Montréal doit miser sur la force de ses créateurs

Daniel Lamarre, patron du Cirque du Soleil
Photo: Archives La Presse canadienne Daniel Lamarre, patron du Cirque du Soleil

Montréal doit prendre garde de ne pas laisser la morosité et le cynisme ambiant plomber ses talents créateurs et miner ses chances de s’affirmer comme la « capitale mondiale de la créativité », prévient le patron du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre.


« Pour qu’une grande idée réussisse, elle doit être alimentée de forces constructives et de vibrations positives. Le cynisme détruit beaucoup d’idées dès leur origine », a-t-il dit jeudi à la tribune de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.


On oublie trop souvent comment le Québec et sa métropole sont riches en créateurs de toutes sortes qui font leur marque partout sur la planète, a rappelé le président et chef de la direction du Cirque du Soleil devant un parterre de centaines de gens d’affaires. Outre les succès de sa propre entreprise, Daniel Lamarre a notamment vanté la vigueur et l’inventivité des secteurs québécois du théâtre, de la télévision, du cinéma, de la mode, du spectacle, du jeu vidéo et du design.


Cette longue liste de « créateurs-entrepreneurs » suscite l’émerveillement à l’étranger, où Montréal « a une excellente réputation », dit Daniel Lamarre. « Mais quand je reviens de voyage, j’entends parler de la commission Charbonneau, j’entends parler des nids-de-poule, j’entends parler d’événements éminemment négatifs. Heureusement que le Canadien connaît une bonne saison ! »


Il a dit ne pas être aveugle ni naïf et reconnaît « que nous avons de nombreux problèmes à régler ».


Il en a appelé à un effort de tous pour mettre en lumière les succès de la métropole. Après sa conférence, il a souhaité l’élection d’un maire « qui va motiver, qui va amener un discours positif », tout en précisant bien qu’il n’avait aucun intérêt pour la carrière politique.


Devant son auditoire, il a cité en exemple la nouvelle conférence annuelle internationale sur le commerce et la créativité C2-MTL, à laquelle son entreprise s’est associée. Cet événement, pense-t-il, « a la capacité de devenir le Davos de la créativité ».


Pas de commentaire


Après sa conférence, Daniel Lamarre a refusé de répondre à la moindre question qui sortirait de son sujet du jour, comme la santé financière de son entreprise ou les récentes mises à pied qui y ont eu lieu.


« On a pris la décision de privilégier nos employés, donc tout ce débat-là, on le tient à l’interne. Et si je prends la peine, aujourd’hui, de m’engager sur la place publique, c’est que, finalement, ça va très correctement au Cirque du Soleil. »


Son entourage a expliqué, par la suite, que cela voulait dire que tout se déroule comme on le prévoyait en janvier lorsqu’on a annoncé l’élimination de 400 postes sur les 5000 que compte le Cirque du Soleil dans le monde. L’entreprise ne veut toujours pas préciser quelle proportion de ces licenciements - qui devraient maintenant être complétés - a eu lieu à son siège social de Montréal, qui comptait encore, en janvier, 2000 employés.