Le boom immobilier de la dernière décennie est terminé, prédit la Banque TD

Même si l’étude de la Banque TD fait abstraction de Montréal, de Québec ainsi que de toute autre ville ou région québécoise, on peut présupposer que la croissance des prix du marché résidentiel y sera aussi déprimée qu’ailleurs au pays.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Même si l’étude de la Banque TD fait abstraction de Montréal, de Québec ainsi que de toute autre ville ou région québécoise, on peut présupposer que la croissance des prix du marché résidentiel y sera aussi déprimée qu’ailleurs au pays.

Les prix du marché résidentiel se tasseront légèrement au cours des prochaines années au Canada avant de repartir modestement à la hausse pour une croissance moyenne en dix ans tout juste équivalente à l’inflation, prédit la Banque TD.

« Le marché résidentiel est enclin à passer par des hauts et des bas cycliques, et le Canada semble en train de s’embarquer pour un modeste et graduel ajustement à la baisse au cours des trois prochaines années », observent l’économiste en chef de la banque, Craig Alexander, et deux autres collègues dans une analyse de sept pages dévoilée lundi. Ce recul fera place à un timide rebond après 2015, à raison d’une croissance annuelle moyenne de 3,5 % pendant les sept années suivantes.


Au total, le prix des logements au Canada connaîtra une hausse moyenne de 2 % par année sur dix ans, soit une progression nulle lorsque l’on tient compte de l’inflation. Un pareil rythme de croissance serait inférieur à la moyenne de 5,4 % affichée depuis 1980 (2,1 % une fois l’inflation enlevée) et apparaîtrait bien plus faible encore par rapport à la moyenne de 7 % des dix dernières années, note l’étude qui ne tient pas compte de la réalité québécoise.


Atterrissage en douceur


La Banque TD joint ainsi sa voix à celles de plusieurs autres analystes qui prédisent une poursuite et même une accentuation du ralentissement observé depuis quelques mois dans le marché résidentiel au Canada. Craig Alexander estime, cependant, que la correction à la baisse des trois prochaines années sera, tout au plus, de 8 %, sinon moins. « Je ne crois pas que nous ayons affaire à une bulle résidentielle au Canada », a-t-il déclaré à La Presse canadienne. D’autres analystes, dont ceux de Capital Economists, ont une vision plus sombre des choses et évaluent que les prix sont 25 % trop élevés au pays.


L’Association canadienne des conseillers hypothécaires accrédités a pressé le gouvernement fédéral de profiter de son prochain budget pour desserrer un peu les nouvelles règles hypothécaires adoptées ces dernières années visant à freiner l’ardeur des ménages dont l’endettement a beaucoup augmenté ces dernières années. Son président, Jim Murphy, a notamment souhaité, dans l’édition de lundi du Globe Mail, qu’on retourne à une période maximale d’amortissement de 30 ans plutôt que 25 ans.


La Banque TD ne nie pas que le resserrement des règles hypothécaires pèse sur les tendances du marché résidentiel à court terme, tout comme la montée du chômage a pesé durant la crise et que les taux d’intérêt exceptionnellement bas ont aussi beaucoup pesé, mais dans l’autre sens.


Ce sont toutefois des facteurs plus fondamentaux qui comptent à long terme, poursuit l’étude, tels que la croissance de l’économie et des revenus, ainsi que l’augmentation de la population. De ce point de vue, le marché résidentiel devrait rester plus vigoureux à long terme dans les endroits où il l’est depuis 30 ans au Canada, notamment Toronto et Vancouver, mais aussi en Alberta.

 

Et le Québec ?


Basée, entre autres, sur des données de l’Association canadienne de l’immeuble qui ne couvrent pas le Québec, l’étude de la Banque TD fait abstraction de Montréal, de Québec ainsi que de toute autre ville ou région québécoise. Les autres études auxquelles on se réfère aussi pour dresser les perspectives en matière de croissance économique et démographique à long terme placent cependant le Québec en queue de peloton, seulement devant les provinces maritimes, ce qui indiquerait que la croissance des prix du marché résidentiel y sera aussi plus déprimée qu’ailleurs au pays.


Une autre étude, du Mouvement Desjardins celle-là, prévoyait, il y a deux semaines, une hausse moyenne des prix du marché résidentiel québécois avoisinant cette année l’inflation (entre 2 % et 2,5 %). On s’y montrait toutefois plus pessimiste pour le marché des condos que l’on disait presque saturé et où l’on prévoyait une hausse inférieure à 2 %, et peut-être un « léger recul » dans certains secteurs, comme le centre-ville de Montréal et la zone Sillery -Sainte-Foy -Cap Rouge -Saint-Augustin à Québec.

2 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 12 mars 2013 07 h 45

    La boule de cristal

    Ma boule de cristal dit que le boom immobilier est terminé,
    Ben coudonc ...

  • Richard Laroche - Inscrit 12 mars 2013 10 h 21

    Tout vient à point à qui sait attendre

    L'immobilier va stagner pendant un an max puis ça va désouffler.
    Si la monnaie canadienne doit entrer dans la danse du japon et des usa, au lieu d'augmenter l'offre et risquer l'inflation, le régime harper d'Alberta jouera sécurité en réduisant la demande en augmentant le taux directeur. Pourquoi? Ne regardez pas ce qui profite à la population, regardez ce qui profite au PIB. Ça va aider l'exportation et résorber légèrement le syndrome hollandais sans diluer les titres dans le marché spéculatif à risque. Puis une mini-crise immobilière passera inaperçue à travers une volontée évidente de provoquer un exode de familles endettées et prêtes à des sacrifices vers l'industrie de l'ouest.