Ottawa réserve 250 millions $ à l'industrie automobile

Le gouvernement fédéral renouvelle un programme d’aide de 250 millions $ pour cinq ans à l’industrie automobile.
 
Le premier ministre Stephen Harper en a fait l’annonce, vendredi, dans une usine de la compagnie Ford à Oakville, en Ontario.
 
Le Fonds d’innovation pour le secteur de l’automobile avait été établi en 2008. Il vise à appuyer des travaux de recherche et de développement pour la mise au point de véhicules innovateurs, plus écologiques et à plus faible consommation de carburant.
 
Pour y être admissibles, les entreprises doivent soumettre des propositions d’investissement du secteur privé au pays d’une valeur de plus de 75 millions $.
 
Jusqu’ici, le Fonds a versé 80 millions $ à Ford du Canada, 54,8 millions $ au fabricant de pièces Linamar, 70,8 millions $ à Toyota Canada ainsi que 21,7 millions $ à Magna International, un autre fabricant de pièces.
 
Controverse

Ce renouvellement du Fonds intervient toutefois en pleine controverse. À la fin du mois dernier, General Motors du Canada a annoncé qu’en 2015, l’assemblage de la Chevrolet Camaro serait transféré d’une usine d’Oshawa, en Ontario, à une autre de l’État du Michigan.
 
Les gouvernements fédéral et de l’Ontario avaient contribué 10,6 milliards $ pour le sauvetage de General Motors lors de la récession de 2009, alors que le constructeur procédait à une restructuration sous la protection des tribunaux.
 
Selon le premier ministre Harper, « la relance du secteur automobile dans ce pays est l’un des plus grands succès économiques et industriels du Canada au cours des cinq dernières années ».
 
Il a fait valoir que l’industrie automobile, qu’il a qualifiée de « moteur de l’économie manufacturière du sud de l’Ontario », avait été particulièrement touchée par la récession de 2008-2009.
 
« Pendant un certain temps, il semble que sa survie était menacée », a dit M. Harper.
 
Conditions nécessaires

Le président du syndicat des Travailleurs canadiens de l’automobile, Ken Lewenza, qui assistait à l’annonce du premier ministre à l’usine d’Oakville, a dit pour sa part qu’il aurait souhaité que des conditions soient imposées aux entreprises qui souhaitent se prévaloir de ce Fonds, notamment en ce qui concerne « les niveaux d’emplois pour qu’ils soient maintenus ou même relevés ».
 
M. Lewenza a dit croire que de telles conditions sont nécessaires « parce que la dernière fois que la compagnie Ford a reçu une aide considérable pour cette usine d’Oakville, cela a coïncidé avec des pertes d’emplois à Windsor ».
 
Le premier ministre Harper a pour sa part défendu l’efficacité des programmes de soutien à l’industrie automobile, malgré la récente décision de General Motors de transférer une partie de ses activités ontariennes aux États-Unis.
 
« L’argent des contribuables que nous avons investi a été remboursé plusieurs, plusieurs fois aux contribuables et il le sera plusieurs, plusieurs fois encore en termes de remboursements ainsi que d’activité économique », a-t-il dit.
3 commentaires
  • Christian Methot - Abonné 4 janvier 2013 17 h 05

    L'aide des Conservateurs

    Apparemment, les Conservateurs sont peu enclins à aider le Québec sur le plan économique.

    En tout cas, s'ils veulent l'aider, ce n'est pas en respectant ses priorités économiques. Les Conservateurs défendaient la cause de l'amiante à l'international jusqu'à ce que le gouvernement provincial y mette un terme en refusant d'octroyer un prêt à la mine Jeffrey.

    Pourquoi n'entend-on jamais d'annonce précise dans le domaine de l'aéronautique, pharmaceutique ou du jeu vidéo ? Décidemment, rester dans le Canada a de moins en moins de sens sur le plan économique...

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 4 janvier 2013 18 h 12

    Et le bois?

    Et rien pour l'industrie du bois au Québec!

    Satané Harper¡

  • Jean-Marc Garneau - Inscrit 6 janvier 2013 16 h 05

    C'est tout a fait normal dans un pays colonise'