Il manquerait 389 milliards aux régimes de retraite

Des retraités dans un centre commercial de Montréal
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Des retraités dans un centre commercial de Montréal

Toronto – L’examen de 451 régimes de retraite à prestations déterminées du Canada et des États-Unis par l’agence de notation DBRS a permis de découvrir que l’écart entre les avoirs de ces régimes et leurs obligations s’était considérablement accru l’an dernier.


Selon l’agence, plusieurs facteurs ont contribué à cette situation, incluant le maintien des taux d’intérêts à de bas niveaux.


L’examen a révélé que le déficit de financement combiné de ces 451 régimes de retraite avait gonflé pour atteindre le montant sans précédent de 389 milliards en 2011. DBRS affirme que plus des deux tiers des régimes à prestations déterminées examinés au cours de l’an dernier souffrent de sous-financement, et ce par « une marge importante ».


Selon l’agence, le déficit de financement a forcé les employeurs et leurs employés à augmenter leurs contributions. DBRS a en outre lancé une mise en garde contre la possibilité que ce geste nuise à la compétitivité des entreprises.


« Pour que les entreprises ne s’attaquent pas à ces déficits de financement, les employeurs devront garder le niveau des contribution assez élevé, puisque plusieurs régimes se trouvent maintenant dans une zone de danger par rapport à leur financement », a expliqué le vice-président principal de DBRS, James Jung, dans le rapport.

 

Pas de formule


Même s’il n’existe pas de formule au financement idéal, l’agence a déterminé qu’un seuil de financement de 80 % serait raisonnable. D’après ce critère, les deux tiers des régimes étudiés cette année sont sous-financés dans une proportion importante, soutient DBRS.


Par ailleurs, DBRS croit que les régimes de retraite à prestations déterminées sont appelés à disparaître lentement au cours des 40 prochaines années. « Ces régimes sont difficiles à gérer et ils sont trop encombrants, a expliqué M. Jung. Nous voyons de moins en moins d’entreprises offrir des prestations déterminées à leurs nouveaux employés. »


L’étude note qu’un nombre grandissant d’employeurs offrent plutôt à leurs travailleurs des régimes de retraite à cotisations déterminées aux États-Unis, ce qui témoigne de la tendance au Canada et ailleurs dans le monde.

5 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 23 août 2012 08 h 26

    Qu'en pensent les actuaires?

    N'est-ce pas les actuaires qui calculent combien il faut cotiser pour obtenir une retraite?

    Selon moi, les fonds de retraite ne devraient pas être gérés par les employeurs, mais par des sociétés style assurance-vie. Ça éviterait de tout perdre en cas de fermeture des entreprises, et ça rendrait une tierce partie responsable des prestations.

  • Gilbert Talbot - Abonné 23 août 2012 09 h 14

    Pour un régime de retraite public et universel

    Les régimes à cotisations déterminées excluent l'employeur de la participation au régime et ne laisse que l'employé comme investisseur dans sa retraite. Ce serait un grave retour en arrière, avant la mise en place des régimes de retraites où employeurset employés y participaient. L'erreur c'est d'avoir laissé la gestion de ces régimes entre les mains des employeurs qui plus souvent qu'autrement ne les alimentaient pas ou pire s'accaparaient des profits, ou pire au moment des faillites et des fermetures d'usine étaient noyé dans la liquidation. Même la CARRA (régimes de retraites des employés de la fonction publique et parapublique) québécoise est en danger de sous-financement, puisque le gouvernement québécois n'y a jamais versé sa part.
    Il faut profiter de la présente campagne électorale pour réclamer la mise en place d'un régime public, universel pour tous les retraités du Québec. Nous avons déjà le régime de rentes, mais il devrait être amplifier pour permettre à chaque retraité de jouir d'un revenu décent. Il faut surtout soustraire les fonds de retraite des fluctuations des marchés boursiers. Pourquoi ne pas plutôt mettre en place un fonds de retraite souverain à partir de toutes les cotisations des travailleurs et employeurs qui servirait à créer des emplois chez nous, à investir dans nos entreprises, et ainsi favoriser la créativité la recherche et l'innovation de nos jeunes entrepreneurs ?

    • Sylvain Auclair - Abonné 23 août 2012 10 h 33

      C'est exactement ce que fait la Norvège, dont le gouvernement gère deux fonds: un investissant les cotisations de retraite dans le pays même (et un peu dans les pays voisins) et un autre investissant les revenus pétroliers dans les autres pays, pour éviter le syndrome hollandais.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 23 août 2012 13 h 50

      Oh la la…

      «Même la CARRA (régimes de retraites des employés de la fonction publique et parapublique) québécoise est en danger de sous-financement, puisque le gouvernement québécois n'y a jamais versé sa part.»

      Non seulement le gouvernement verse ‘sa part’ de cotisation, c'est-à-dire une portion égale aux cotisations des employés, mais en plus il renfloue a coup de milliards les déficits actuariels qui gonflent d’année en année.

      Au bilan on en était en 2011-2012 a 45 milliards 352 millions qui avaient été dirigés vers le renflouement de ces régimes. Et avec les formidables rendements des marchés financiers, la valeur marchande elle était évaluée a 37.4 G$, donc déjà près d’un autre 8 milliards$ de perte qui s’ajoute a la responsabilité des payeurs de taxes et impôts.

      Avant de réclamer un meilleur régime public qui s’adresse à tous monsieur Talbot il faudrait au moins pouvoir faire un bilan honnête des régimes dédiés aux employés des institutions publiques, histoire de rétablir un peu de justice sociale dans ce qui est devenu un véritable système de castes !


      Source: http://tinyurl.com/9jb8brk

      Les dépôts faites par le gouvernement: page 223.

      La valeur comptable de ces dépôts, c’est dire les dépôts eux mêmes plus le coût des intérêts sur les emprunts effectués pour faire ces dépôts, versus la valeur au marché, et la perte qui s’en suit: page 224

  • Daniel Côté - Inscrit 23 août 2012 21 h 41

    Ne cherchez pas....

    ... la différence est en grande parti retourné en dividende aux actionnaires!

    Pour ce qui est de mon employeur, sur 31 ans, il a pris 21 années de congé cotisation.

    Je suis d'accord avec Sylvain Auclair, l'employeur ne devrait pas gérer un fond.