois en 2013, à 88,2 %.

 

Revenant à la Grèce, l’Agence France-Presse a rappelé que le pays a bénéficié d’un effacement de dette de 107 milliards par ses créanciers en mars 2012 en plus de deux programmes d’aide internationale totalisant 240 milliards. Selon les prévisions de la Commission européenne, l’endettement public de la Grèce doit atteindre 175 % du PIB cette année, pour ensuite se diriger vers un ratio de 124 % d’ici 2020.

 

Au terme du premier trimestre de 2007, avant que la crise financière n’éclate et que l’Europe ne soit ensuite plongée dans l’austérité budgétaire, le ratio d’endettement public dans la zone euro s’établissait à 66,2 %, dominé par celui de la Grèce, qui atteignait 105 %, dépassé par celui de l’Italie (107 %). Celui de l’Irlande n’était qu’à 25 %. Le ratio de l’Espagne, à 88,2 %, a doublé depuis celui de 40 % mesuré en 2007, comme ce fut le cas avec celui du Royaume-Uni.

9 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 23 juillet 2013 07 h 10

    Lui, le drapeau,

    Il ne veut pas que cela arrête. Il ne le sait pas et ne veut probablement pas le savoir, pour qu'il garde son niveau de vie, il faut que la Grèce emprunte plus encore et à la fin, parce que toute chose à une fin, qui va payer pour son niveau de vie? Ceux qui ont épargné dans les banques, comme moi?. Désolé, fais comme moi à mes début: j'étais pauvre et je me suis serré la ceinture au maximum pour prendre le dessus sur mes dettes. la vie n'a pas toujours été rose. Mais aujourd'hui, je n'ai plus de dettes et je peux profiter des ventes, des rabais. Et ainsi , économiser davantage. Là est le secret.

    • Maryse Veilleux - Abonnée 23 juillet 2013 08 h 46

      Vous êtes-vous vraiment renseignée sur les causes de ce qui se passe en Europe.. à vous lire, non. Connaissez-vous le scandale des subprimes à Wall Street? Savez-vous que récemment l'OCDE avouait ouvertement que des multinationales ne paient pas d'impôt? Je vous invite à lire sur la finance internationale et ses dessous. Vous verrez que le secret passe par la réglementation des institutions financières, de normes strictes envers les multinationales et bien sûr, la chasse au blanchiment d'argent.

    • Jacques Patenaude - Abonné 23 juillet 2013 09 h 48

      Ce dont on parle ici n'est pas la dette en valeur absolue mais bien son rapport au PIB. Vous comparez des pommes avec de oranges. Si on veut comparer des pommes avec des pommes il faudrait plutôt faire la comparaison suivante: Vous avez contracté une hypothèque, vous avez donc une dette que vous remboursez progressivement (supposons que cette dette équivaut à 50 % de votre revenu). Mais voilà vous subissez une diminution constante de votre salaire. Celui-ci finit par diminuer de moitié. Votre dette équivaut maintenant à 100% de votre revenu. Voilà la situation dans laquelle se trouve ces pays. L'austérité peux se comparer à une baisse de revenus. Même si elle n'empruntent plus et ne font que renouveler leur dette, le ratio de leur dette augmente.

    • Carole Dionne - Inscrite 23 juillet 2013 10 h 09

      @ Maryse Veilleux

      Toujours la faute des autres. Si c'est la faute des "subprime", comme vous dites, qui a accepté de financer la dette Grecque par des subprimes ? Les dirigeants grecs. Qui a élu les dirigeants grecs? la population de la Grèce.

      De plus, pourquoi seulement la Grèce, l'Italie ou Portugal sont dans le trouble? Pourquoi pas le Canada? Etc

      Au dernières nouvelles, après une vérification minutieuse dans une certaine région de la Grèce, on a identifié 102 aveugles (qui recevaient une pension) qui avaient recouvert la vue!!!


      Cela n'empêche pas les multinationale... Mais qui a des parts dans les multi et les grandes Banques? Bin oui, les fonds de pension du Québec et du Canada en autre. Rappelez vous quand BP a inondé le golf du Mexique de son mazout? Hum, cette multinationnale, comme vous dites ,faitsait parti du fonds de pension d'un grands nombre de syndicats anglais et ces derniers avaient peur de la faillite de BP.

    • Maxime Dion - Inscrit 23 juillet 2013 14 h 27

      @Carole Dionne

      <<(...) Qui va payer pour son niveau de vie? Ceux qui ont épargné dans les banques, comme moi?. Désolé, fais comme moi à mes début: j'étais pauvre et je me suis serré la ceinture...>>

      L'article se réfère à des dettes nationales, et non pas de celles de particuliers...

