Les faibles taux inquiètent la Banque du Canada

La Banque du Canada s’inquiète des effets de cette longue période de faibles taux d’intérêt sur la stabilité du système financier. L’institution fédérale souligne que persister à maintenir des taux à leur creux historique incite à une prise de risque indue, provoque un gonflement artificiel des éléments d’actif financier et engendre des pressions sur les engagements à long terme des assureurs et des régimes de pension.


Dans sa Revue du système financier de décembre, la Banque du Canada revient sur les risques pour le système financier canadien. La crise dans la zone euro et la faiblesse de la demande mondiale demeurent les principales menaces externes. À l’interne, le principal risque pour l’économie canadienne demeure le haut niveau d’endettement des ménages et les prix élevés dans certains segments du marché du logement.


Si les ménages sont vulnérables à une éventuelle remontée du loyer de l’argent pour l’heure, la persistance du maintien des taux d’intérêt à leur creux historique induit plutôt un autre risque, cette fois pour les assureurs et les régimes de pension. En réaction à la crise de 2008-2009, et à l’absence de reprise économique depuis, les banques centrales sont condamnées à appliquer une pression baissière sur les taux et à maintenir un haut niveau de liquidité dans le système financier mondial. Si ces mesures sont appropriées dans les circonstances, elles ne sont pas sans provoquer de dangereuses distorsions. D’autant que la Banque du Canada s’attend à ce que « les taux dans les grandes économies avancées demeurent bas pendant une période prolongée », conjoncture économique oblige.


« Tout d’abord, la faiblesse des taux exerce des pressions sur les bilans des investisseurs institutionnels dont les engagements s’inscrivent dans la durée (comme les sociétés d’assurance-vie et les régimes de pension à prestations déterminées) […] Ensuite, des taux d’intérêt faibles fournissent aux investisseurs et aux institutions financières en quête de rendement une incitation supplémentaire à prendre des risques excessifs. » Les effets de ces risques peuvent s’additionner dans le cas d’une institution se mettant à la recherche d’un rendement accru afin d’alléger les tensions sur son bilan. Et ils s’en trouvent amplifiés par un l’impact d’un gonflement artificiel des prix des éléments d’actif.


Assureurs-vie et régimes de pension à prestations déterminées doivent revoir leurs calculs actuariels dans un environnement de taux d’intérêt plus faibles que prévu, appelé à perdurer. Les premiers ont dû remanier certains produits, notamment ceux offrant des garanties ou des valeurs de rachat, reconfigurer leur offre et rajuster leur grille de primes. Les seconds doivent conjuguer avec des problèmes de solvabilité persistants. Beaucoup ont eu recours à des programmes de couverture ou à des stratégies de placement avec levier, bridant ainsi une rentabilité à moyen terme pour répondre à des contraintes de court terme, avertit la Banque du Canada.

3 commentaires
  • Guy Massicotte - Inscrit 7 décembre 2012 10 h 16

    L'argent ne viellit pas

    Cette banque de banquier ne s'inquiète jamais des personnes agées qui dépendent des revenus d'intérêts de petits placement pour survivre.

    Alors il est aussi faux d'affirmer que les ménages sont vulnérables à une éventuelle remontée du loyer de l’argent.

  • Bernard Terreault - Abonné 7 décembre 2012 10 h 38

    Incompréhensible

    Des taux d'intérêt si faibles, des obligations gouvernementales à rendement négatif une fois qu'on a déduit l'inflation et l'impôt, c'est un non sens économique. Tous le savent, mais rien ne se passe. Et malgré ces faibles taux, les gens d'affaires ne se bousculent pas aux portes des banques pour emprunter (ou les banques refusent de prêter) de sorte que les investissements stagnent.

  • Leclerc Éric - Inscrit 9 décembre 2012 15 h 50

    Pour stimuler l'économie

    Presque tout le monde y gagne, les consommateurs empruntent et ont des mensualités moins importantes donc peuvent rembourser plus rapidement, tout comme les étudiants qui sont moins <égorgés> lorsque arrive le temps de rembourser leurs prêts, excellent aussi pour les détenteurs de cartes de crédit, car si la banque du Canada n'ôse pas hausser le taux directeur, les ca des grandes banques se sentent mal à l'aise d'augmenter les taux sur les principales cartes de crédit. C'est aussi un signe qui indique que même si la récession de 2008 a été plus forte que prévu pour l'économie mondiale, il ne faut pas pour autant croire que l'ensemble de l'économie est maintenant sortie de cette récession. À lui seul le gouvernement du Québec a dû récemment faire un chèque de 8,6 G$ UNIQUEMENT pour payer les intérêts sur sa propre dette... que croyez-vous qu'il risque de nous en coûter dans le futur?