Québec accorde un prêt de 58 millions à la mine Jeffrey

Le gouvernement du Québec a finalement annoncé aujourd'hui l'octroi d'un prêt portant intérêt de 58 millions à la mine Jeffrey d'Asbestos, qui pourra ainsi reprendre ses activités et exporter de l'amiante dans des pays en développement.

Cela fait près de deux ans que le président de la mine, Bernard Coulombe, attendait cette décision. Le prêt doit permettre la mise en service de la mine souterraine de chrysotile de l'entreprise, dont les travaux de construction avaient été en grande partie complétés à la fin des années 1990. Jusqu'à 425 emplois pourraient être créés par la relance.

Québec avait donné son accord de principe pour le prêt en avril 2011. La décision était toutefois conditionnelle à ce que le principal investisseur dans le projet, la société montréalaise Balcorp, de l'entrepreneur d'origine indienne Baljit Singh Chadha, injecte 25 millions dans cette aventure de 83 millions.

Balcorp n'a complété son montage financier qu'au début du mois, soit bien plus tard que prévu initialement. Il a ensuite fallu que le conseil des ministres entérine officiellement le prêt de 58 millions.

Si la relance de la mine est vue d'un bon oeil dans la région d'Asbestos, elle a été dénoncée par à peu près tous les experts du secteur de la santé. Tous les directeurs québécois de la santé publique craignent les effets de la relance de l'exploitation de la mine d'Asbestos. Plusieurs organismes du monde de la santé sont du même avis, dont la Société canadienne du cancer. Selon cette organisation, la reprise des activités d'extraction et d'exportation de la mine contribuerait à propager l'épidémie de cancers causés par l'amiante, à l'origine de 90 000 morts chaque année dans le monde.

En juin 2011, le Canada a été le seul pays à refuser d'inclure l'amiante chrysotile sur la liste des substances dangereuses de la Convention de Rotterdam, un traité onusien datant de 2004. Si l'amiante chrysotile était inclus dans l'Annexe III de la convention, les pays qui l'exportent seraient contraints d'informer les pays qui convoitent le minerai de ses dangers sur la santé.

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