L'ex-président de SNC-Lavalin arrêté par l'UPAC

Pierre Duhaime a démissionné de la présidence de SNC-Lavalin en mars 2012.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Pierre Duhaime a démissionné de la présidence de SNC-Lavalin en mars 2012.

Pierre Duhaime, qui a démissionné de la présidence de SNC-Lavalin en mars 2012 après la découverte de commissions irrégulières de 56 millions à des agents commerciaux, a été arrêté à son domicile à 10h45 ce matin par l'Unité permanente anticorruption (UPAC).

Selon le mandat d'arrestation transmis au Devoir, M. Duhaime, qui a dirigé la firme de génie-conseil pendant un peu moins de trois ans, fait face à des accusations de complot de fraude, fraude et usage de faux. Les deux premiers chefs font mention du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) tandis que le troisième évoque un contrat entre SNC-Lavalin International et une firme nommée Sierra Asset Management.

Une porte-parole de l'UPAC a dit que M. Duhaime devait être libéré sous promesse de comparaître.

Dans un bref communiqué, l'UPAC a ajouté que «d'autre part, Riadh ben Aissa fait face aux mêmes chefs d'accusation et une procédure d'entraide internationale est en cours». Ce dernier est un ancien vice-président-directeur qui a quitté l'entreprise au mois de février. Il a été arrêté en Suisse au mois d'avril. Dimanche, la Société Radio-Canada a rapporté que les autorités suisses cherchent de leur côté la trace de 139 millions.

La réaction de la direction de SNC-Lavalin a été rapide. «Comme nous l’avons déclaré à maintes reprises, SNC-Lavalin a coopéré et continuera de coopérer pleinement avec toutes les autorités qui font appel à nous. Nous avons volontairement remis des renseignements en notre possession aux autorités locales et à d’autres juridictions, afin qu’elles puissent prendre toute mesure qu’elles pourraient juger appropriée», a-t-elle écrit dans un courriel transmis au Devoir.

«Nous sommes catégoriques, aucun comportement non éthique ou actes illégaux ne doit être toléré. Nous croyons que quiconque est réputé avoir commis un délit lié à une enquête doit être traduit en justice», a ajouté la porte-parole de l'entreprise, Leslie Quinton. «La société demeure déterminée à être fidèle à des normes de conduite éthique en affaires. Nous avons des procédures en place, dont un Code d’éthique et de conduite dans les affaires que tout membre du personnel est tenu de signer et de respecter. Au cours des derniers mois, nous avons institué, et continuons d’instituer, des mesures pour renforcer ces procédures, et pour resserrer des contrôles et des processus internes.»

L'arrestation survient un an après que M. Duhaime eut publiquement émis des doutes au sujet du rapport Duchesneau, portant sur le secteur de la construction.

«Ce qui est étonnant, c'est que le rapport en touche aussi grand avec aussi peu de faits. Ça m'a étonné de voir un rapport aussi peu étoffé qui fait beaucoup d'allusions», avait-il affirmé après un discours au Cercle canadien de Montréal, selon ses propos rapportés par la Presse canadienne. «Il y a plein de systèmes, plein d'initiatives que le gouvernement a mis en place et ça commence à donner des résultats. Je ne vois pas ce qu'une commission d'enquête publique pourrait faire mieux que ça.»   
5 commentaires
  • François Ricard - Inscrit 28 novembre 2012 12 h 24

    Qui d'autre?

    M. Duhaime avait sûrement des complices.
    M. Arthur Porter, déjà recherché en fonction de cette affaire, était dans le coup.
    M. Arthur Porter ami et partenaire de M. Philippe Couillard.
    M. Philippe Couillard qui veut devenir chef de la famille libérale québécoise.

    • Michel Richard - Inscrit 28 novembre 2012 13 h 53

      Voilà un exemple parfait de culpabilité présumée par association.

    • Gabrielle K. Laflamme - Inscrite 28 novembre 2012 14 h 57

      @ Ricard. Bien d'accord avec votre commentaire.
      Il ne faut pas oublier aussi ceux qui se sont faits avoir par cet individu, soit les actionnaires même de SNC-Lavalin. Vont-ils demander qu'il rembourse la prime de départ de 4,9 millions $ que les hauts dirigeants de l'entreprise lui ont accordé.
      Dire que ce monsieur appuyait Jean Charest pour qu'il n'y ait pas de commission d'enquête. On comprend bien pourquoi maintenant.

  • Robert Devault - Inscrit 28 novembre 2012 15 h 44

    Rififi à l'ordre !

    Ah non,un autre éminent membre de l'ordre des ingénieurs accusé ou suspecté de malversations.
    Madame la première-ministre aurait peut-être avantage,comme elle le fait pour les policiers,de se pencher sur un projet de loi créant un groupe d'enquête,dotés de pouvoir coercitifs et composés de civils n'ayant aucun lien avec la profession.
    A l'évidence,il existe dans cette profession de graves lacunes de probité et l.ordre,à en juger par leurs actions,n'est nullement compétente pour assure la transparence et la confiance du public envers l'ingénieur, qu'il soit conseil ou autre.

  • Guy Desjardins - Inscrit 28 novembre 2012 19 h 34

    Faut que ça change.

    Toutes primes de départ au privé ou au publique devraient être abolies et même rétroactives pour les fraudeurs. ILs sont très bien payés et même en plus ils ont une pension mur à mur. Qu'attend les législateurs pour abolir cette injustice flagrante au dépens des épargneurs et payeurs de taxes. Ont dirait que, plus tu fraudes plus tu es dans le vent. La justice devrait être pour tous et non pas seulement pour les gros bonets. Dans notre bas de laine, nous avons perdu plus que $40 milliards de beau sous qui auraient pu être investi dans la santé, instruction et bien d'autres ministères, ont dirait que ça ne dérange personne. Les dirigeants sont parti avec une pension à faire rêver et une prime de départ très substanciel. Aucun reproche, aucune impunité. Mais nous le peuple devons penser que l'incompétence se pait seulement que pour ces personnes assoiffées de pouvoir et d'argent. Et aucune impunité de leur geste. Un autre cas aujourd'hui (l'Ilot voyageur) ou on apprend que les dirigeants de ce gachis se sont enfuient avec l'un, une prime de départ $200,000.00 et une petite tappe dans le dos et les autres même cas. Ce n'est pas avec se système là que l'ont va se sortir du trou. Ça presse pour remettre le Québec sur les rails et il faut couper dans le gras, il est minuit moins une.