Grande-Bretagne - Revenu annuel moyen: 4,3 millions

La déterminatin des indignés qui occupent un parc situé en face de la cathédrale Saint-Paul, à Londres, sera sans doute fouettée en apprenant que les dirigeants des grandes entreprises britanniques ont vu leurs revenus augmenter de 50 % entre 2010 et 2011.<br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Leon Neal La déterminatin des indignés qui occupent un parc situé en face de la cathédrale Saint-Paul, à Londres, sera sans doute fouettée en apprenant que les dirigeants des grandes entreprises britanniques ont vu leurs revenus augmenter de 50 % entre 2010 et 2011.

Londres — Les dirigeants des grandes entreprises britanniques ont vu leurs revenus augmenter cette année de moitié par rapport à 2010, selon une étude publiée hier, dont les résultats ont suscité la colère des syndicats à l'heure où le pays doit se serrer la ceinture.

Le premier ministre conservateur, David Cameron, interpellé lors d'un voyage en Australie, a parlé d'un rapport «préoccupant».

Les revenus des directeurs des sociétés du Footsie-100, l'indice vedette de la Bourse de Londres, ont bondi de 49 % pour atteindre 2,7 millions de livres (4,3 millions $CAN) annuelles en moyenne, selon les calculs du cabinet Incomes Data Services (IDS). Cette somme comprend le salaire, l'exercice des stock-options, les divers plans de rémunération variable à long terme et les bonus, ces derniers ayant augmenté de 23 % à 906 044 livres (1,5 million $CAN) en moyenne en 2011, en dépit des polémiques récurrentes sur leur bien-fondé.

«À l'heure où les salariés subissent une baisse de leurs salaires réels et risquent de perdre leur emploi, il pourrait être difficile pour les entreprises du Footsie-100 de justifier l'augmentation significative des revenus de leurs dirigeants sans fournir d'explication», a commenté Steve Tatton, le responsable de l'étude.

La grande majorité des Britanniques voient en effet leur pouvoir d'achat rogné par une inflation supérieure à 5 %, tandis que le chômage est au plus haut niveau depuis 17 ans. Les salaires nominaux progressent beaucoup moins que le rythme de l'inflation, ce qui signifie que les salaires réels — qui reflètent le véritable pouvoir d'achat — reculent dans le pays.

Dans ce contexte, rendu encore plus difficile pour les ménages par le plan d'austérité draconien du gouvernement, cette étude a suscité la colère des syndicats. «Ces dirigeants ont utilisé l'argument des conditions économiques difficiles pour imposer une baisse des salaires réels, qui ont porté un coup au niveau de vie des gens et à l'économie dans son ensemble, mais ils n'ont pas montré la même modération en ce qui concerne leur propre paye», a dénoncé Brendan Barber, le secrétaire général de la confédération des syndicats britanniques, le Trades Union Congress (TUC). «C'est un autre exemple éclatant de la manière dont se comportent ces porcs cupides qui dirigent nos entreprises», s'est enflammé Paul Kenny, secrétaire général du syndicat GMB, l'un des principaux du pays.

David Cameron a réagi, alors qu'il était en voyage officiel en Australie, et demandé aux entreprises de faire preuve de «transparence et de responsabilité» dans leur politique de rémunération. «C'est un rapport préoccupant, particulièrement au moment où les budgets des ménages sont très serrés, où les gens vivent une période difficile, avec la hausse des prix de l'alimentation et de l'essence», a-t-il dit au cours d'une conférence de presse.

Le chef de file de l'opposition travailliste, Ed Miliband, a pour sa part déclaré qu'il ne s'opposait pas à des hauts revenus pour ceux que le méritent. «Mais il n'est pas juste que ceux qui se trouvent tout en haut du système reçoivent des récompenses hors de contrôle sans rapport avec la richesse qu'ils ont créée», a-t-il estimé.