Les redevances minières comme levier de développement économique

Michel Arsenault et Daniel Boyer, respectivement président et secrétaire général de la FTQ
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Michel Arsenault et Daniel Boyer, respectivement président et secrétaire général de la FTQ

Les redevances minières constitueront un dossier déterminant pour le développement économique du Québec en 2013 et la FTQ propose l’idée d’exiger des redevances moindres aux compagnies minières qui s’engageraient à faire au Québec une deuxième et troisième transformations.

Le gouvernement du Québec s’apprête justement à revoir le système de redevances minières pour que les Québécois touchent davantage de revenus de l’exploitation de leurs mines. Jusqu’ici, plusieurs groupes ont suggéré différents systèmes de redevances, basés sur les profits des mines, la valeur de la ressource exploitée, les « surprofits » (des profits dépassant un certain seuil) ou un modèle hybride.


Dans leur message de début d’année, jeudi, le président et le secrétaire général de la FTQ, Michel Arsenault et Daniel Boyer, ont dit souhaiter que le gouvernement du Québec en profite pour articuler une politique de développement minier qui se tienne. « Le nouveau gouvernement du Parti québécois appelle ça le développement nordique au lieu du Plan Nord, a dit M. Boyer. On était favorable au développement du Nord québécois, parce qu’il y a énormément de richesses naturelles. On a toujours dit qu’il fallait que ça se fasse à trois conditions : dans le respect des populations, dans le respect de l’environnement et avec des justes redevances. Et les justes redevances incluent des bons jobs de deuxième et troisième transformations. Ce qu’on sentait avec le Parti libéral, c’était une grande campagne de pub autour du Plan Nord. On savait où était le Nord, mais on cherchait toujours le Plan. On souhaite que dorénavant, il y ait un plan de développement pour le Nord. »


M. Arsenault s’est aussi dit préoccupé de voir de plus en plus d’entreprises asiatiques faire l’acquisition de minières québécoises ou d’y accroître leur participation. Plus tôt cette semaine, un consortium asiatique s’est porté acquéreur de 15 % d’ArcelorMittal Canada pour la somme de 1,1 milliard. « Ce qui est inquiétant encore plus, c’est de voir l’économie asiatique venir s’emparer d’une partie de nos mines », a déploré M. Arsenault, qui vient lui-même du syndicat des Métallos.


En Colombie-Britannique, « il y a une mine de charbon qui va s’ouvrir sur l’île de Vancouver où un des critères pour travailler à la mine, c’est qu’il faut parler mandarin. Ça, c’est fort inquiétant. Il faut que les richesses naturelles du Québec soient exploitées par des Québécois. Il faut que ce soit des Québécois et des Québécoises qui travaillent ; ce sont de bons salaires », a plaidé le président de la plus grande centrale syndicale du Québec.

 

Retraite


La FTQ s’attend également à voir le dossier des régimes de retraite resurgir dans l’actualité, alors que le rapport D’Amours sur le régime public des rentes doit être dévoilé ce printemps. La plus grande centrale syndicale en fait un cheval de bataille depuis deux ans, demandant à ce que soit bonifié le Régime des rentes du Québec, pour assurer une retraite décente à tous.


Depuis deux ans, la FTQ est devenue la locomotive d’un train d’organismes qui demandent de doubler progressivement la rente de la RRQ de 25 à 50 % des revenus de travail et d’augmenter les cotisations.


Selon ces groupes, en 2010, la Régie a versé une rente mensuelle moyenne de 544 $ aux hommes et de 351 $ aux femmes, ce qui est « nettement insuffisant ». « Avec le système actuel, presque la moitié des personnes retraitées de 65 ans et plus sont pauvres (44 %), les femmes plus encore que les hommes », affirment ces organismes.


Des représentants de la FTQ, qui représente plus de 600 000 travailleurs au Québec, ont rencontré le comité D’Amours et espèrent voir leurs revendications aboutir ce printemps.