      Par ailleurs, d'une part qu'a fait la banque avec l'argent qui y avait été déposé ? Et d'autre part, c'est par le biais de l'argent des impôts que les gouvernements ont renfloué ces banques-là dont la mauvaise gestion leur a fait perdre l'argent des épargnants

    • Maxime Dion - Inscrit 23 juillet 2013 14 h 35

      @Maryse Veilleux

      <<Savez-vous que récemment l'OCDE avouait ouvertement que des multinationales ne paient pas d'impôt? >>

      En effet, par exemple le gouvernement du Québec vient de prolonger de dix années supplémentaires le programme de crédits d'impôts à hauteur de 230 millions par année aux bénéfices des firmes informatiques, dont les principaux bénéficiaires sont les multinationales CGI et IBM… L’année dernière, CGI a bénéficié de plus de 98 millions de dollars de crédits d'impôt provincial au Québec…

  • André Michaud - Inscrit 23 juillet 2013 08 h 48

    Revoir ses finances

    Avec des baisses de revenus dues à une économie qui produit moins de richesse il y a des choix à faire au niveaux des services publiques, du nombre de fonctionnaires et de leurs avantages sociaux..

    Si la Suède est encore en bonne position c'est qu'elle a déjà pris ces décisions AVANT qu'il ne soit trop tard. Elle a congédiée le tiers des fonctionnaires et privatisée plusieurs services, tout en laissant ces services ouvert à tous (pas de deux vitesses) .

    Les citoyens suédois sont pragmatiques et ils ont compris que mieux vaut prévenir que d'attendre la catastrophe comme semble le faire plusieurs pays européens. Hélas les citoyens des autres pays semblent plus dogmatiques et moins pragmatiques...et ils en payent le prix!
    .

    • Marc Sauvageau - Inscrit 23 juillet 2013 13 h 04

      Vous citez souvent la Suède à tort et à travers. Le "succès" de la Suède réside en grande partie sur la dévaluation de sa monnaie, la couronne, lui permettant de rester compétitive sur les marchés internationaux et de garder ainsi une certaine croissance. La privatisation n'a pas eu l'effet attendu puisque les prix et les tarifs ont augmenté.

  • Daniel Ariey-Jouglard - Abonné 23 juillet 2013 09 h 32

    Monsieur Bérubé,

    Je voudrais ajouter un court commentaire à votre article « L’Europe s’enlise dans la dette publique ». Les chiffres cités sont éloquents : une dette publique largement supérieure au PIB dans plusieurs pays, la Grèce (160,5%), l’Italie (130,3%), le Portugal (127,2%), l’Irlande (125,1%); et pour l’ensemble de la zone euro un ratio dette publique/PIB de 92,2% en mars dernier.

    Le tout dernier paragraphe de votre article apporte des précisions intéressantes puisqu’il permet d’établir une comparaison avec la situation d’avant la crise : « Au terme du premier trimestre 2007, avant que la crise financière n’éclate (…) le ratio d’endettement public dans la zone euro s’établissait à 66,2% ». Le ratio de l’Irlande n’était que de 25% et celui de l’Espagne, aujourd’hui à 88,2%, était de 40%.

    Ce que j’aurais souhaité lire dans votre article, c’est le pourquoi de cette brusque montée de l’endettement public. Car, trop spontanément, « endettement public » laisse croire à la seule mauvaise gestion publique : trop de fonctionnaires trop bien payés, trop de programmes sociaux trop généreux. C’est d’ailleurs à cela que s’attaquent les plans d’austérité adoptés dans plusieurs de ces pays : licenciement de fonctionnaires et réduction des programmes sociaux.

    Or, la considérable augmentation de l’endettement public européen trouve son origine, pour une large part, dans la nécessité où se sont trouvés les États de soutenir leur secteur bancaire – un secteur privé, faut-il souligner – qui, plusieurs années durant, a pris des risques insensés pour augmenter ses profits. Quand la cascade des mauvaises nouvelles et des pertes de valeurs a déboulé depuis la crise des subprimes (dans laquelle se sont trouvées engluées plusieurs banques européennes), les États n’ont eu d’autre choix que de secourir leurs secteurs bancaires avec l’argent des contribuables. Autrement dit, l’endettement public européen est largement tributaire de l’incurie du secteur bancaire privé.