L'accord canado-américain sur le bois d'oeuvre prolongé de deux ans

Source de longs conflits commerciaux entre le Canada et les États-Unis, l’industrie du bois d’œuvre fait l’objet d’une entente qui devait venir à échéance en 2013, mais les parties ont convenu de la prolonger de deux ans.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Source de longs conflits commerciaux entre le Canada et les États-Unis, l’industrie du bois d’œuvre fait l’objet d’une entente qui devait venir à échéance en 2013, mais les parties ont convenu de la prolonger de deux ans.

Ottawa — Le Canada et les États-Unis ont accepté de prolonger leur accord sur le commerce du bois d'œuvre jusqu'au mois d'octobre 2015, soit deux ans plus tard que ce que prévoyait l'entente précédente.

Les ministres du Commerce des deux pays en ont fait l'annonce lors d'une cérémonie à Washington, hier, précisant que l'entente signée en 2006 était prolongée sans modification. Cette décision assure une certaine quiétude dans un dossier qui a constitué la plus importante source de différends dans les relations habituellement cordiales qu'entretiennent les deux voisins.

Les producteurs américains de bois d'oeuvre ont dit affronter une concurrence injuste de la part des producteurs canadiens, faisant valoir que certaines provinces cèdent leurs droits de coupe aux sociétés forestières à des prix inférieurs à ceux du marché. L'entente conclue en 2006 par le gouvernement conservateur de Stephen Harper mettait en place un compromis décourageant les producteurs canadiens de vendre trop de bois d'oeuvre à faible coût aux États-Unis.

«La prolongation de l'accord sur le bois d'oeuvre s'avère une excellente nouvelle pour les travailleurs canadiens de ce secteur et leurs familles», a déclaré le ministre canadien du Commerce international, Ed Fast. «Elle apportera à l'industrie du bois d'oeuvre la stabilité et la prévisibilité dont cette dernière a grandement besoin. En prolongeant cette entente, nous indiquons clairement que notre gouvernement est résolu à garantir un accès prévisible au marché américain et à renforcer la sécurité financière des Canadiens», a-t-il ajouté.

Le ministre Fast a indiqué que le fédéral avait mené de vastes consultations auprès des provinces et des représentants de l'industrie, lesquels ont appuyé la prolongation de l'accord jusqu'en 2015.

Ottawa et Washington avaient établi en décembre qu'une prolongation de l'entente actuelle était préférable à la réouverture des négociations, mais ils en avaient reporté l'annonce jusqu'à ce que les deux ministres se rencontrent.

Alors que le secteur américain de l'habitation demeure au sol et que la demande de bois d'oeuvre continue d'être peu élevée, les joueurs de l'industrie souhaitaient éviter toute nouvelle source d'incertitude.

Cela ne signifie toutefois pas que des disputes n'auront pas lieu au sujet du commerce du bois d'oeuvre pendant les trois prochaines années. Les États-Unis lancent ces jours-ci une plainte pour commerce injuste contre les pratiques de la Colombie-Britannique, qui sera entendue en février par un organisme international.

L'effondrement du marché américain de l'habitation a eu des effets dévastateurs sur l'industrie canadienne du bois d'oeuvre. Les exportations de produits du bois aux États-Unis ont chuté de 19 milliards en 2004, à 5 milliards et 6 milliards en 2009 et 2010, respectivement. Selon les statistiques du gouvernement, les exportations canadiennes de bois d'oeuvre au sud de la frontière ont totalisé 2,6 milliards lors des 11 premiers mois de 2011, la Colombie-Britannique représentant 58 % de ce montant.

Les producteurs canadiens ont tenté de compenser les pertes subies en accroissant leurs exportations vers d'autres marchés, en particulier la Chine.