Jean Charest termine sa mission commerciale en Chine - Les retombées viendront plus tard

M. Charest a clôturé son périple chinois hier avec l'annonce d'un contrat d'une valeur pouvant atteindre 100 millions sur 10 ans entre une entreprise québécoise et un partenaire de Hong Kong. La firme Norduyn, basée à Montréal, a conclu une entente avec une filiale de Lufthansa, LSG Sky Chefs, pour la fabrication de chariots-repas ultralégers destinés à la flotte du transporteur aérien allemand. Dans la première partie du contrat, au cours des trois prochaines années, Norduyn livrera 30 000 chariots de fibre de verre à Lufthansa.

L'entreprise compte une centaine d'employés dans ses installations de Montréal — et dans son usine de Shanghai — et entend ajouter une trentaine d'ingénieurs à son équipe montréalaise d'ici cinq ans grâce à ce contrat.

À l'exception de Norduyn et d'un investissement de 400 millions de la société minière Jilin Jien Nickel, au Nunavik, la mission du premier ministre ne s'est pas démarquée particulièrement par la valeur des contrats obtenus par les entreprises. Une quinzaine d'ententes ont été annoncées au cours de la semaine, en incluant des collaborations entre institutions, comme les universités et le Barreau du Québec.

En point de presse à Shanghai, capitale économique et financière chinoise, le premier ministre Charest a pleinement assumé les résultats de la mission. «Nous ne sommes pas de l'école des annonces, nous sommes de l'école des projets et des réalisations. Il y a eu des signatures d'entente, il y en a, mais l'expérience nous apprend qu'un projet est annoncé quand les décisions sont prises. Il y en aura des investissements», a-t-il prédit.

M. Charest estime qu'il ne faut surtout pas se laisser distraire par les seuls chiffres. Les contacts établis en Chine au cours de la semaine auprès des leaders politiques et d'affaires chinois donneront à son avis des résultats heureux à long terme. «Sur la taille des contrats, il ne faut pas s'inquiéter. Il y a des investissements qui s'en viennent et des investissements qui seront porteurs et structurants pour l'économie du Québec», a-t-il soutenu, appelant les observateurs à la patience.

En outre, ceux qui s'inquiètent du succès mitigé du Plan Nord en Asie doivent aussi faire preuve de patience, a fait comprendre le premier ministre. Avec ses besoins en métaux et ses réserves de capitaux, la Chine viendra investir dans la taïga québécoise. Ce n'est qu'une question de temps, a-t-il insisté. «Je peux vous dire que dans le secteur minier, les compagnies chinoises viendront investir au Québec, il n'y a pas doute. Et des investissements importants. Laissons venir», a déclaré M. Charest, sans expliciter davantage.

De fait, la Chine a ses particularités. C'est un marché immense, en pleine expansion, qu'il faut entretenir souvent et longtemps pour espérer y faire de bonnes affaires.

C'est la raison pour laquelle le premier ministre québécois a appelé son vis-à-vis d'Ottawa , Stephen Harper, plus tôt cette semaine, à entreprendre le plus rapidement possible des discussions avec les autorités chinoises en prévision d'un accord bilatéral de partenariat économique.

Un tel partenariat est incontournable, selon M. Charest. «Ou l'on s'occupe de nos relations avec la Chine, ou d'autres pays s'en occuperont à notre détriment. M. Harper et moi, là-dessus, à ce que je sache, sommes sur la même longueur d'ondes [...]

M. Harper lors de sa visite au mois de novembre, je le souhaite, pourra faire avancer cette idée», a-t-il dit.

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