L’Espagne approuve la création d’une bad bank pour gérer les actifs douteux

Madrid – Le gouvernement espagnol a approuvé vendredi un nouvel éventail de mesures destinées à la création d’une bad bank, une structure de défaisance chargée de la gestion des actifs immobiliers douteux du pays, et qui donne davantage de pouvoir à la Banque centrale pour fermer les établissements de crédit en difficulté.


C’est la cinquième réforme adoptée par l’Espagne depuis le début de ses difficultés financières en 2008. La création de la bad bank était la condition à l’octroi d’un prêt au secteur bancaire du pays.


Le ministre de l’Économie, Luis de Guindos, a déclaré que la bad bank serait opérationnelle pour la fin novembre et serait contrôlée par la Banque centrale tout en impliquant le secteur privé.


Il a expliqué que l’objectif principal était de libérer les banques de leurs mauvais investissements pour qu’elles se concentrent sur la gestion des économies et investissements des particuliers et réinjectent du crédit dans l’économie encore fragile. La banque de défaisance devrait pouvoir remettre sur le marché une partie des actifs immobiliers, notamment les terrains inutilisés ou les logements invendus.


L’Espagne s’efforce de convaincre les investisseurs qu’elle peut assainir ses finances et éviter de suivre l’exemple donné depuis 2010 par la Grèce, l’Irlande, le Portugal et Chypre, contraints à demander un plan de sauvetage.


Les actifs toxiques des banques espagnoles, dus à l’éclatement de la bulle immobilière en 2008, sont estimés à 184 milliards d’euros. La situation a poussé l’Espagne en juin à accepter un prêt de 100 milliards d’euros des 16 autres pays du bloc monétaire pour sauver le secteur. La création de la structure de défaisance était l’une des conditions de l’aide. L’Irlande avait pris une mesure similaire en 2009.


M. De Guindos a précisé lors d’une conférence de presse après le conseil des ministres que la bad bank disposerait de 10 à 15 ans pour revendre les créances à risque, dont la Banque d’Espagne déterminerait la valeur.


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Bankia reçoit une injection de fonds publics

La quatrième banque espagnole par les actifs, Bankia, nationalisée en mai en raison de ses difficultés, a publié vendredi une perte nette de 4,45 milliards d’euros au premier semestre, poussant le fonds public d’aide au secteur à annoncer une injection d’argent immédiate. Bankia, plus grande union de caisses d’épargne espagnoles, avait engrangé un bénéfice de 205 millions un an plus tôt, mais a cette fois dû effectuer plus de 7 milliards d’euros de provisions. Sa demande de sauvetage en mai, d’un montant historique de 23,5 milliards d’euros, avait précipité l’octroi en juin, par la zone euro, d’une ligne de crédit de 100 milliards pour l’ensemble des banques espagnoles. À peine la perte de Bankia publiée, vendredi, le fonds public d’aide au secteur bancaire (Frob) a annoncé qu’il comptait lui injecter du capital « immédiatement », sans en préciser le montant, se limitant à indiquer que cela constituera un versement « anticipé » de l’apport prévu par le programme d’aide européen.
 

Agence France-Presse