L'équilibre budgétaire ne sera pas atteint d’ici 2014, dit Flaherty

La dégradation des conditions économiques ajouterait près de 16 milliards au déficit du gouvernement canadien.
Photo: Agence Reuters Chris Wattie La dégradation des conditions économiques ajouterait près de 16 milliards au déficit du gouvernement canadien.

Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, a reconnu, aujourd'hui, qu’il ne serait finalement pas en mesure d’équilibrer le budget en quatre ans tel que promis, tout en annonçant un allégement du fardeau des travailleurs et des entreprises, en réduisant de moitié l’augmentation annoncée du taux de cotisation de l’assurance-emploi.

Lors d’une allocution prononcée devant la Chambre de commerce de Calgary, M. Flaherty a prévenu que l’économie était fragile et qu’elle ralentissait, et il s’est dit prêt à aller plus loin si les conditions économiques continuaient à se détériorer.

«Nous sommes bien au courant des défis qui attendent l’économie mondiale et de l’impact qu’ils pourraient avoir sur le Canada», a-t-il déclaré. «Je tiens à être clair: nous ne nous enfermerons pas dans un carcan idéologique lorsqu’il faudra prendre des décisions pour conserver la vigueur de notre économie et protéger les Canadiens, leur sécurité financière et leurs emplois.»

Durant leur campagne électorale, au printemps, les conservateurs de Stephen Harper avaient mis de l’avant leurs réalisations sur le plan économique, et promis d’éliminer le déficit d’ici 2014-15.

M. Flaherty a cependant appris de la bouche d’économistes, le mois dernier, que les prévisions de croissance économique figurant dans le dernier budget fédéral n’étaient plus applicables, de sorte que les revenus fiscaux d’Ottawa seront moins importants que prévu. En outre, les économistes ont prévenu le ministre que les risques que la situation s’aggrave davantage augmentaient.

Le déficit fédéral devrait atteindre 27,4 milliards l’an prochain, en hausse par rapport à la précédente prévision de 19,4 milliards, puis 17 milliards en 2013-14, alors qu’on prévoyait 9,4 milliards.

Ottawa comptait ensuite sur les économies réalisées grâce aux réductions des dépenses en programmes des ministères pour atteindre l’équilibre budgétaire en 2014-15. Il s’attend maintenant à un déficit de 3,5 milliards, en tenant compte de réductions de dépenses de l’ordre de 4 milliards. Abstraction faite de ces réductions de dépenses, le déficit prévu serait de 7,5 milliards.

Au total, le gouvernement fédéral ajoutera à l’encre rouge quelque 29 milliards dans ses livres entre cette année et 2015-16. Selon les nouvelles projections économiques fédérales, le gouvernement enregistrera en 2015-16 un «minuscule» excédent de 600 millions, à condition d’atteindre ses objectifs de réduction des dépenses.

Les modifications apportées aux cotisations à l’assurance-emploi avaient fait l’objet d’une fuite dans certains médias, lundi soir, et elles sont mineures.

Ottawa va réduire de moitié la hausse des primes d’assurance-emploi annoncée pour le 1er janvier prochain, et qui devait au départ augmenter de 10 ¢ par tranche de 100 $ de gains assurables les cotisations des travailleurs, et de 14 ¢ celles des entreprises.

Les modifications apportées signifient que les travailleurs obtenant au maximum 43 000 $ de gains assurables peuvent s’attendre maintenant à voir leur paye diminuer d’environ 23 $ par année. Les entreprises, quant à elles, verseront une somme additionnelle de 31 $ par année par employé.

De plus, le fédéral va prolonger d’au plus 16 semaines les accords de travail partagé afin d’éviter les mises à pied, en offrant des prestations d’assurance-emploi aux travailleurs qui acceptent un horaire de travail réduit, le temps que leur employeur redresse sa situation.

«Nous continuerons de faire de la protection des emplois et de l’économie du Canada notre grande priorité», a assuré M. Flaherty aujourd'hui.
2 commentaires
  • northernbud - Inscrit 8 novembre 2011 17 h 09

    Tiens, tiens, tiens...

    Et ça se permet d'aller parader en Europe pour les sermonner sur la gestion de leurs finances...
    Très édifiant.

    Ce type a hérité d'un surplus budgétaire et l'a transformé en déficit record en moins de 2 ans par ses politiques financières si bien "avisées" (baisses de taxes aux corporations et aux plus riches, augmentation des dépenses militaires et de sécurité, coupures sauvages dans les emplois, name it).

  • Roland Berger - Inscrit 8 novembre 2011 17 h 50

    La fange politique conservatrice

    Les riches ont placé leur gouvernement. Il leur est fidèle.
    Roland Berger