Québec - «Le développement durable, ça s'enseigne»

Thierry Haroun Collaboration spéciale
L’Université Laval prône le développement durable dans ses actrions et son enseignement.<br />
Photo: Source Université Laval L’Université Laval prône le développement durable dans ses actrions et son enseignement.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Depuis 2007, l'Université Laval a intégré dans ses rangs, voire au sein de sa gouvernance au quotidien, les principes du développement durable. Qu'en est-il concrètement?

C'est en septembre 2007 que l'Université Laval a lancé son chantier visant à inscrire en son sein les principes qui composent la notion de développement durable, en mettant sur pied un fonds de deux millions de dollars sur cinq ans.

Ont suivi, au fil du temps, la mise en place d'une structure de consultation (décembre 2007), la création d'un portail Internet institutionnel en septembre 2008 (sorte de guichet unique consacré au développement durable), l'établissement de la Politique institutionnelle de développement durable (novembre 2008), l'élaboration du Plan d'action sur le développement durable 2009-2012 (juin 2009) et la production du premier rapport sur toute cette question en février dernier. Voilà pour les grandes étapes.

«Nous pensons que nous avons un rôle important à jouer au sein de la société sur le plan du développement durable, compte tenu que nous formons les décideurs de demain, note Éric Beauce, vice-recteur exécutif et au développement de l'Université Laval. Par ailleurs, il importe pour nous d'intégrer les trois composantes du développement durable [l'environnement, la société et l'économie] au sein de la formation que nous dispensons à nos étudiants.»

Justement, sur le plan de la formation, l'Université Laval a modifié son règlement des études pour y intégrer l'obligation d'initier l'ensemble de ses 55 000 étudiants au développement durable en fonction de leur domaine d'études respectif. «Par exemple, précise M. Beauce, dans la formation des dentistes, il faut trouver une façon de se débarrasser des déchets toxiques. En administration, il y a toute la notion d'écocertification dans le domaine des achats qui doit être considérée. Vous savez, le développement durable, ça s'enseigne.»

Ainsi, la documentation officielle précise que cette université «s'est donné pour mandat d'initier ses étudiants aux valeurs et aux enjeux véhiculés par le développement durable. Elle tient à leur offrir ce complément de formation qui leur permettra de devenir des citoyens responsables et des agents de changement dans leur milieu, élément fondamental du développement durable.»

En clair, dans le but de faciliter l'intégration de ce nouveau volet aux études, l'université a divisé son offre de formation en différents niveaux, ce qui permet à chacun de s'engager à la mesure de ses besoins. Ces niveaux sont les suivants: Initiation aux enjeux du développement durable dans les programmes de baccalauréat (niveau 1), Cours d'introduction au développement durable (niveau 2), Profil en développement durable (niveau 3), Baccalauréats avec une spécialisation en développement durable (niveau 4), Formations spécialisées aux études supérieures (niveau 5) et, enfin, Formation continue et écoles d'été en développement durable (niveau 6).

Un Fonds durable


À l'évidence, le fait de maintenir un chantier aussi vaste que le développement durable ne va pas sans verser des sommes. Ainsi, le Fonds de développement durable, assorti de deux millions de dollars sur cinq ans, a, depuis son lancement en 2007, résulté en des projets concrets.

On note, pour l'année 2010, plusieurs initiatives issues du milieu étudiant qui ont été sélectionnées par un comité, dont un concours d'activité d'intégration écoresponsable et un programme de covoiturage, qui, dans les faits, est un système informatisé de covoiturage destiné à la communauté universitaire.

Un autre projet notable porte sur la création d'un site Internet qui fait la promotion d'oeuvres d'art publiques du campus. Le but est de mettre en valeur le patrimoine culturel des lieux.

On remarque également la conduite d'une étude sur la combustion à la biomasse qui porte sur la faisabilité de l'approvisionnement d'un brûleur d'une chaudière de la centrale d'énergie en poussière de bois. Le but ici est d'évaluer la possibilité d'avoir une partie du chauffage du campus fournie par la biomasse.

Rappelons au passage que le campus de l'Université Laval est certifié «durable» par la Coalition jeunesse Sierra, une filiale du Sierra Club. «Ce dont on est particulièrement fier dans ce cas, c'est que cette distinction provient d'étudiants, et c'est pour eux qu'on se lève le matin», tient à souligner Éric Beauce.

Énergie

Enfin, on ne se surprendra pas d'apprendre que les autorités de l'Université Laval ont mis sur pied un programme consacré à l'énergie. «C'est une facette qui vise à réduire notre consommation d'énergie. Par exemple, toutes les fois qu'on procède à des travaux de rénovation dans un bâtiment, on change les types de lumière. Ce programme et son approche nous font économiser trois millions de dollars sur une base annuelle. Il s'agit aussi de faire de petits gestes au quotidien, comme éteindre les ordinateurs quand on quitte le bureau. Il y a environ 22 000 ordinateurs à l'Université Laval, ça consomme beaucoup d'énergie, tout ça», fait remarquer M. Beauce.

De plus, l'Université Laval, ajoute M. Beauce, a adopté, le 24 novembre 2010, sa Politique d'achat et de consommation responsable. Celle-ci s'est appliquée notamment dans le cadre des achats du matériel informatique. Ainsi, les fournisseurs d'ordinateurs doivent offrir des ordinateurs certifiés minimalement EPEAT argent (cycle de vie des appareils). Ce choix permet de réduire la consommation énergétique de 2,2 millions de kWh, tout en évitant l'émission de 50 tonnes de CO2 et de 84 700 kg de matières résiduelles.

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Collaborateur du Devoir
1 commentaire
  • ragazzino - Inscrit 22 novembre 2011 17 h 54

    Bémol

    C'est bien beau tout ça... mais l'Université Laval sera un campus durable le jour où elle cessera de donner autant de place à l'automobile. Les parcs de stationnement sont partout! Je n'ai jamais vu un campus universitaire aussi asphalté.