La HSBC en eaux troubles


	La Banque HSBC est présente dans 80 pays. Aux États-Unis, sa division gère un actif de 210 milliards, ce qui la classe parmi les dix plus grosses banques dans ce pays.
Photo: Agence France-Presse (photo) Laurent Fievet
La Banque HSBC est présente dans 80 pays. Aux États-Unis, sa division gère un actif de 210 milliards, ce qui la classe parmi les dix plus grosses banques dans ce pays.

Le Sénat américain accuse la banque britannique HSBC d’avoir facilité des opérations de financement des milieux terroristes, d’avoir blanchi des profits tirés du trafic de drogue et d’avoir contrevenu aux sanctions américaines contre l’Iran.


Des transactions pour plus de 19 milliards de dollars auraient ainsi transité par sa filiale américaine et été soutirées au contrôle et à la supervision des organismes réglementaires.


Le rapport de plus de 330 pages déposé lundi a conduit à des audiences publiques hier devant une commission du Sénat américain.


David Bagley, responsable de la division chargée de veiller au respect de la réglementation en matière de provenance des fonds au sein de la banque, a offert sa démission.


La présidente de HSBC North America, Irene Dorner, a présenté ses excuses et promis d’apporter les correctifs nécessaires. Pour sa part, l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC), l’une des principales autorités de régulation financière aux États-Unis, a été critiqué pour ne pas avoir surveillé adéquatement les activités de HSBC.


Si le comportement de HSBC était connu depuis dix ans, le rapport sénatorial met l’accentsur l’ampleur des pratiques, en faisant ressortir une culture d’entreprise « polluée ».


Après un an d’enquête, après avoir épluché 1,4 million de documents et interrogé 75 cadres de HSBC et de multiples employés des organismes de réglementation, le rapport fait ressortir plus de 28 000 transactions susceptibles de constituer une violation des lois américaines sur la période 2001-2007, dont 25 000 concernant l’Iran, selon l’évaluation d’un vérificateur indépendant.


Uniquement avec l’Iran, la banque britannique HSBC aurait réalisé 16 milliards de dollars de transactions secrètes sur une période de six ans. « La grande majorité des transactions iraniennes, soit 75 à 90 % sur plusieurs années, ont été réalisées à travers HBUS [la filiale américaine de HSBC] et d’autres comptes en dollars sans qu’aucune connexion avec l’Iran ne soit dévoilée », peut-on lire dans le document, qui évoque la sécurité intérieure. « De 2001 à 2007, deux filiales d’HSBC, HSBC Europe (HBEU) et plus tard HSBC Moyen-Orient (HBME), ont réalisé régulièrement ce type de transactions impliquant l’Iran à travers HBUS. »


Selon le sénateur démocrate Carl Levin, qui préside la commission, les responsables de la banque « savaient ce qui se passait, mais ont permis à cette pratique trompeuse de continuer ». Il reconnaît que HSBC a accepté de collaborer dans le cadre de l’enquête, « l’imputabilité pour les actions passées est essentielle. Et c’est ce qui manque ici », a-t-il cependant soutenu.


HSBC pourra difficilement éviter une lourde amende et le sénateur n’exclut pas de proposer une éventuelle révocation de l’autorisation de la banque britannique d’exercer ses activités aux États-Unis. Le département américain de la Justice mène également une enquête criminelle et il n’a pu confirmer que des pourparlers de règlements à l’amiable avec l’institution étaient en cours.


Toujours selon des éléments du rapport mis en avant par la commission dès lundi, la banque aurait également exposé le système financier américain à de possibles opérations de blanchiment de l’argent de la drogue des cartels mexicains. La filiale mexicaine a ainsi transféré un montant de 7 milliards de dollars vers HBUS entre 2007 et 2008.


HBUS a aussi également entretenu des relations financières avec des établissements bancaires soupçonnés de liens avec des organisations terroristes présumées, dont al-Qaïda. Le rapport cite à cet égard la banque saoudienne Al Rajhi Bank et une autre banque du Bangladesh.


Le document souligne aussi que le géant bancaire britannique a aidé à écouler un montant de 290 millions de dollars en chèques de voyage émis par une banque japonaise au bénéfice de ressortissants russes qui prétendaient travailler dans les voitures d’occasion.


La Banque HSBC est présente dans 80 pays. Aux États-Unis, sa division gère un actif de 210 milliards, ce qui la classe parmi les dix plus grosses banques dans ce pays.


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Avec l’Agence France-Presse

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