Résolu dit craindre les effets du nouveau régime forestier sur sa rentabilité

Richard Garneau, président de Résolu, se demande si son entreprise pourra continuer d’œuvrer au Québec.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Richard Garneau, président de Résolu, se demande si son entreprise pourra continuer d’œuvrer au Québec.

La société papetière Résolu, autrefois AbitibiBowater, ajoute son nom à la liste de ceux qui appréhendent l’entrée en vigueur du nouveau régime forestier au mois d’avril.

« En 2008, le niveau de récolte a diminué de 20 % et, là, c’est un 10 % supplémentaire », a dit hier le président de l’entreprise, Richard Garneau, en marge d’une allocution devant les membres du Cercle canadien de Montréal.


« En plus, 30 % des volumes garantis que Résolu avait auparavant nous ont été retirés pour soumettre le bois aux enchères. Nous sommes très préoccupés par l’impact à l’égard des coûts de nos usines de pâtes et papier », a dit M. Garneau.


Invité par un journaliste à décrire les moyens que Résolu entendait mettre en oeuvre pour pallier cette situation, M. Garneau s’est limité à dire que l’entreprise « va tout simplement essayer de s’adapter au nouveau régime ».


Le régime forestier qui va entrer en vigueur est la deuxième vague de changements depuis le rapport Coulombe. Celui-ci avait fait le point sur une exploitation forestière qui, au grand dam des écologistes, a pendant des décennies été contrôlée par l’industrie elle-même.


« Pour pouvoir continuer d’opérer au Québec, il faut des bonnes conditions, et on se pose de sérieuses questions sur l’impact que ça pourrait avoir au chapitre de la compétitivité et, un jour, sur la capacité de la compagnie de continuer à exploiter les usines. »


AbitibiBowater a traversé une importante restructuration en 2010 et a annoncé son changement de nom en 2011. Richard Garneau est en poste depuis le 1er janvier 2011.


Au plus récent trimestre, la compagnie a réalisé un bénéfice net de 32 millions sur un chiffre d’affaires de 1,2 milliard. Résolu compte 9000 employés en Amérique du Nord, dont 350 à son siège social de Montréal.


En plus d’une vingtaine d’usines de pâtes et papiers et d’une autre vingtaine d’établissements qui produisent du bois, la compagnie exploite sept centrales hydroélectriques et huit usines de cogénération.


Le nouveau régime forestier, d’abord dévoilé il y a quelques années, s’inscrit dans la nouvelle Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier. Celle-ci va remplacer la Loi sur les forêts.


Les propos de M. Garneau font écho à ceux tenus par un représentant de l’industrie lors d’une entrevue dans le quotidien Le Nouvelliste à l’automne. André Tremblay avait alors affirmé que les changements envisagés devaient se faire à coût nul, avec une attention particulière au coût de l’électricité et de la fibre.