L’AMF ouvre grand ses goussets - Le MEDAC ne reçoit rien du million sorti du Fonds pour l’éducation et la gouvernance


	Yves Michaud
Photo: - Le Devoir
Yves Michaud

L’Autorité des marchés financiers (AMF) n’aura jamais ouvert aussi grand les vannes du Fonds pour l’éducation et la gouvernance : le gendarme québécois a publié hier une liste de neuf projets qui vont se partager 954 000 $.

Alors que le tiers du montant va à un projet piloté par l’AMF elle-même (330 000 $ pour la campagne Tes affaires), une enveloppe de 150 000 $ a été décernée à un projet de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques (l’IGOPP, dirigé par Michel Nadeau et Yvan Allaire) afin d’étudier l’équilibre entre la gouvernance des PME et la protection des épargnants. L’an dernier, le total des projets financés s’était élevé à 810 000 $.
 
Pour une deuxième année consécutive, le Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MEDAC), fondé par Yves Michaud, ne reçoit rien du Fonds. Celui-ci s’élève à 47 millions, selon le dernier rapport annuel, cela s’expliquant par une importante injection provenant des amendes imposées à des banques et firmes de courtage en 2009 pour leur rôle dans le scandale du papier commercial. Le choix des projets est confié à un comité de cinq personnes de l’extérieur.
 
Pendant des années, l’organisme a reçu 100 000 $ par année pour son « Passeport MEDAC », une activité de formation, ainsi qu’une commandite de 25 000 $. À la fin de 2010, toutefois, l’AMF a fait comprendre au MEDAC que ces sommes n’étaient pas automatiques et qu’il faudrait songer à renouveler la formule. L’an dernier, pour la première fois, l’enveloppe de 100 000 $ n’était pas là, et la commandite devait tomber à 20 000 $.
 
Lors d’un entretien téléphonique hier, M. Michaud a dit qu’il a rencontré l’an dernier le patron de l’AMF en compagnie de Jacques Parizeau et de Fernand Daoust, tous deux membres du conseil d’administration du MEDAC. « On a demandé 150 000 $», a dit M. Michaud. L’AMF a convenu de verser une somme de 25 000 $ cette année, a-t-il dit. Selon le porte-parole de l’AMF, Sylvain Théberge, le MEDAC n’a pas officiellement présenté de projet cette année pour recevoir de l’argent du Fonds.
 
Autres projets

Parmi les autres projets qui ont été retenus figurent une « application mobile pour jeunes adultes liée à des événements de la vie ayant un impact sur les finances personnelles » (75 000 $) et un projet de recherche d’un professeur de l’Université Laval au sujet de la fiabilité des rapports de développement durable (88 000 $).
 
« Le MEDAC est un organisme qui dérange, a dit M. Michaud. L’IGOPP, ça ne dérange pas. La Conférence de Montréal [qui a reçu une commandite de 375 000 $ sur trois ans], ça ne dérange pas. Nous, on fait du militantisme actionnarial. Faire des courbettes devant des fonctionnaires de l’État, je commence à en avoir assez. »
La période des vacances n’aidant pas, il a été impossible de joindre la direction de l’IGOPP. Cet organisme effectue notamment de la recherche portant sur la gouvernance, organise des colloques, mais prend aussi position sur des enjeux de l’heure. Par exemple, à propos de la trop petite place faite aux femmes par les conseils d’administration et les moyens d’y remédier.
 
Le porte-parole de l’AMF a dit que la fonction du Fonds pour l’éducation et la gouvernance n’est pas de financer des organisations, mais bien des projets. « Est-ce que le projet est pertinent, aide-t-il la mission du Fonds d’éducation à atteindre certains publics ? Dans ce cas-ci, le projet de l’IGOPP est un très beau projet. On est très satisfait de ce qu’il va aller chercher comme information. »

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