6 commentaires
  • François Ricard - Inscrit 4 janvier 2013 06 h 39

    Les mines minent notre économie

    Les sociétés minières bénéficient de mesures et allocations gouvernementales qui leur permettent de réduire artificiellement leurs profits. Un système de redevances basé sur les profits n’a donc pas grand-chose à voir avec la valeur des minéraux extraits.
    De plus, elles profitent de nombre de programmes d'aide et subventions.
    Un vé.ritable régime colonial.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 4 janvier 2013 06 h 44

    Enfin !

    Emmenez-en des idées qui feront avancer notre société, pour ne pas dire notre pays. Il est temps, grandement temps, d'avancer des projets porteurs d'avenir au lieu que de chiâler assis sur le baccus à rien accomplir et critiquer tout le monde. Que les idées viennent et viennent de partout, l'assemblée est ouverte et la population en a besoin. Un peu d'espoir s.v.p. qu'on sorte de la morosité. L'avenir est à porté de main ! Le déclancheur ne viendra pas d'ailleurs, ailleurs, il ne se passe rien. Lets go !!!

  • Sylvain Auclair - Abonné 4 janvier 2013 10 h 14

    Les redevances sont autre chose

    Les redevances sont le prix chargé pour vendre la ressource aux entrerprises. Elles doivent compenser la perte de valeur que l'extraction minière amène. Et elles ne devraient pas être versées au fonds consolidé, comme les revenus de taxation, mais dans un fonds à investir.

  • Jacques Patenaude - Abonné 4 janvier 2013 10 h 28

    À quand le sommet économique?

    La FTQ avance de bonnes propositions, d'autres aussi ont des idées intéressantes. Le PQ est au pouvoir. À chaque fois que celui-ci a pris le pouvoir, il a organisé au début de son mandat un grand sommet économique, ceci dans la tradition sociale-démocrate scandinave. Pourquoi ne le ferait-il pas cette fois-ci. À chaque occasion les fruits en ont été intéressants.

  • Emmanuel Denis - Inscrit 4 janvier 2013 13 h 51

    La FTQ se fait-elle graisser la patte par les minières ?

    Vraiment pathétique la proposition à-plat-ventrisme de la FTQ qui propose que devant les dizaines de milliards de profits qu'empocheront les minières avec l'extraction de notre minerai québécois, que les contribuables québécois s'agenouillent devant les minières en réduisant les redevances minières en retour de l'obligation de transformer le minerai au Québec. Avec une telle proposition, c'est le Québec qui s'appauvrit de plusieurs milliards annuellement et les minières n'encaissent aucune pertes financières, car la transformation du minerai au Québec ou ailleurs engrange les mêmes profits pour les minières...

    Je m'excuse, mais lorsqu'une minière comme Stornoway obtient un cadeau du ciel de plusieurs dizaines de milliards de profits en se voyant consentir le droit d'exploiter nos ressources naturelles non renouvelables, c'est au gouvernement et aux contribuables d'imposer leurs propres conditions avantageuses sur les plans fiscaux, professionnels et environnementaux !!!

    En retour des dizaines de milliards de profits que le gouvernement québécois concède à Stornoway et du droit d'exploiter nos ressources naturelles non renouvelables, c'est la moindre des choses que le Parti québécois exige en retour les conditions suivantes: 1. une HAUSSE considérable des redevances minières et des impositions; l'obligation d'effectuer au moins 2 transformations sur le minerai extrait; 3. que Stornoway paie à 100% les coûts reliés à la fermeture de la mine et à la dépollution du territoire environnant et 4. que cette minière engage seulement des travailleurs québécois qui gagneront des salaires respectables et travailleront en français.

    Je suis vraiment inquiet de cette attitude d'à-plat-ventrisme de la FTQ et du Parti québécois devant Stornoway qui est l'une des entreprises les plus riches du monde... Je me contente simplement de poser la question suivante: se peut-il que la FTQ et le Parti québécois se soient fait acheter par Stornoway à coups de quelques millions ?