L'économie québécoise se porte mieux que prévu

Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir

L'économie québécoise a terminé l'année 2011 en beauté venant faire mentir les oiseaux de mauvais augure.

Un rebond, au mois de décembre, a permis de boucler le quatrième et dernier trimestre de l'année avec une hausse du produit intérieur brut de 0,8 % en rythme annualisé alors que les mois d'octobre et de novembre avaient connu une croissance nulle et que des chiffres sur l'emploi faisaient craindre le pire.

«Cette croissance au quatrième trimestre, quand bien même modeste, ne corrobore pas l'impression laissée par la forte diminution de l'emploi» rapportée par Statistique Canada dans son enquête sur la population active pour les mêmes mois, a observé hier Marc Pinsonneault, économiste à la Financière Banque Nationale, après le dévoilement des chiffres officiels sur la croissance par l'Institut de la statistique du Québec (ISQ). «D'ailleurs, selon le rapport de ce matin, la rémunération des salariés aurait bondi de 5,6 % en rythme annuel au quatrième trimestre, tandis que les dépenses réelles de consommation y allaient d'une hausse de 4,2 %.»

Outre la remontée des dépenses de consommation, l'économie québécoise a bénéficié d'un retour de l'investissement résidentiel (8,8 % toujours en rythme annualisé) après trois trimestres consécutifs de baisse. Ces facteurs ont plus que compensé l'impact d'un recul de l'investissement des entreprises en machinerie et équipement (- 11 %) qui mettait un terme à une série de neuf trimestres de croissance consécutifs.

Même le déficit commercial a pesé moins lourd sur l'expansion économique, la hausse des exportations (10,9 %) dépassant de loin celle des importations (2,7 %) pour un recul du déficit total de 34,8 milliards à 32,4 milliards. Le recul des dépenses publiques s'est aussi fait moins marqué en passant du troisième (- 2,6 %) au quatrième trimestre (- 0,4 %).

Les statistiques officielles rapportaient que presque 70 000 emplois avaient été perdus au cours des trois derniers mois de 2011. Ces chiffres spectaculaires et peu rassurants semblaient confirmer l'impression laissée par de nombreuses annonces de mises à pied notamment dans le secteur manufacturier. Le portrait statistique du marché de l'emploi s'était toutefois amélioré en début d'année.

Au total, l'année 2011 s'avère tout de même avoir été marquée par un sérieux ralentissement, note l'ISQ, n'affichant qu'une croissance de 1,7 % contre 2,5 % l'année d'avant. Ce ralentissement était le résultat d'un recul de la croissance dans presque tous les principaux volets de la demande intérieure (d'une hausse de 4,2 %, en 2010, à 2,1 %, en 2011), de la consommation (de 3,3 % à 1,7 %) à l'investissement résidentiel (de 12,9 % à 1,5 %), en passant par les dépenses publiques (3,7 % à 1,2 %). Seul l'investissement des entreprises a connu une augmentation plus forte en 2011 (10,3 %) qu'en 2010 (5,9 %).

Le Québec a longtemps affiché une vigueur et un aplomb économiques à part au Canada, que même la crise ne semblait pas pouvoir ébranler. Il s'est cependant, depuis, fait rattraper et dépasser par le reste du pays. Sa croissance au quatrième trimestre en rythme annualisé (0,8 %) s'est révélée encore une fois nettement en retrait par rapport à la moyenne canadienne (1,8 %), rapporte l'ISQ. Ce décalage est à l'image de l'année tout entière (1,7 % contre 2,5 %).

Ralentissement en vue


Cet écart devrait un peu se réduire cette année, prévoyait hier Joëlle Noreau, économiste au Mouvement Desjardins. Mais ce ne sera pas grâce à une accélération de la croissance au Québec. Elle lui prédit, en effet, une croissance de 1,4 % en 2012 contre une moyenne de 2,1 % au Canada.

«Le début de l'année 2012 s'amorce plus positivement. Bien que les signaux économiques ne soient pas tous au beau fixe, le Québec pourra compter notamment sur les investissements des entreprises pour soutenir la croissance cette année. Le marché du travail continuera à faire l'objet d'une attention particulière, tout comme la confiance des ménages.»

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