Dix-huit mois après la marée noire - BP renoue avec les gros profits

Photo: Agence France-Presse (photo) Paul Ellis

Londres — Le géant pétrolier britannique BP a annoncé hier un bond spectaculaire de son bénéfice trimestriel, confortant ses espoirs de tourner la page de la catastrophe du golfe du Mexique d'avril 2010 qui a failli lui être fatale.

Ainsi, 18 mois après l'explosion de la plate-forme Deepwater Horizon qui a fait 11 morts et provoqué la pire marée noire de l'histoire des États-Unis, BP engrange à nouveau d'énormes profits. Ce qui a permis à son directeur général, Bob Dudley, d'affirmer que la compagnie avait «passé un cap» sur la voie d'un retour à la normale.

Il a donné un autre motif de satisfaction aux actionnaires en annonçant dans la foulée la vente de 15 milliards de dollars d'actif supplémentaire d'ici à la fin de 2013, avec l'objectif affiché de pouvoir mieux les rémunérer. Les investisseurs ont apprécié, et le titre BP grimpait de près de 5 % hier en fin de matinée à la Bourse de Londres. Le groupe a néanmoins perdu le tiers de sa valeur depuis avril 2010, preuve que cette catastrophe qui a durablement terni son image n'a pas fini de le hanter en dépit de l'optimisme affiché.

Au troisième trimestre 2011, le bénéfice net a presque triplé par rapport à l'année précédente pour atteindre 4,91 milliards $US, porté par le cours élevé du baril de brut. Sur les neuf premiers mois de l'année, le redressement est encore plus spectaculaire: BP a engrangé 17,65 milliards $US de profits, contre une perte de 9,29 milliards en 2010.

C'était l'époque où la compagnie pétrolière était contrainte de vendre et provisionner à tour de bras pour abonder le fonds de vingt milliards de dollars destiné à indemniser les victimes de la marée noire. Celui-ci est désormais financé et, surtout, d'autres acteurs de la catastrophe commencent à y participer. L'américain Anadarko, copropriétaire du gisement exploité par la plateforme ayant explosé, a ainsi accepté la semaine dernière d'y contribuer à hauteur de 4 milliards.

Les analystes y ont vu une victoire importante pour BP qui plaide la théorie de «responsabilité partagée» pour limiter l'amende que doit encore lui infliger la justice américaine.