Old Dutch ferme son usine de croustilles de Lachine

Le président de la société Old Dutch a affirmé à un démarcheur d’Investissement-Québec en octobre 2012 que tout allait bien et qu’il songeait à moderniser l’usine de l’arrondissement de Lachine ou à en construire une nouvelle.


Le fabricant de croustilles, dont l’usine montréalaise produit notamment des sacs de Party Mix, a indiqué dans un communiqué de sept phrases mardi soir que l’établissement est vétuste, qu’une rénovation serait trop coûteuse et que sa fermeture aura lieu en septembre. La décision touche 216 personnes.


« Notre représentant à Chicago a rencontré Steven Aanenson le 31 octobre, et ce dernier n’a jamais parlé d’une fermeture », a dit au Devoir la porte-parole d’Investissement-Québec, Chantal Corbeil.


Il a été impossible de joindre l’avocate du cabinet Heenan Blaikie dont le nom figurait au bas du communiqué d’Old Dutch.


M. Aanenson est aux commandes de la compagnie avec son frère Eric Aanenson. L’entreprise est l’héritage de leur père, qui a acheté Old Dutch Foods Inc. à Minneapolis en 1951. Trois ans plus tard, il a enregistré une société canadienne, Old Dutch Foods Ltd, et mis sur pied une usine à Winnipeg.


L’usine de Lachine appartenait naguère à Humpty Dumpty, une marque achetée par Old Dutch pour 26,7 millions en 2006. Lors de l’acquisition, Steve Aanenson avait affirmé que l’union des deux joueurs en sol canadien générerait des revenus annuels de 300 millions tout en lui donnant 25 % du marché.


La ministre déléguée à la politique industrielle, Élaine Zakaïb, a estimé à Québec que l’annonce a été faite de façon « cavalière », alors que la première ministre Pauline Marois trouve ça « profondément dommage pour les travailleurs qui sont là depuis 25, 30 ans », selon les propos rapportés par La Presse canadienne.


La fermeture de l’usine montréalaise surviendra trois ans après que la compagnie eut reçu un prêt de 15 millions de la part du Nouveau-Brunswick pour agrandir son usine de Hartland et créer des emplois.


L’usine de Hartland devait alors passer de 128 à 168 travailleurs et doubler la consommation annuelle de pommes de terre, achetées auprès de sept producteurs locaux.


La direction de l’entreprise a transmis le message mardi lors d’une réunion au cours de laquelle il devait être question d’établir des dates de négociation pour le renouvellement de la convention collective.


« On devait bâtir l’agenda pour le mois de juin », a dit Sylvain Gagné, représentant international au Syndicat des travailleurs et travailleuses de la boulangerie, confiserie, tabac et meunerie (BCTM). « À la place, on nous a annoncé la triste nouvelle. »


M. Gagné a confirmé que l’usine aurait besoin d’un investissement majeur, en raison principalement du piètre état du plancher. Il a déjà été question de la construction d’une nouvelle usine dans la région de Montréal, a-t-il dit. « Il n’était pas question d’une fermeture, même si on l’a toujours craint. »


La moyenne d’âge des travailleurs touchés est supérieure à 50 ans, a dit M. Gagné.


Au rôle foncier de la Ville de Montréal, le 2100 rue Norman est un édifice construit en 1972 dont la superficie est de 215 000 pieds carrés, l’équivalent de deux magasins à grande surface. Sa valeur est évaluée à 9,4 millions.


Selon la Banque d’information industrielle du Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ), le chiffre d’affaires de l’usine se situe quelque part entre 50 et 100 millions.


Old Dutch possède plusieurs autres usines au Canada, notamment à Hartland, à Winnipeg et deux autres en Alberta, et deux au Minnesota.


« Dorénavant, le marché du Québec sera approvisionné par d’autres usines des Aliments Old Dutch ltée situées au Canada. Les activités de vente se poursuivront normalement et il est prévu que les clients ne subiront aucune rupture d’approvisionnement pendant cette phase de transition », a écrit la compagnie.


Sur la page Facebook d’Old Dutch, des internautes ont écrit qu’ils allaient désormais boycotter les produits de la compagnie.

1 commentaire
  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 9 mai 2013 12 h 18

    Boycottons

    « Dorénavant, le marché du Québec sera approvisionné par d’autres usines des Aliments Old Dutch ltée situées au Canada. Les activités de vente se poursuivront normalement et il est prévu que les clients ne subiront aucune rupture d’approvisionnement pendant cette phase de transition »

    Et bien, dorénavant, nous n'achèterons que des produits locaux, chips et autres grignotines inclus.

    J'invite les producteurs locaux à bien identifier leur produit "aliment Québec".