Finances publiques du Québec - Vers un déficit inférieur aux attentes

Une hausse des revenus plus forte que prévu à la fin de l'exercice 2010-2011 pourrait permettre à Québec d'afficher un déficit inférieur à ses prévisions, indiquent les données préliminaires émanant du ministère des Finances.

Selon le plus récent Rapport mensuel des opérations financières, un document technique que Québec publie discrètement, le manque à gagner pour l'année 2010-2011 serait de 3,666 milliards. Au moment du budget déposé au mois de mars, le gouvernement Charest avait estimé le déficit à 4,2 milliards.

Le document a été publié le 8 juillet et n'a fait l'objet d'aucune information dans les médias, mais le porte-parole du ministère des Finances, Jacques Delorme, a dit lors d'un entretien que le gouvernement n'a pas l'habitude de claironner ces chiffres, car il s'agit d'abord et avant tout de données préliminaires.

Le portrait définitif des finances publiques sera dévoilé à l'automne dans le cadre de la publication des Comptes publics 2010-2011, a insisté M. Delorme.

L'écart de 534 millions entre le déficit anticipé lors du budget Bachand et celui des documents du début du mois s'explique par une hausse des recettes fiscales du gouvernement et des revenus des entités consolidées. Le gouvernement a aussi vu ses dépenses augmenter légèrement, mais cela n'a pas vraiment fait bouger la balance.

Ultimement, le ministre des Finances, Raymond Bachand, croit que la dernière année déficitaire sera celle de 2012-2013, au cours de laquelle le trou se chiffrera à 1,5 milliard.

Les dépenses de programmes, sur l'année, ont augmenté de 3,1 %, à 63,5 milliards. Cela ne comprend pas ce que coûtent les intérêts sur la dette. En les ajoutant, les dépenses budgétaires ont augmenté de 4 %, à 70,4 milliards.

Au cours des années 2006-2007 à 2009-2010, les dépenses de programmes avaient crû à un rythme beaucoup plus rapide. En moyenne, la croissance annuelle avait été de 5,8 %.

L'économie du Québec a pris du mieux en début d'année. Le mois dernier, l'Institut de la statistique du Québec a noté que la croissance économique s'est chiffrée à 0,9 % sur le trimestre. Projeté sur une base annuelle, cela représente un gain de 3,7 %, comparativement à 3,9 % pour l'ensemble du Canada.

DBRS applaudit, mais...

Le 7 juillet dernier, l'agence de notation torontoise DBRS a confirmé les cotes de crédit du gouvernement québécois, mais a émis des réserves quant à la dépendance du plan de réduction du déficit vis-à-vis de la croissance économique et quant aux efforts qui seront requis au chapitre des dépenses.

«Dans l'ensemble, DBRS est rassurée par la mise en oeuvre réussie du plan de redressement fiscal et les conventions collectives raisonnables obtenues d'une partie importante de la main-d'oeuvre», a écrit l'agence DBRS dans un rare commentaire en français.

«Néanmoins, le plan reste largement tributaire de la reprise soutenue de l'économie mondiale. De plus, limiter la croissance annuelle des dépenses aux objectifs prévus dans le plan, soit 5 % dans le secteur de la santé et 0 % dans la plupart des autres programmes (sauf Éducation et Famille, Emploi et Solidarité sociale) jusqu'en 2015-2016, sera sans doute ardu.»
1 commentaire
  • Paul Gavazzi - Inscrit 26 juillet 2011 19 h 44

    Combien on pari

    Combien on pari que les nouveaux revenus grâce a la taxes sur l'essence qui ne cesse d'augmenter permet a notre cher ministre de bien paraitre. On continue a montrer des plus grands revenus d'états sans tenir en compte que c'est très demandant pour les ménages Québécois de payer plus cher d'essence. Donc même si notre budget semble mieux se porter, les québécois ont encore moins dans leur poches. A quand un plafond aux revenus de taxes d'essences, alcools et tabacs pour une franche représentation des revenus de l'état.