Électricité - Rio Tinto Alcan a empoché 74 millions durant le lockout

Contraint de témoigner devant la Commission des relations du travail, le grand patron de Rio Tinto Alcan Étienne Jacques a confirmé hier sur le bout des lèvres la vente de 74 millions de dollars en électricité à Hydro-Québec au cours du lockout à l’usine d’Alma.
 
Le géant minier se refusait jusque-là à dévoiler le montant de la facture refilée à la société d’État pour l’année dernière. En vertu de l’entente « plus tellement secrète » conclue entre Rio Tinto Alcan et le gouvernement du Québec en 2006, la multinationale a pu livrer un record de 387 mégawatts à la société d’État en 2012.
 
« Normalement, depuis les dix dernières années, on achète environ 200 mégawatts », a précisé la porte-parole de Rio Tinto Alcan, Claudine Gagnon, en entrevue téléphonique avec Le Devoir. « L’année dernière, il y a eu le lockout à l’usine d’Alma, qui a fonctionné au tiers de sa capacité pendant quelques mois, mais également le bris d’un transformateur à l’usine Shawinigan qui a forcé l’arrêt de la production d’une partie de l’usine et une année marquée par une forte hydraulicité » a-t-elle expliqué.
 
Accusé d’avoir refilé la facture du lockout à l’usine d’Alma au gouvernement du Québec, Étienne Jacques, vice-président responsable des opérations dans toutes les installations de Rio Tinto Alcan dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, a répliqué jeudi qu’« il est beaucoup plus payant de faire de l’aluminium que de vendre de l’électricité ».
 
Le patron de la multinationale témoignait devant la Commission des relations de travail à la demande du Syndicat des employés d’énergie électrique Québec. Celui-ci accuse d’ingérence Rio Tinto Alcan dans ses activités syndicales pour avoir frappé d’une mise en demeure son président, Pierre Simard. La compagnie le sommait « de cesser de dévoiler des données confidentielles pouvant nuire à la compétitivité de l’entreprise », a expliqué Mme Gagnon, qui devra d’ailleurs être entendue à l’occasion de la reprise des travaux le jeudi 7 février. « M. Simard est président du Syndicat d’énergie électrique, c’est à ce titre-là aussi» a-t-elle ajouté.
1 commentaire
  • Bernard Terreault - Abonné 25 janvier 2013 10 h 33

    Marché de dupes

    Je sais qu'un contrat c'est un contrat et que H-Q devait légalement acheter cette électriicité. Mais pourquoi avoir signé cette entente? Pourquoi toujours se plier aux exigences des multinationales, pourquoi toujours quêter des investisssements? Les ressources sont à nous, un jour ou l'autre les firmes vont se battre pour les exploiter à NOS conditions.