Goldman Sachs ferme sa plateforme boursière électronique

À peine quelques mois après avoir lancé sa plateforme boursière électronique au Canada, qui promettait d’unir vendeurs et acheteurs de façon complètement anonyme, Goldman Sachs vient d’éteindre la machine.

Sigma X, qui représentait la 11e Bourse au Canada, n’attirait qu’une infime partie du marché canadien. La banque d’affaires de Wall Street, qui avait diffusé un communiqué de presse au mois d’août 2011 pour annoncer son lancement, a préféré un procédé plus discret cette fois.


« Sigma X Canada a annoncé qu’à compter de la clôture du jour de Bourse le 27 avril 2012, elle cessera d’accepter les ordres de bourse », a tout simplement résumé, il y a une semaine et demie, un avis public de l’Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières.


Comme d’autres « systèmes de négociation parallèles », la petite plateforme boursière ne permettait de vendre et d’acheter que des actions inscrites à la Bourse de Toronto.

 

« Dark pools »


Mais il misait sur l’anonymat des sociétés qui pouvaient y transiger. Par exemple, cela pouvait leur permettre de se départir de blocs d’actions importants sans avoir à dévoiler leur identité. C’est une mécanique que le milieu financier appelle les « dark pools », mais que certains voient comme une menace à la transparence des marchés.


Les « dark pools » attirent de plus en plus l’attention des autorités réglementaires. En Europe, où la Commission européenne s’y penche, ce type d’activité représenterait le sixième de toute l’activité boursière, soit environ 100 milliards d’euros par mois.


« Le potentiel de croissance du marché des capitaux canadien est significatif, avait affirmé dans le communiqué d’août 2011 un haut dirigeant de la division Goldman Sachs Electronic Trading. Nous croyons que des bassins de liquidité uniques et alternatifs vont continuer de jouer un rôle important dans le développement du marché canadien. »


La clientèle visée, disait alors Goldman Sachs, était des hedge funds, des investisseurs institutionnels et des firmes de courtage. La société, dont la réputation et le rôle joué dans la crise financière de 2008 ont fait couler beaucoup d’encre, se décrivait elle-même comme participante à Sigma X.


Mais les statistiques ont raconté une autre histoire. Selon les données de l’OCRCVM portant sur le premier trimestre de 2012, Sigma X a traité 0,01 % de toutes les transactions boursières au Canada.


En guise de comparaison, la Bourse de Toronto demeure en première place avec 52,8 % des transactions, suivie de la plateforme Alpha à 17,99 %, Chi-X à 17,8 % et la Bourse de croissance TSX à 2,8 %.

 

Comme des champignons


Les petites plateformes boursières ont poussé comme des champignons au cours des dernières années, ce qui a donné du fil à retordre à la Bourse de Toronto. Celle-ci a notamment dû réduire les frais d’accès, car s’il y a une chose que les acteurs du marché analysent, c’est le coût qu’entraînent leurs activités de négociation.


D’ailleurs, la très rapide croissance d’Alpha, mise sur pied par de grandes banques et des firmes de courtage, a fait d’elle une société convoitée. Si bien que le consortium Maple, qui veut prendre le contrôle du Groupe TMX, en a fait une partie cruciale de son projet d’acquisition.


Maple a annoncé la semaine dernière qu’il avait réussi à mettre la main sur Alpha pour 175 millions.