Pétrolia obtient son permis de forage

L’entreprise Pétrolia vient de recevoir l’aval du gouvernement du Québec pour mener un nouveau forage afin de préciser les réserves de pétrole qui pourront être exploitées près de Gaspé, dans un secteur qui renfermerait plus de huit millions de barils d’or noir. Deux autres puits doivent aussi être bientôt forés près de Murdochville. Tous ces projets ont reçu un appui financier de l’État. Et même si Québec estime que la filière pétrolière doit faire partie de l’évaluation environnementale stratégique sur le gaz de schiste, rien n’indique pour le moment que Pétrolia y sera soumise.

Avec le nouveau forage de Pétrolia tout près de Gaspé, l’entreprise n’aura jamais été aussi près de la première exploitation d’or noir de l’histoire du Québec. Le puits Haldimand no 4 atteindra la profondeur totale d’environ 1000 mètres. À partir de 500 mètres, il sera dévié progressivement pour atteindre une trajectoire presque horizontale. La longueur totale du puits sera de 2650 mètres. Et même si les permis d’exploration couvrent aussi l’ensemble de la baie de Gaspé, il ne serait pas question de poursuivre le forage sous le sol situé en milieu marin.

L’objectif est de traverser le maximum de « fractures naturelles » et de compléter les informations obtenues lors de deux forages précédents. À terme, on espère même pouvoir « déposer une demande de bail de production ». En fait, selon ce qu’a expliqué hier la vice-présidente de la pétrolière, cette demande pourrait survenir au cours des prochains mois. Si le potentiel est confirmé, la ressource non renouvelable devrait avoir une valeur brute de plusieurs centaines de millions de dollars. Pour le moment, l’entreprise possède un permis d’exploration qui coûte 11 971,50 $ par année.


Répondant aux craintes exprimées par plusieurs citoyens, Isabelle Proulx a souligné qu’il n’était pas question de recourir à de la « fracturation hydraulique » dans le secteur de Gaspé. Les pétrolières peuvent toutefois utiliser un mélange contenant de l’acide chlorhydrique afin de stimuler la production des puits et extraire l’énergie fossile du sous-sol. Au cours des dernières années, Pétrolia et Junex auraient injecté de ce liquide toxique dans le sol gaspésien dans le cadre de leurs travaux exploratoires.


Pétrolia a déjà tiré du pétrole dans la région de Gaspé. Mais aucune redevance n’a été versée à l’État, ce que permet la loi. L’entreprise a aussi reçu 3,3 millions de dollars d’« aide gouvernementale à l’exploration » depuis deux ans. Qui plus est, en vertu des dispositions du plus récent budget du gouvernement Charest, Investissement Québec a déjà injecté plus de 10 millions de dollars pour se porter acquéreur d’actions de la pétrolière. Cette somme sert à financer en partie les trois prochains forages qui


Car en plus de Gaspé, Pétrolia s’intéresse à un secteur nommé « projet Bourque », situé près de Murdochville. Les deux premiers forages seront menés à la verticale. « On a vu, sur notre relevé sismique, qu’il y avait du gaz. Mais est-ce du gaz avec de l’eau ou du gaz avec du pétrole ? » C’est ce que Pétrolia espère déterminer. Cette structure pourrait contenir plus de 100 millions de barils de pétrole, selon Pétrolia. Les permis d’exploration où se situe cette structure coûtent au total 3753,90 $ par année.


Par ailleurs, Isabelle Proulx a indiqué hier que les travaux menés en Gaspésie ne le sont pas sous l’égide du comité qui dirige l’évaluation environnementale (EES) sur le gaz de schiste. « Ça ne nous concerne pas parce qu’on ne fait pas de fracturation. »


Or le ministre Pierre Arcand a fait parvenir, fin avril, une lettre au président du comité qui dirige l’EES, Robert Joly, au sujet de la filière pétrolière. Dans sa lettre, le ministre de l’Environnement précise qu’il souhaite désormais que le comité ajoute à son plan de réalisation « toute étude requise pour évaluer les impacts environnementaux et sociaux de cette filière potentielle au Québec ».


Le Devoir avait en effet révélé, à la mi-avril, que le comité ne prévoyait aucune étude en lien avec l’exploitation pétrolière au Québec. « Pour le moment, on n’a rien mis dans le plan qui touche directement les ressources pétrolières », avait reconnu M. Joly. Le président du comité n’était pas disponible hier pour répondre à nos questions. On ne sait donc toujours pas comment le comité qui dirige l’EES compte inclure cette filière fossile dans ses travaux.


