Crédit d’impôt pour solidarité : pas assez pour lutter contre la pauvreté

Le crédit d’impôt pour solidarité, mesure phare du Plan d’action gouvernemental pour la solidarité et l’inclusion sociale 2010-2015, est « largement insuffisant » pour lutter contre la pauvreté, tranche l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS).


L’institut de recherche sans but lucratif décrit le crédit d’impôt pour solidarité comme une « mesure compensatoire » atténuant les impacts de la « révolution tarifaire » initiée par le Parti libéral du Québec, aux commandes de l’État de 2003 à 2012, plutôt qu’une « mesure de solidarité augmentant significativement le revenu » des personnes vivant en situation de pauvreté.


Par rapport à l’augmentation de la taxe de vente du Québec (TVQ) de 7,5 (31 décembre 2010) à 9,5 % (1er janvier 2012), mais également au dégel des tarifs du bloc patrimonial d’électricité ainsi qu’à la hausse des taxes sur l’essence, notamment, les cigarettes et l’alcool, le crédit d’impôt pour solidarité « s’en tient à maintenir le pouvoir d’achat » de certaines familles.


« Un ménage avec un enfant vivant au seuil de pauvreté voit ses revenus annuels augmenter de 535 $ par année. Cependant, lorsque l’on déduit l’augmentation des taxes et tarifs mise en place dans le même budget, celui de la révolution tarifaire, cette augmentation annuelle n’est plus que de 190 $ », illustre l’auteur de la note socio-économique, Francis Fortier.


L’augmentation du revenu mensuel disponible des bénéficiaires du crédit d’impôt est « très minime », entre trois et 26 $, mais dans la majorité des cas, moins de 15 $ par mois, précise le chercheur à l’IRIS.


« Même si toute augmentation de revenu est bienvenue dans une situation de pauvreté, ce montant est largement insuffisant pour avoir un effet sur la pauvreté », soutient M. Fortier.


D’autant plus, le crédit d’impôt fait fi des disparités régionales au chapitre du coût de la vie, déplore l’IRIS, revenant à la charge pour presser le gouvernement du Québec de rendre la fiscalité plus progressive.


« Il serait donc malavisé de considérer le crédit d’impôt pour solidarité comme un outil viable pour contrer la précarité », ajoute-t-il.


Francis Fortier, qui a passé au crible les impacts de l’outil fiscal, voit néanmoins dans le crédit d’impôt pour solidarité une « amélioration » comparativement aux crédits d’impôt précédents ; remboursements pour la TVQ et pour la taxe foncière.

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