Scandale des subprimes - Bank of America règle pour 14 milliards

Photo: Agence France-Presse (photo) Mark Ralston

New York — Bank of America a annoncé hier qu'elle allait payer 14 milliards de dollars pour solder les contentieux générés par sa filiale Countrywide Financial, l'un des principaux protagonistes du scandale des prêts subprimes à l'origine de la crise de 2008.

La première banque américaine par les actifs va payer 8,5 milliards de dollars pour mettre un terme aux procédures engagées à son encontre par 530 fonds d'investissements parmi les plus prestigieux du monde de la finance. C'est le montant le plus élevé jamais réglé par une banque pour régler un litige, faisait remarquer le Wall Street Journal, qui avait révélé l'initiative de la banque la veille sur son site Internet.

La banque compte également passer une provision supplémentaire de 5,5 milliards pour apurer la situation avec les organismes semi-publics de refinancement hypothécaire comme Freddie Mac et Fannie Mae, avec lesquels elle avait déjà pourtant signé un premier accord il y a quelques mois.

La banque, qui compte aussi enregistrer pour 6,4 milliards de dollars de dépréciations dans ses comptes du deuxième trimestre, estime que sa perte nette pour le trimestre en cours pourrait atteindre 9,1 milliards de dollars, selon un communiqué de l'établissement.

Le règlement à l'amiable doit maintenant être validée par un juge. C'est la troisième transaction annoncée depuis le début de l'année par la banque pour apurer son bilan de ses errements passés dans les subprimes, largement à la suite de son rachat en 2008 du prêteur immobilier Countrywide.

Countrywide avait connu une croissance effrénée lors des années de bulle spéculative dans l'immobilier (2003-2007), avant d'être balayé par la crise financière. Après avoir accordé des prêts à des centaines de milliers de ménages insolvables, il n'a échappé à la faillite qu'en étant racheté par Bank of America, en 2008, pour 2,54 milliards de dollars.

Les plaignants estiment que Countrywide leur avait vendu des titres hypothécaires adossés à des crédits d'une qualité très inférieure à ses dires.