Discrimination économique chez les immigrants du Québec

Les données indiquent en outre que les minorités visibles souffrent encore davantage de préjugés, «intentionnels ou non».
Photo: Jacques Nadeau -Le Devoir Les données indiquent en outre que les minorités visibles souffrent encore davantage de préjugés, «intentionnels ou non».

Les obstacles discriminatoires sont si imposants sur la route professionnelle des immigrants au Québec, qu’ils subissent des taux de chômage de deux à trois plus élevés que les natifs, et ce, malgré des taux de scolarisation plus importants.

Voilà ce que constate l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) dans une note publiée ce mardi, à Montréal. L’IRIS a colligé des données sur les taux d’intégration socio-économique des immigrants au Québec et au Canada, en guise de réponse à un discours ambiant selon lequel l’immigration ne serait pas profitable à l’économie du Québec.


Les chercheurs Mathieu Forcier et Laura Handal concluent qu’à profil égal et qualifications semblables, les minorités sont désavantagées sur la route de l’emploi, et ce, encore plus au Québec que dans le reste du Canada. Les données indiquent en outre que les minorités visibles souffrent encore davantage de préjugés, «intentionnels ou non».


En 2006, 51 % des immigrants reçus au Canada détenaient un grade universitaire, contre 19 % de la population canadienne. Pourtant, les taux de chômage des minorités arrivées entre 2001 et 2006 s’élevaient à 16 % (à plus de 20 % chez les minorités visibles), contre un peu plus de 3 % chez les non immigrants.

6 commentaires
  • Nicolas Vincent - Inscrit 27 novembre 2012 14 h 59

    Honte

    En tant que Québécois, à chaque fois que je lis un article de ce genre, un sentiment de honte me gagne...

  • Nasser Boumenna - Abonné 27 novembre 2012 15 h 20

    Et maintenant?

    Ce n'est pas la première étude qui confirme ce qui est maintenant un vieux constat. Comment y répondre, voilà la vraie question? Et puis, ce ne sont pas tous les immigrants qui se butent à ce problème, ce sont les noirs et les Nord-africains en particulier. Que faire?

    • henri -s garneau - Inscrit 28 novembre 2012 10 h 09

      .ce ne sont pas tous les immigrants qui se butent à ce problème, ce sont les noirs et les Nord-africains en particulier"

      Pas vri ce sont TOUS les immigrants.

  • Daniel Rodriguez - Inscrit 27 novembre 2012 17 h 56

    Information erronée

    Tout comme mon titre, cette information laisse croire une comparaison valide... mais j'ose déduire que les informations comparées sont en fait, tout au contraire, incomparables.

    Les immigrants sont principalement diplômés (avec l'exception des personnes parainées). D'accord! Par contre, ici on ne compare pas les personnes ayant des diplômes québécois avec celles ayant des diplômes québécois.

    Un diplôme étrangé n'est reconnu nulle part au Canada (ici les données pour le Canada sont absente pour comparer avec celles du Québec. Ils laissent pourtant entendre que c'est pire au Québec). En fait, normalement les immigrants qui étudient au Québec (souvent pour refaire la même formation en ayant de rares cours crédités) se trouve un emploi.

    Il faudrait alors comparer que les immigrants de minorités visibles qui ont étudiés ici avec les québécois de souche.

    Je crois que même un québécois ayant étudié à l'étranger et n'ayant pas des études valides, aurait de la difficulté à trouver un emploi. Donc, oui les immigrants ont de la difficulté, mais je crois que c'est principalement à cause du manque de support pour faire reconnaitre leurs formations.

    Je ne veux pas être de mauvaise foi et peut-être que les données sont valides et que mal présentées, mais il faudrait faire attention à ce genre d'information. Je le vois rarement sur le site du devoir, mais il faut garder un esprit ciritque partout.

  • Gaétan Leclerc - Inscrit 27 novembre 2012 19 h 11

    Soyons en harmonie

    La culture de nos entreprises, nos exigences corporatives, nos standards sont parfois des facteurs qui expliquent en partie la situation. Certaines personnes immigrantes ont beau avoir des connaissances, des diplômes, il y a aussi l'attitude face au travail à l'employeur.... La situation est complexe et basée sur une terre d'accueil qui laisse place à tous ceux qui ont la volonté de faire leur place. Y'a personne qui a dit que c'est facile. Parlez-en à la gente féminine qui a été longtemps à faire face à cette discrimination.... elle vous dira qu'elle existe et que l'on peut avec détermination faire la différence.