Achat du Groupe TMX par Maple - Au tour de l'AMF de s'exprimer

Mario Albert: l’AMF «a pas mal de travail à faire avant d’être au marbre».<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Mario Albert: l’AMF «a pas mal de travail à faire avant d’être au marbre».

C'est maintenant que le plus difficile commence. Après deux jours d'audiences publiques, l'Autorité des marchés financiers (AMF) doit s'asseoir pour rédiger une opinion aux conséquences que personne ne sous-estime: doit-elle approuver l'acquisition du Groupe TMX par le consortium Maple? Et dans l'affirmative, à quelles conditions? Combien de questions demeurent sans réponse?

«Je dirais qu'il y a plusieurs questions pour lesquelles il y a plusieurs réponses», a dit hier le p.-d.g. de l'AMF, Mario Albert, à l'issue de la dernière séance lors d'un entretien avec Le Devoir. Entre les interrogations au sujet des garanties pour les activités de la Bourse de Montréal et les préoccupations concernant une plus grande concentration du pouvoir financier, l'agence «a pas mal de travail à faire avant d'être au marbre».

Maple, un consortium de 13 établissements dont l'offre d'achat pour le TMX était au départ un geste visant à bloquer celle mise sur la table par la Bourse de Londres — qui s'est depuis retirée —, a tenté de convaincre l'AMF que son projet donnera un nouvel élan au milieu financier canadien et montréalais dans un monde où la concurrence autour du globe est de plus en plus féroce. L'AMF possède un droit de veto, tout comme la Commission des valeurs mobilières de l'Ontario et le Bureau fédéral de la concurrence.

En gros, Maple veut acheter le TMX, qui possède les Bourses de Toronto et de Montréal, y greffer la plateforme boursière Alpha (mise sur pied par les banques et les firmes de courtage) et acquérir la chambre de compensation CDS (elle aussi propriété des banques et des courtiers).

Le rôle d'une chambre de compensation consiste à déterminer qui détient quoi à la fin de chaque journée. Or, puisque le TMX possède déjà la chambre CDCC, qui s'occupe des produits dérivés à Montréal, le fait qu'elle lorgne maintenant CDS, spécialisée dans les actions, fait dire à certains qu'il y a là un risque de concentration inquiétant. En d'autres termes, affirment-ils, les usagers et actionnaires des Bourses seraient également actionnaires et usagers des grandes chambres de compensation.

Maple est composé de quatre banques, des caisses de retraite (dont la Caisse de dépôt et placement et Teachers), de l'assureur Manuvie et du Mouvement Desjardins.

Nadeau et Parizeau

Hier, l'AMF a notamment entendu les avis de l'Institut sur la gouvernance des organisations publiques et privées (Michel Nadeau et Yvan Allaire) et du MEDAC, représenté notamment par Jacques Parizeau. Alors que M. Nadeau s'est inquiété entre autres de la représentation des petits investisseurs au conseil d'administration, M. Parizeau, qui n'est pas contre la transaction à la base, a souhaité des engagements forts de la part de Maple à l'égard des activités montréalaises. Il estime aussi qu'il faudrait permettre à Montréal de jouir d'une certaine «autonomie de décision» vis-à-vis de Toronto.

Jeudi, les représentants de Maple ont dit qu'ils reprennent les engagements de 2008 à l'égard de Montréal, et que le but est d'y investir, non de s'y soustraire.

Mario Albert a dit que l'AMF veut rendre une décision le plus vite possible, mais qu'il faudrait tenir compte du rythme de la CVMO, dont la structure de commissaires est légèrement plus lourde que celle de l'AMF.

Lorsque la Bourse de Toronto a mis 1,3 milliard sur la table pour la Bourse de Montréal en 2007, des audiences ont eu lieu en janvier 2008. La décision de l'AMF est survenue trois mois plus tard.
3 commentaires
  • Unsigned Char - Inscrit 26 novembre 2011 06 h 13

    Que dire...

    1ere Partie.

    Malgré les promesses de la Bourse de Toronto lors de son achat de la Bourse de Montréal, des dizaines d'emploi ont été supprimé. Plusieurs cadres ont quitté et n'ont pas été remplacé. La presque totalité des activités est contrôlée directement par la Bourse de Toronto. Que ce soit les ressources humaines, les services administratifs et financiers, les départements de support informatique interne et externe, et j'en passe. Même le département des services informatiques, qui est la ressource la plus convoité au sein de l'organisation et sous l'emprise de la Bourse de Toronto depuis le départ de sa première vice-présidente. Son potentiel successeur à Montréal a vite été écarté et a donné sa place à une personne de Toronto, qui ne connaissait presque rien des activités du département.

    La Bourse de Toronto mine depuis son acquisition les activités de Montréal, allant à l'encontre des ententes avec le Gouvernement du Québec. Son objectif est clair au sein de la filiale montréalaise, elle vise l'anéantissement total des activités de Bourse de Montréal et leurs rapatriement à Toronto. Même les clients de la Bourse de Montréal sont en proie à des blocages administratif de la part de la Bourse de Toronto. C'est principalement pour cette dernière raison que la Bourse de Londres avait décidé d'acheter la Bourse de Toronto, afin de récupérer les activités des services informatiques de la Bourse de Montréal, pour lui permettre de continuer son expansion sur les marchés européens.

  • Unsigned Char - Inscrit 26 novembre 2011 06 h 13

    Que dire... 2

    2e partie...

    Le Groupe Maple, avec malheureusement l'aide de l'ancien président de Bourse de Montréal, a trompé les investisseurs, les Québécois et la population canadienne. L'offre de la Bourse Londres était de loin supérieure à celle du groupe Maple et sans offrir de garantie claire, assurait beaucoup plus de place aux activités de la Bourse de Montréal, voir même son expansion. Ce qui gênait beaucoup la Bourse de Toronto et ses actionnaires corporatifs membres du Groupe Maple.

    Le conflit d'intérêt entre ces actionnaires et le Groupe Maple est flagrant et la loi du silence qui existe au sein de l'organisation pose un préjudice extrême. Jamais les faits réels ne seront exposés et Montréal continuera de disparaître. Son expertise et sa technologie engloutie par Toronto par peur de la visibilité qu'elle apporte à Montréal.

    En bout de ligne tout le monde a été perdant dans l'abandon de l'achat par le LSE, et le sera encore plus après ça!

  • Jacques Patenaude - Abonné 26 novembre 2011 08 h 48

    Un autre point important a été souligné

    Messieurs Parizeau et Nadeau ont également souligné le non-sens de voir TMX être coté à sa propre bourse car elle a un rôle d'arbitre entre les acteurs de la bourse et mis de sérieux bémols sur la volonté de Maple de faire de la CDCC et la CDS des organisations à but à but lucratif ce qui n'est pas le cas présentement