Caisse de dépôt et placement: la rémunération de Michael Sabia a bondi en 2011

L’institution a tenu à préciser que la rémunération globale de Michael Sabia «demeure inférieure de 43 pour cent à la moyenne de rémunération versée en 2011 aux présidents et chefs de la direction des principaux pairs de la Caisse».
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’institution a tenu à préciser que la rémunération globale de Michael Sabia «demeure inférieure de 43 pour cent à la moyenne de rémunération versée en 2011 aux présidents et chefs de la direction des principaux pairs de la Caisse».

Le président et chef de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Michael Sabia, a reçu une rémunération totale de 940 000 $ en 2011, ce qui constitue une augmentation considérable par rapport aux deux années précédentes.

Le salaire de base de M. Sabia est resté stable à 500 000 $, mais pour la première fois depuis son arrivée à la Caisse, en 2009, il a touché une prime de rendement. Au cours des deux premières années de son mandat, il avait de lui-même renoncé à toute prime.

En 2011, la prime de M. Sabia s’est chiffrée à 1,2 million $, indique le plus récent rapport annuel de l’institution, rendu public aujourd'hui. Le dirigeant a touché 400 000 $ de la somme. La portion restante de 800 000 $ est différée jusqu’en 2014 et sa valeur évoluera en fonction des rendements de la Caisse. Michael Sabia a toutefois décidé de ne participer à aucun régime de retraite, ce qui entraîne des économies pour l’institution.

Quatre autres dirigeants de la Caisse ont touché des rémunérations plus élevées que M. Sabia en 2011. Celles-ci ont oscillé entre 946 667 $ pour Claude Bergeron, chef de la direction des risques, et 1,45 million $ pour Daniel Fournier, président du groupe immobilier.

En 2011, M. Bergeron a reçu, «en reconnaissance de sa contribution passée et continue à la gestion active et à la restructuration du dossier BTAA» (anciennement connu sous le nom de papier commercial adossé à des actifs), une somme de 266 667 $.

Pour leur part, M. Fournier et le vice-président aux déposants et aux initiatives stratégiques, Bernard Morency, ont eu droit à des «dédommagements» respectifs de 255 000 $ et de 250 000 $ pour avoir renoncé à leurs activités professionnelles antérieures.

Pour ce qui de la rémunération incitative versée à l’ensemble des employés de la Caisse, elle a totalisé 31,4 millions $ en 2011 alors qu’elle avait atteint 35 millions $ en 2010 et 20,9 millions $ en 2009.

L’institution a tenu à préciser que la rémunération globale de Michael Sabia «demeure inférieure de 43 pour cent à la moyenne de rémunération versée en 2011 aux présidents et chefs de la direction des principaux pairs de la Caisse», comme le Régime de retraite des enseignants de l’Ontario et l’Office d’investissement du Régime de pensions du Canada.

10 commentaires
  • meme40 - Inscrite 18 avril 2012 13 h 56

    heureusement que c'est inférieur à 43%..

    Sans quoi ce serait un peu scandaleux... Et pendant ce temps on met en état d'arrestation des étudiant qui se battent pour une justice sociale. Si M. Sebia a trop d'argent il pourrait peut-être créer un fond d'aide aux générations futures, qu'on glisse tranquillement dans l'indigence sociale, et qui n'auront pas eu les moyens d'étudier pour prendre sa relève.

  • Réal Rodrigue - Inscrit 18 avril 2012 14 h 09

    Servez-vous !

    Allez-y, servez-vous, vous avez les deux mains dans la poche et détenez tous les pouvoirs...

  • AMeloche - Inscrit 18 avril 2012 14 h 38

    Indigence morale...

    « Michael Sabia a toutefois décidé de ne participer à aucun régime de retraite, ce qui entraîne des économies pour l’institution. »

    Quelle générosité! Mais comment peut-on accepter ce genre d'inégalités alors que 1 milliard de personnes sur cette planète n'ont pas accès à l'eau potable. Quand la pauvreté intellectuelle et morale est du côté des riches...

  • Jean Ferschke - Inscrit 18 avril 2012 14 h 38

    un fossé, un clivage et un ravin

    Pauvreté : 0
    Privilégié : 1

  • Louka Paradis - Inscrit 18 avril 2012 15 h 21

    Une escalade indécente

    Ces salaires pharaoniques sont scandaleux alors qu'on nous serine que le Québec est dans le rouge et qu'il faut se serrer la ceinture. Mais non, on n'a pas d'argent pour l'éducation, les aînés, les hôpitaux... Alors, les hauts dirigeants se relancent les uns les autres dans une concurrence effrénée : dans telle compagnie, dans tel pays, dans telle province, et gna-gna-gnan... les salaires sont plus élevés ; alors, si on veut garder nos illustres compétents avides, il faut augmenter leurs salaires et leurs primes... Ça s'appelle du chantage et de l'arnaque aux dépens de tous. On se fait plumer chers amis citoyens. En avez-vous assez ?
    Louka Paradis, Gatineau