Jean Charest écarte l'étude de l'IRIS sur le Plan Nord

Jean Charest accorde «plus de crédibilité» à l’analyse de Secor, à ses yeux «fondée sur des éléments plus objectifs» que celle de l’IRIS.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Jean Charest accorde «plus de crédibilité» à l’analyse de Secor, à ses yeux «fondée sur des éléments plus objectifs» que celle de l’IRIS.

Le premier ministre Jean Charest a écarté aujourd’hui du revers de la main les conclusions de l’étude de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) dévoilées dans Le Devoir et qui insistent sur la non-rentabilité du Plan Nord pour l’État québécois.

«Selon notre scénario le plus optimiste, le manque à gagner entre les revenus et les dépenses prévues par le gouvernement est de 2,3 milliards de dollars sur 25 ans, a calculé Bertrand Schepper, auteur de cette analyse et diplômé en administration des affaires à HEC Montréal. Cependant, nous constatons aussi que le gouvernement sous-estime grandement certaines dépenses liées au Plan Nord. Par exemple, il ne s’attarde pas à l’effet de la croissance rapide de la population sur le coût des services sociaux dans ces régions éloignées, ni aux coûts des crédits d’impôt remboursables pour l’exploration minière. Au final, le gouvernement devra payer 8,45 milliards de plus que ce qu’il recevra du Plan Nord.»

«C’est totalement faux!, a répliqué le premier ministre lorsqu’interpellé par des journalistes à Paris. Il y a une étude publiée par SECOR il y a une dizaine de jours qui annonce des retombées de 147 milliards de dollars, 37 000 emplois par année à un salaire moyen de 65 000 dollars par année, et des retombées très importantes. Alors, j'accorde plus de crédibilité à l'étude de SECOR.»

Sans surprise, M. Charest, qui concluait une courte visite à Paris, accorde «plus de crédibilité» à l’analyse de Secor, à ses yeux «fondée sur des éléments plus objectifs» que celle de l’IRIS.

L’auteur de l’étude de l’IRIS n’en évalue pas moins, dans le cadre d’un scénario «optimiste», que le gouvernement devra assumer au moins la moitié des dépenses de 33 milliards de dollars qui serviront au déploiement de l’industrie minière et des infrastructures — routes, ports, aéroports, voies ferrées — sur un territoire de 1,2 million de kilomètres carrés.

Uniquement d’ici cinq ans, les libéraux ont dit vouloir consacrer 1,2 milliard aux infrastructures du Plan Nord. Cette enveloppe comprend entre autres le prolongement de la route 167 pour rejoindre un projet de mine de diamant, d’autres projets routiers et la construction de logements au Nunavut. L’IRIS estime qu’il faudrait y ajouter des sommes pour l’entretien des routes. La facture des infrastructures évaluée par le gouvernement Charest ne tient pas non plus compte de possibles dépassements de coûts.

L’IRIS considère par ailleurs qu’en plus des 16,5 milliards, le gouvernement devra, sur une période de 25 ans, ajouter une somme de près de six milliards de dollars pour «absorber les effets socio-économiques d’un boom minier et de la hausse de population qui s’ensuivra». L’organisme évalue que la facture pour les services en santé et les services sociaux devrait avoisiner les 1,7 milliard. S’ajouteraient à cela au moins 1,5 milliard pour l’entretien des routes et 1,2 milliard en crédits d’impôts pour les minières.

Sans oublier la restauration des sites miniers abandonnés, qui pourrait atteindre 1,25 milliard. Des estimations «conservatrices», selon M. Schepper.

«Ces coûts sont hypothétiques, a objecté le premier ministre Charest aujourd’hui. La réfection des routes, on aborde ça projet par projet. Comment peuvent-ils les prévoir sur une période de 25 ans?»

Les manques à gagner calculés par l’IRIS n’incluent pas les investissements de 47 milliards prévus pour Hydro-Québec. L’ancien premier ministre Jacques Parizeau et des économistes ont questionné la pertinence de continuer sur la voie de la grande hydraulique et toujours plus vers le nord, avec les coûts prohibitifs que cela implique. Il faut rappeler que Québec accorde déjà le tarif L — 4,5 ¢ le kilowattheure (kWh) — à des entreprises minières. Or, le coût de nouveaux projet comme celui de la Romaine atteint plutôt 10 ¢ le kWh.

Avec la collaboration de Christian Rioux
Avec La Presse canadienne
46 commentaires
  • France Marcotte - Abonnée 14 mars 2012 11 h 28

    Prouvez-le!

    "M. Charest accorde «plus de crédibilité» à l’analyse de Secor, à ses yeux «fondée sur des éléments plus objectifs» que celle de l’IRIS."

    Et on devrait croire sur parole un homme en qui on a perdu toute confiance?

    C'est exactement comme s'il disait: "C'est de même parce que c'est de même."

