Sommet international des coopératives - Ils seront 3000 venus de 85 pays

Émilie Corriveau Collaboration spéciale
La présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Monique Leroux, est l’hôtesse du Sommet international des coopératives, qui s’ouvre le 8 octobre prochain, à Québec.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir La présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Monique Leroux, est l’hôtesse du Sommet international des coopératives, qui s’ouvre le 8 octobre prochain, à Québec.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Du 8 au 11 octobre prochain, le Centre des congrès de Québec accueillera la première édition du Sommet international des coopératives. Tenu sous le thème « L’étonnant pouvoir des coopératives », l’événement réunira près de 3000 participants et conférenciers provenant de 85 pays.

Événement d’envergure, le Sommet international des coopératives tentera de s’inscrire comme le pendant mutualiste du Forum économique mondial, dont la célèbre réunion annuelle est tenue chaque année à Davos, en Suisse. Comme celui-ci, il réunira des responsables politiques du monde entier, des diplomates et consuls, des journalistes, des universitaires, des chercheurs, des représentants d’autorités réglementaires et d’organisations internationales ainsi que des dirigeants d’entreprise, à la différence que ces derniers sont issus du milieu coopératif.


« Ce sommet est né de l’idée que le mouvement coopératif avait besoin de marquer le temps, de marquer sa contribution autant sur le plan humain qu’économique, par un événement international majeur. J’ai voulu qu’il soit tenu au Québec, parce que le Québec est un terreau fertile du milieu coopératif mondial. J’espère que ce sommet permettra au Québec de devenir le centre de référence dans le domaine coopératif. C’est un rêve, mais qui n’a pas de rêve ne parvient à rien », confie joyeusement Mme Monique Leroux, présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins, présidente du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité et hôtesse du sommet.


Dans cet esprit, 150 conférenciers provenant d’un peu partout à travers la planète profiteront de la tribune que leur offre le sommet pour s’exprimer publiquement cette semaine. Parmi eux, Madeleine K. Albright, secrétaire d’État des États-Unis de 1997 à 2001, Jacques Attali, économiste et écrivain, ainsi que Ricardo Petrella, économiste, politologue et altermondialiste, sont très attendus.


« Nous avons invité des conférenciers de tout horizon : industriel, financier, agroalimentaire, funéraire, forestier, médical, etc. Certains d’entre eux ont beaucoup d’expérience, d’autres sont plus jeunes. Leurs tendances sont également différentes : certains sont plus à gauche, d’autres au centre et d’autres à droite. Nous avons fait ce choix parce que la coopération est un principe qui n’est pas d’ordre politique. C’est d’abord une question d’engagement de l’individu et de force d’association », précise Mme Leroux.


Outre le fait d’inscrire le Québec comme un leader mondial du mouvement coopératif et mutualiste, le Sommet international des coopératives a pour objectif de créer des alliances stratégiques de haut niveau autour de questions économiques et financières propres aux entreprises coopératives et mutualistes.


« L’objectif global du sommet, c’est de réunir des participants de partout à travers le monde, de grandes, moyennes et petites coopératives, pour permettre de partager les expériences et les meilleures pratiques et pour essayer de trouver ensemble des moyens de développer ces entreprises de façon encore plus forte. On pense que ça répond bien aux enjeux du temps actuel, à savoir une sorte d’écart de compréhension entre la réalité économique, la réalité financière, la réalité des entreprises et celle des personnes », affirme Mme Leroux.


Le sommet a aussi pour objectif de renforcer le réseau des coopératives et des mutuelles du monde, afin de créer une sphère d’influence dans l’ensemble des milieux économique et politique.


« L’événement permettra un réseautage exceptionnel entre les coopératives, indique Mme Leroux. Pour être plus influentes, elles doivent envisager de faire plus de partenariats et plus d’affaires ensemble. Toutes sortes d’activités ont été pensées et créées pour favoriser ces alliances. »


Le sommet sera également l’occasion de dévoiler les résultats de neuf études multisectorielles inédites qu’ont menées des firmes d’envergure internationale comme McKinsey Company ou Deloitte. Portant sur les grandes tendances mondiales et les enjeux qu’elles posent aux coopératives et aux mutuelles, sur les stratégies de développement du modèle coopératif et mutualiste, sur les meilleures pratiques selon les principaux processus organisationnels, sur la productivité, le financement et la capitalisation des coopératives ainsi que sur l’impact économique et social des coopératives dans leur milieu, ces études permettront aux participants d’approfondir leurs connaissances et de mieux positionner leurs actions.


« Il y a très peu d’études qui ont été rendues publiques sur le mouvement coopératif, souligne Mme Leroux. Ces études-là vont nous permettre de partager des observations, des apprentissages, des expériences. Elles deviendront par la suite des références pour les entreprises en croissance. »


La présidente du Mouvement Desjardins ajoute que le sommet a aussi pour objectif d’intéresser davantage les médias aux enjeux du modèle coopératif et mutualiste. « Au fond, quand on regarde le mouvement coopératif mondial, c’est un monde qui n’est pas toujours très visible, plutôt humble, qui ne fait pas toujours les manchettes et sur lequel on dispose de peu d’informations en matière de gestion de l’entreprise coopérative, note-t-elle. […] On souhaite vraiment que le sommet réussisse à intéresser les médias pour que la population soit plus au fait des retombées du modèle coopératif et qu’elle se sente plus interpellée. »


Déclaration de principes


Au terme de l’événement, lors de la cérémonie de clôture du sommet, une déclaration commune sera présentée. Elle aura pour but de favoriser l’émergence de solutions novatrices pour relever les défis économiques et financiers actuels et d’accentuer la reconnaissance de la force du mouvement coopératif à l’échelle mondiale.


« Cette déclaration sera portée par l’Association internationale des coopératives jusqu’à l’Organisation des nations unies pour nous permettre de soutenir et de véhiculer sur un plan officiel la contribution des coopératives à travers le monde », dit Mme Leroux.


Si le sommet s’avère aussi porteur que l’espèrent ses organisateurs, une seconde édition de l’événement pourrait être annoncée lors de la cérémonie de clôture le 11 octobre prochain. « Ça dépendra de la participation, de l’émotion et de l’engagement des gens au courant de la semaine, confirme Mme Leroux. Si nous décidons d’organiser un second sommet, cela fera partie de la déclaration commune. »


Pour en savoir davantage sur le Sommet international des coopératives ou consulter la programmation détaillée de l’événement.



Collaboratrice
1 commentaire
  • François Dugal - Inscrit 6 octobre 2012 09 h 35

    Le salaire

    Le salaire «dans les sept chiffres» de Mme Leroux est une trahison pour le mouvement coopératif et une insulte à la mémoire d'Alphonse Desjardins.