Fort de résultats records, Dollarama ne craint pas l'expansion de Dollar Tree

Dollarama possède actuellement 704 magasins, dont 230 au Québec, alors que Dollar Tree possède actuellement 99 magasins au pays.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Dollarama possède actuellement 704 magasins, dont 230 au Québec, alors que Dollar Tree possède actuellement 99 magasins au pays.

Le président-fondateur des magasins bas prix Dollarama, Larry Rossy, ne craint pas outre mesure les projets d'expansion du géant américain Dollar Tree au Canada.

«Nous avons toujours eu de la concurrence», a déclaré M. Rossy hier au cours d'une téléconférence avec les analystes financiers.

«La présence de bons concurrents nous rend meilleurs et nous fait réagir plus vite à certaines choses», a-t-il ajouté.

Dollar Tree, qui exploite plus de 4000 magasins aux États-Unis, a fait l'acquisition des 86 établissements de la chaîne vancouvéroise Dollar Giant l'an dernier. Le nombre de magasins canadiens de Dollar Tree atteint désormais 99, mais le détaillant a des visées encore plus grandes.

En février, Dollar Tree a fait part de son intention d'ouvrir une vingtaine de nouveaux magasins en 2012. À plus long terme, l'entreprise de Virginie croit pouvoir exploiter pas moins de 1000 magasins au Canada.

Dollarama possède actuellement 704 magasins, dont 230 au Québec. Le chef de file du secteur au pays a ouvert 52 nouvelles succursales au cours du dernier exercice et prévoit en ouvrir au moins 50 autres cette année.

L'entreprise est actuellement sous-représentée dans l'Ouest, où se trouvent à peine 17,5 % de ses magasins alors que plus de 30 % de la population canadienne y vit.

Larry Rossy a assuré que l'arrivée de Dollar Tree au Canada n'avait pas eu d'impact notable sur Dollarama jusqu'ici. Tout au plus estime-t-il que les efforts déployés par le géant américain de ce côté-ci de la frontière «valident» le plan d'affaires de Dollarama.

«Mais je ne peux pas prédire comment tout cela évoluera dans l'avenir», a-t-il indiqué.

Pour l'instant, M. Rossy n'a pas à s'inquiéter. À son quatrième trimestre, qui a pris fin le 30 janvier, Dollarama a largement surpassé les attentes des analystes financiers, ce qui a poussé l'action de l'entreprise montréalaise à un nouveau sommet historique.

Peu avant 14h, le titre de Dollarama bondissait de 7 % pour s'échanger à 51,74 $, à la Bourse de Toronto, ce qui confère à l'entreprise une valeur de 3,8 milliards. En cours de séance, l'action a même atteint 52,60 $.

Au quatrième trimestre, le détaillant a engrangé des profits nets de 63,6 millions (84 cents par action), en hausse de 51 % par rapport aux 42 millions (56 cents par action) dégagés pendant la même période de l'an dernier.

Les analystes tablaient en moyenne sur un bénéfice par action de 68 cents. Keith Howlett, de Valeurs mobilières Desjardins, a qualifié les résultats d'«exceptionnels».

Les revenus ont progressé de 14,7 % pour atteindre 468,7 millions. Les conditions climatiques favorables, l'ouverture de nouveaux magasins et la croissance de 7,9 % des ventes des établissements déjà existants ont tous contribué à la bonne performance.

Pour ce qui est de l'explosion des profits, elle est principalement attribuable à l'amélioration des marges bénéficiaires sur les produits vendus, à la diminution des pertes et à la réduction des dépenses administratives en proportion des ventes.

Pour l'ensemble de l'exercice, le bénéfice net s'est élevé à 173,5 millions (2,30 $ par action), en hausse de 48,5 % par rapport aux 116,8 millions (1,55 $ par action) enregistrés au cours de l'année précédente.

Les ventes annuelles ont augmenté de 12,9 % pour s'établir à 1,6 milliard.

Devant ces bons résultats, le conseil d'administration de Dollarama a approuvé une augmentation du dividende trimestriel, qui passera de 9 à 11 cents par action ordinaire.

«Nous ne tenons rien pour acquis, nous ne sommes pas invincibles et il reste encore beaucoup d'éléments sur lesquels nous pouvons nous améliorer», a toutefois tenu à préciser le chef de l'exploitation de l'entreprise, Stéphane Gonthier, en évoquant des projets d'amélioration de l'efficacité et de la productivité.