    • Roland Berger - Inscrit 14 mars 2012 13 h 59

      Charest et Harper doivent tout faire pour faire taire tout avis indépendant de leur contrôle. Il en va d'un échec dans leur « derby-demolition » de la démocratie par et pour le peuple.
      Roland Berger

  • Jean Babin - Inscrit 14 mars 2012 11 h 43

    Pas vu, pas pris

    Il ne l'a pas lu, ne sait abosolument pas de quoi il s'agit et n'a pas les compétences, pas plus que nous simples lecteurs, de ce que signifie cette étude, et c'est tant mieux, cela se nomme l'ignorance crasse et c'est bien pratique quand vient le temps pour lui de déverser ses insanités comme il le fait Paris.

    Cela n'a d'ailleurs aucune importances ces études contradictoires car l'objectif de Charest n'est pas la création d'emploi, ni faire profiter les Québécois de nos ressources naturelles, ni amener de l'argent dans les coffres de l'État. S'il en parle des effets négatifs c'est qu'il se fait poser des questions. Nous pouvons même, avec certitude dire que cet homme, s'il n'avait pas été dénoncé, continuerait à vanter ses collecteurs de fond qui auraient réussi à atteindre le 13 millions en un an, le record étant 9 millions.

    Le seul et unique objectif du plan nord est de s'assurer que Charest n'aura pas la place dans l'histoire du Québbec du plus minable premier ministre de tous les temps, le plus corrompu, le plus inpepte, incapable intellectuellement de distinguer les intérêts du PLQ des intérêts du Québec.

    Sachez M. Charest qu'il est trop tard, vous avez perdu l'opportunité d'obtenir un poste prestigieux du jet-set des tablettés en réunion permanente autour du globe. Des générations d'élèves vont apprendre ce qu'était Charest sitôt que les cours d'histoire du québec vont redevenir des cours d'histoire. Même pas honte, pauvre type...

  • Jean Babin - Inscrit 14 mars 2012 11 h 43

    Pas vu, pas pris

    Il ne l'a pas lu, ne sait abosolument pas de quoi il s'agit et n'a pas les compétences, pas plus que nous simples lecteurs, de ce que signifie cette étude, et c'est tant mieux, cela se nomme l'ignorance crasse et c'est bien pratique quand vient le temps pour lui de déverser ses insanités comme il le fait Paris.

    Cela n'a d'ailleurs aucune importances ces études contradictoires car l'objectif de Charest n'est pas la création d'emploi, ni faire profiter les Québécois de nos ressources naturelles, ni amener de l'argent dans les coffres de l'État. S'il en parle des effets négatifs c'est qu'il se fait poser des questions. Nous pouvons même, avec certitude dire que cet homme, s'il n'avait pas été dénoncé, continuerait à vanter ses collecteurs de fond qui auraient réussi à atteindre le 13 millions en un an, le record étant 9 millions.

    Le seul et unique objectif du plan nord est de s'assurer que Charest n'aura pas la place dans l'histoire du Québbec du plus minable premier ministre de tous les temps, le plus corrompu, le plus inpepte, incapable intellectuellement de distinguer les intérêts du PLQ des intérêts du Québec.

    Sachez M. Charest qu'il est trop tard, vous avez perdu l'opportunité d'obtenir un poste prestigieux du jet-set des tablettés en réunion permanente autour du globe. Des générations d'élèves vont apprendre ce qu'était Charest sitôt que les cours d'histoire du québec vont redevenir des cours d'histoire. Même pas honte, pauvre type...

  • Geoffroi - Inscrit 14 mars 2012 11 h 52

    La mine d'or à Charest

    C'est vraiment magnifique tous ces mirifiques investissements à crédit, peut-être chez Paribas, mais à part ces possibles milliers de jobs temporaires, après plus rien comme à Dawson City, qui empochera les gros profits? Y a-t-il un journaliste qui peut trouver un nom d'actionnaire de compagnies ? On voudrait le savoir.

    Que retireront les néoindigènes québécois encore crédules, seulement des grosses peanuts d'un vendeur de minounes déjà vues, toujours les deux mains dans notre corne d'abondance ou mine d'or?

  • Michel Hains - Inscrit 14 mars 2012 11 h 57

    Un autre buffet à volonté

    Charest dit croire plus Secor.
    Une firme d'ingénérie conseil proche des Libéraux.
    Secor ne peut être contre le plan nord, C'est le plus gros buffet à volonté pour ces firmes de génies pour les 25 prochaines années.
    D'un côté Charest ridiculise le rapport de l'IRIS en disant comment peuvent-ils prévoir le coût d'entretien d'infrastructures dans 25 ans.
    Si c'est bon Pour IRIS c'est tout aussi bon et appliquable aux prévisions de Charest des revenus du plan nord pour la même période de temps.
    Qustions de prévisions de coûts et de dépenses ce gouvernement n'a rien à montrer à personne.
    Grande mise en garde, ce buffet à volonté risque de nous coûter très cher.