Plan Nord - Clément Gignac compare le Nord aux pays émergents

Le ministre des Ressources naturelles, Clément Gignac<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le ministre des Ressources naturelles, Clément Gignac

Québec — Le territoire couvert par le Plan Nord offre un environnement d'affaires comparable à celui de pays émergents comme l'Inde, a déclaré hier le ministre des Ressources naturelles, Clément Gignac.

M. Gignac a donné l'exemple des limites aux réseaux électrique et de communication pour décrire à un groupe de gens d'affaires les réalités auxquelles les entreprises sont confrontées au nord du 49e parallèle. «On est au Québec, au Canada, un pays industrialisé avec un niveau de vie parmi les plus élevés, mais dans le Nord, il y a des similitudes avec l'Inde et les pays émergents», a-t-il dit.

Avec le premier ministre Jean Charest, M. Gignac dirigera à partir de demain une mission exploratoire qui vise à développer des occasions d'affaires dans le cadre du Plan Nord. La délégation sera composée de représentants de 25 entreprises de la région de Québec. Le maire de Québec, Régis Labeaume, sera aussi du voyage. Les entreprises participant à la mission sont actives dans divers secteurs dont l'équipement minier, le transport, la construction et l'ingénierie.

Pour illustrer l'ampleur des défis et des occasions d'affaires, M. Gignac a présenté aux participants, réunis hier pour une rencontre préparatoire, le contexte très différent du territoire couvert par le Plan Nord.

Accès Internet limité


Le ministre a ainsi donné l'exemple d'entreprises minières qui doivent générer elles-mêmes leurs propres infrastructures d'alimentation électrique. M. Gignac a aussi cité l'absence de fibre optique dans certains secteurs, ce qui limite l'accès à Internet. «Les gens qui vont aller travailler dans le Nord vont vouloir rester en contact avec leurs amis dans le sud via Facebook et il faudra leur offrir des options et des facilités, comme s'ils sont à Montréal et à Québec, mais avec la réalité du Nord», a-t-il dit.

La mission, qui durera trois jours, transportera les participants au complexe La Grande et dans la communauté crie d'Oujé-Bougoumou. Ils visiteront aussi les installations minières de la multinationale Goldcorp à la mine Éléonore, dans un secteur isolé.

Le Plan Nord est le projet phare de M. Charest, esquissé sur 25 ans, qui repose principalement sur le secteur minier.

M. Gignac a affirmé hier qu'une filiale gouvernementale, Investissement Québec, étudie actuellement des projets qui pourraient donner lieu à des prises de participation du gouvernement, qui a prévu à cet effet 500 millions pour une première période de cinq ans. Le ministre a cependant refusé de donner plus de détails sur l'identité des entreprises qui pourraient faire l'objet de prises de position.

M. Gignac a cependant indiqué que l'examen préalable est très minutieux. «Il faut être vraiment vigilant quand on regarde ça, a-t-il dit. C'est des projets majeurs: dans quel secteur, qui sont leurs clients, qu'en est-il?»

Le gouvernement prévoit que le Plan Nord générera des investissements de 80 milliards sur 25 ans, dont plus de la moitié, soit 47 milliards, proviendra d'Hydro-Québec.