Étude de l’IREC - Les baisses d’impôts ont favorisé les plus riches

Selon l’IREC, le 1% de la population composé des personnes les plus riches au Québec a le plus bénéficié de la croissance des revenus des particuliers. Les revenus sous forme de dividende et de gain en capital ne sont pas étrangers à cette concentration, qui se nourrit toutefois de la baisse du taux marginal d’impôt dont ont bénéficié les plus riches depuis 1980.

Dans son étude titrée Le 1 % québécois : martyr fiscal ? publiée vendredi, l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) fait ressortir que la croissance des revenus des particuliers au Québec a surtout profité au premier centile. Pour cette catégorie, la croissance a été cinq fois plus importante que pour celle du 99 % restant. « Depuis 1985, il y a une hausse importante de la concentration des revenus pour le 1 %, passant de 7 % de tous les revenus à presque 12 %. »


L’IREC a souligné que cette concentration a bénéficié d’une augmentation de 124 % en huit ans, ou de 10,6 % par année, des revenus provenant de dividendes versés et de gains en capital dont la valeur a augmenté de 8 % par année. Mais le chercheur Nicolas Zorn a surtout mis en exergue « une corrélation significative entre la concentration des revenus pour le premier centile et les baisses d’impôt depuis 2001, depuis 1973 pour le taux marginal d’imposition ». Il a ajouté que la baisse du taux marginal d’imposition, qui est passé de 68,4 % en 1980 à 48,2 % aujourd’hui, « pourrait être en partie responsable de cette hausse de la concentration des hauts revenus ».


Et l’auteur d’ajouter que « nous avons fait une revue de la littérature sur la fiscalité et, advenant que les gouvernements augmenteraient un peu les impôts du 1 % le mieux nanti, l’hypothèse d’un éventuel cataclysme économique n’est pas justifié : les riches évitent l’impôt lorsqu’ils en ont l’occasion, pas lorsque le taux d’imposition atteint un niveau un peu plus élevé ». Il cite une étude produite par deux économistes canadiens, Neil Brooks et Thaddeus Hwong, démontrant que « les sociétés qui ont un impôt plus élevé performent mieux que les sociétés qui le font moins sur une grande majorité d’indicateurs économiques et sociaux ». Et les conclusions des travaux des économistes Peter Diamond et Emmanuel Saez, respectivement lauréats du prix Nobel d’économie et de la médaille John Bates Clark, indiquent que « le taux marginal d’imposition pour les hauts revenus pourrait atteindre 73 % sans que les recettes fiscales en soient trop affectées ». Ils concluent également que « les gains en capital devraient être taxés davantage pour éviter un transfert de revenus déclarés par le premier centile ».

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