11 commentaires
  • Serge Grenier - Inscrit 7 juin 2012 07 h 51

    Suite du vol du siècle

    Pendant qu'il détourne l'attention publique
    grâce au conflit étudiant qu'il a lui-même créé,
    le gouvernement Charest continue de favoriser
    le pillage de nos ressources par les amis du parti.

    Serge Grenier

    • Claude Lachance - Inscrite 7 juin 2012 12 h 37

      D'ou l'arrestation d'Amir Khadir, et de sa fille. Les médias vont en faire de beaux gros choux gras, puis après on va nous ressortir une autre suite à l'assassinat sordide avec moult détails, puis ... Et la galère minière de JJC volera son petit trouage de chemin... Adieu beau fleuve, adieu gaspé, adieu baleines .. la marée montante de la honte va vous envahir, avec avec aux commandes un nommé catimini..

  • Laurence Jobidon - Inscrite 7 juin 2012 08 h 24

    Nationalisons

    Actionnaire, c'est bien, mais propriétaire, c'est mieux. À quand la nationalisation du pétrole?

    • Philippe Landry - Inscrit 7 juin 2012 12 h 08

      Il ne s'agit pas de nationaliser mais bien de re-nationaliser ce pétrole qui appartenait à Hydro-Québec et qui nous a été volé.

    • Pierre-Antoine Ferron - Inscrit 7 juin 2012 15 h 01

      La nationalisation ne s'applique pas! Les ressources naturelles appartiennent aux Québecois par droit. Cela fait parti des biens communs!

      Il faut nous le rappeler...de temps en temps.

  • Vernier Pierre - Inscrit 7 juin 2012 10 h 11

    Bravo!

    Une compagnie peut forer, payer ses permis obtenus légalement et maintenant, nous pourrons faire le plein de pétrole Québécois. Car c'est tout ce qu'on a pour mettre dans nos voitures. C'est bien mieux que le faire venir de l'Arabie Saoudite ou d'Alberta. Ca donne du travail a une région qui en a bien besoin.

    • Philippe Landry - Inscrit 7 juin 2012 12 h 07

      Lol! Vous croyez que ce pétrole rapportera des dividendes au Québécois ou qu'il sera raffiné et distribué ici? Ce pétrole nous a été volé par le libéraux et nous n'en retirerons que les dégats.

    • M. Félix Houde - Inscrit 7 juin 2012 12 h 22

      Je ne sais si votre commentaire est ironique ou non. Mais savez-vous seulement combien d'emplois seraient créés suite à cette exploitation? Et encore, savez-vous combien d'argent irait dans les coffres des propriétaires et des actionnaires privés? Et pour finir, savez-vous combien d'emplois risquent d'être perdus en cas de catastrophe naturelle?

      En contrepartie, savez-vous combien pourrait rapporter à l'État et à la région l'exploitation de cette ressource si elle était publique? Pensez à Hydro-Québec et vous aurez une partie de la réponse.

      Sans oublier qu'entre l'or bleu et l'or noir, je préfère encore l'or bleu. Imaginez la valeur de cette ressource dans cent ans...

      Quant au moteur à explosion et aux voitures, une Nation à l'avant-garde serait à mettre au point de nouveaux types de moteurs révolutinnaires dont elles pourrait exporter les brevêts et la production à l'étranger. Se cantonner dans l'exploitation de ressources naturelles, s'est s'exposer à une asphyxie économique à plus ou moins long terme. Développons les secteurs secondaires et tertiares et non le primaire...

      Si au moins les profits du prétrole servaient à financer la recherche : vendre à l'etranger pour développer nos inventions de demain que nous pourrions exporter quand la manne sera passée...

    • Claude Lachance - Inscrite 7 juin 2012 12 h 40

      Ben oui! puis on fera venir de l'eau d'où ? Et l'environnement, qui va le soigner? C'est curieux c'est bien souvent après qu'on réfléchi.

    • Philippe Fortin - Inscrit 7 juin 2012 13 h 19

      Encore faut-il que lors de l'exploitation, les réserves restent au Québec et ne soient pas exportés dans le bus de les transformer ailleurs, puis réimportées sur notre territoire pour être vendues ( ça rappelle étrangement la situation de l'Alberta cette histoire ).

      S'il y a une façon pour nous de faire de l'argent et d'enfin commencer à rembourser notre dette au lieu de l'augmenter sans cesse, j'espère que le gouvernement Charest (ou le prochain) saura la saisir.

  • Michael H - Inscrit 13 juin 2012 15 h 15

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