Universal rachète EMI Music - Le groupe met la main sur l'activité de musique enregistrée de sa concurrente

Paris — La première maison de disque mondiale, Universal, filiale du groupe diversifié français Vivendi, a annoncé hier le rachat de sa concurrente EMI Music, éditrice des Beatles et de Coldplay, à la banque Citigroup moyennant 1,2 milliard de livres (1,9 milliard $).

La fusion des groupes EMI et Universal Music Group (UMG) va créer une «entreprise de musique très puissante au moment où le secteur de la musique connaît un rebond. C'est donc le bon moment pour faire cette acquisition», a indiqué le président du directoire de Vivendi, Jean-Bernard Lévy.

Après une période noire causée par le piratage, le marché de la musique enregistrée aux États-unis est reparti cette année avec une hausse des ventes en volume comme en valeur, grâce aux offres numériques payantes.

Le p.-d.g. d'UMG, Lucian Grainge, relève à cet égard «la multiplication du nombre de plates-formes de vente, mais aussi d'abonnement, comme Spotify. EMI nous apporte un très prestigieux catalogue, complémentaire avec celui d'UMG», a fait valoir M. Lévy lors d'une conférence téléphonique.

Trio de géants

EMI détient 10 % de parts de marché au niveau mondial avec 1 milliard de livres de chiffre d'affaires. Après son absorption par UMG, il ne reste que trois grands groupes de musique dans le monde avec Sony et Warner. C'est pourquoi la transaction doit obtenir l'autorisation des autorités de la concurrence aux États-Unis, mais aussi en Europe, au Japon, et en Australie. Vivendi a assuré «prendre en charge le risque réglementaire».

M. Grainge a assuré que les «studios d'Abbey Road, qui restent un symbole d'EMI et de la culture britannique», seraient conservés par Vivendi.

EMI avait été saisie en février par Citigroup, auparavant son principal créancier, après un bras de fer avec le fonds d'investissement britannique Terra Firma, son précédent propriétaire. Terra Firma, qui avait acheté l'ensemble d'EMI en 2007 pour la somme colossale de 4,2 milliards de livres (6,7 milliards $CAN), avait sabré les effectifs et les dépenses, sans toutefois réussir à résister au fardeau de son considérable endettement.

Vivendi ne rachète que l'activité de musique enregistrée, et non la branche d'édition musicale qui intéresserait Sony, associé au fonds KKR et au groupe allemand de médias Bertelsmann.

Interrogée par l'AFP sur ce dossier, une porte-parole de Citigroup s'est refusée à tout commentaire. Selon le Wall Street Journal, cette branche pourrait être vendue 2,2 milliards $US à Sony/ATV.