Conseils d'administration des sociétés d'État - La parité hommes-femmes est atteinte

Si les femmes continuent à avoir de la difficulté à gravir les plus hauts échelons dans les entreprises, le gouvernement Charest reçoit des éloges pour avoir favorisé leur accès aux conseils d’administration des sociétés d’État.
Photo: Agence Reuters John Schults Si les femmes continuent à avoir de la difficulté à gravir les plus hauts échelons dans les entreprises, le gouvernement Charest reçoit des éloges pour avoir favorisé leur accès aux conseils d’administration des sociétés d’État.

L'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques accorde un satisfecit au gouvernement de Jean Charest. Du moins, la modernisation de la gouvernance des sociétés d'État amorcée il y a cinq ans reçoit une bonne note de l'IGOPP, qui fait ressortir l'atteinte des cibles en matière de représentativité féminine et d'indépendance des administrateurs au sein des conseils.

«L'objectif de 50 % de femmes au sein des conseils d'administration pour l'ensemble des sociétés d'État devait être atteint le 14 décembre dernier, ce qui fût fait; le pourcentage de femmes aux conseils d'administration est donc passé de 27,5 % en 2006 à la moitié en 2011», a souligné le président exécutif du conseil de l'IGOPP. Yvan Allaire ajoute au passage que l'objectif de conseils comptant deux tiers d'administrateurs indépendants avait été aussi atteint.

La semaine dernière, les données rendues publiques par le ministère des Finances soulignaient que 9 des 22 sociétés d'État n'avaient toujours pas atteint la parité, mais que la grande majorité dépassait la barre des 40 %. Et que la représentativité féminine pouvait atteindre les 70 % au sein des conseils d'administration de la Place des Arts ou de la Régie des installations olympiques. Sur un total de 269 postes d'administrateurs au sein des conseils des 22 sociétés d'État, 141 sièges sont occupés par des femmes, soit une proportion de 52,4 %. «Sur l'ensemble, la cible est atteinte», a précisé Michel Nadeau, directeur général de l'IGOPP. À titre de comparaison, chez les 100 plus grandes entreprises canadiennes inscrites en Bourse, les femmes n'occupaient que 14 % des sièges des conseils l'administration, relevait La Presse canadienne.

L'IGOPP félicite également le gouvernement Charest pour l'avancement de la notion d'indépendance des administrateurs. «On le voit, et pas seulement dans les universités. Le message a été envoyé voulant qu'une proportion plus grande des sièges ne soit pas occupée par des parties prenantes, afin d'éviter les conflits d'intérêts.» À titre d'illustration, Michel Nadeau salue la fin du bipartisme à la Commission de la construction du Québec, dont le conseil était jusqu'à tout récemment composé des personnes désignées par les employeurs et les associations de travailleurs. Dans un autre exemple, il applaudit l'émergence de conseils ou de comités de citoyens chargés notamment de la surveillance des corps policiers. «Il faudra voir comment ces nominations seront faites, mais il reste que ce gouvernement a compris l'idée du membre indépendant et de la contribution citoyenne», dit-il.

Tout n'étant cependant pas parfait, l'IGOPP propose quelques recommandations visant à poursuivre l'amélioration de la gouvernance, que l'on souhaiterait étendue à un nombre accru d'organismes publics québécois:

- «Exiger de chaque conseil la publication du profil recherché d'expérience et de compétence et démontrer comment les membres en poste respectent ce profil;

- Les plans stratégiques devraient être rendus publics et le rapport annuel des organismes devrait être dévoilé le plus tôt possible sans attendre obligatoirement la convocation de l'Assemblée nationale;

- Les sites Internet de certains organismes devraient être plus faciles d'accès et plus complets;

- Le gouvernement du Québec devrait se doter d'une Agence des participations de l'État qui ferait les recommandations touchant les arbitrages et les priorités du gouvernement, s'assurerait des nominations et approbations en temps opportun, proposerait des révisions à la mission de chaque société, s'il y a lieu, et définirait le rôle que devrait jouer ces sociétés d'État dans les Québec du XXIe siècle.»
1 commentaire
  • France Marcotte - Abonnée 21 décembre 2011 08 h 35

    Mou

    En entendant parler de parité hommes-femmes, comme femme je devrais ressentir de la satisfaction, de la fierté, pourtant le plaisir est teinté de gêne sinon de honte.
    Tout dépend je suppose de la façon dont les choses sont présentées, comme ici. On reste avec l'impression qu'une faveur a été accordée, qu'un compromis a été fait au détriment de la compétence.
    On omet aussi de répéter dans ce cas précis que les 9 des 22 sociétés d'État qui n'ont toujours pas atteint la parité sont parmi les plus puissantes, les plus influentes.

    Les femmes de mon milieu de travail bénéficient depuis quelque 25 ans d'un semblable programme qui ont favorisé leur embauche. Il n'y a pas un jour où on ne nous fait pas sentir que sans ce programme nous n'aurions pas été embauchées.

    Ce n'est pas ainsi qu'il faut présenter les choses. Une inégalité, une discrimination, une injustice autrefois régnait qui nuisait au rendement des entreprises par l'uniformité des compétences. On commence à rétablir l'équilibre et l'organisation ne peut qu'en bénéficier.

    C'est ainsi en tout cas que j'aimerais que mon employer présente le service public traditionnellement masculin dans lequel je travaille.