Discrimination économique chez les immigrants du Québec

Les données indiquent en outre que les minorités visibles souffrent encore davantage de préjugés, «intentionnels ou non».
Photo: Jacques Nadeau -Le Devoir Les données indiquent en outre que les minorités visibles souffrent encore davantage de préjugés, «intentionnels ou non».

Les obstacles discriminatoires sont si imposants sur la route professionnelle des immigrants au Québec, qu’ils subissent des taux de chômage de deux à trois plus élevés que les natifs, et ce, malgré des taux de scolarisation plus importants.

Voilà ce que constate l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) dans une note publiée ce mardi, à Montréal. L’IRIS a colligé des données sur les taux d’intégration socio-économique des immigrants au Québec et au Canada, en guise de réponse à un discours ambiant selon lequel l’immigration ne serait pas profitable à l’économie du Québec.


Les chercheurs Mathieu Forcier et Laura Handal concluent qu’à profil égal et qualifications semblables, les minorités sont désavantagées sur la route de l’emploi, et ce, encore plus au Québec que dans le reste du Canada. Les données indiquent en outre que les minorités visibles souffrent encore davantage de préjugés, «intentionnels ou non».


En 2006, 51 % des immigrants reçus au Canada détenaient un grade universitaire, contre 19 % de la population canadienne. Pourtant, les taux de chômage des minorités arrivées entre 2001 et 2006 s’élevaient à 16 % (à plus de 20 % chez les minorités visibles), contre un peu plus de 3 % chez les non immigrants.

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