Barclays cessera de spéculer sur les aliments

Des Ivoiriennes pendant la récolte de riz. Selon Oxfam, la spéculation alimentaire aurait rapporté 406 millions d’euros à Barclays en 2010. La banque britannique a décidé de se retirer de ce marché.
Photo: Agence France-Presse (photo) Issouf Sanogo Des Ivoiriennes pendant la récolte de riz. Selon Oxfam, la spéculation alimentaire aurait rapporté 406 millions d’euros à Barclays en 2010. La banque britannique a décidé de se retirer de ce marché.

Londres — La banque britannique Barclays va cesser ses activités controversées liées à la spéculation sur les matières premières agricoles, dans le cadre d’un plan stratégique annoncé mardi, notamment destiné à restaurer son image entachée par divers scandales.

« Nous avons cessé de négocier à des fins de spéculation les matières premières alimentaires, telles que les produits agricoles, a déclaré le directeur général Antony Jenkins. Nous ne considérons pas que cette activité est compatible avec nos objectifs », a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse de présentation de son nouveau plan stratégique.


L’ONG Oxfam avait pointé du doigt le rôle de grandes banques dans la spéculation alimentaire, aux dépens des plus pauvres qui ont des difficultés à se nourrir en raison des prix élevés et volatils. Barclays est le premier acteur européen sur le marché dérivé des matières premières agricoles et pourrait avoir gagné jusqu’à 406 millions d’euros en 2010 grâce à la spéculation alimentaire, selon cette association.

 

Autre décision


Le groupe, soucieux de restaurer sa réputation après une série de scandales, a aussi annoncé mardi qu’il fermait l’unité qui conseillait ses clients sur la façon de payer le moins de taxe possible. « Certaines de nos activités s’appuyaient sur des structures sophistiquées et complexes avec pour seul but d’obtenir des avantages fiscaux. Bien que cela soit légal, c’est incompatible avec nos objectifs », a assuré M. Jenkins, nommé l’an dernier à la suite du scandale des manipulations du taux Libor qui a coûté sa place à son prédécesseur Bob Diamond.


« Ma conviction absolue est que nous n’avons pas à choisir entre bien nous comporter et bien nous porter financièrement. Je crois en effet que nous ne serons pas capables de générer des bénéfices durables sur le long terme si nous n’agissons pas en permanence en fonction de valeurs justes », a-t-il encore affirmé.

2 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 13 février 2013 10 h 32

    Ouais ...

    ... J'vas le croire quand j'vas le voir !

  • Élaine Bissonnette - Abonnée 13 février 2013 10 h 59

    spéculations sur les denrées alimentaires

    Je trouve ça fantastique qu'enfin un autre gros de la finance s'abstienne et un jour, j'espère, le prix des aliments prendra une allure plus normale pour les pays en développement.