Enfin un contrat pour la CSeries!

Pierre Beaudoin, président et chef de la direction de Bombardier: «Un programme d’avion qui a du succès est un programme qui a une bonne distribution géographique avec plusieurs clients.»<br />
Photo: Agence Reuters Christinne Muschi Pierre Beaudoin, président et chef de la direction de Bombardier: «Un programme d’avion qui a du succès est un programme qui a une bonne distribution géographique avec plusieurs clients.»

Bombardier a répondu hier à ses concurrents et aux sceptiques qui font des gorges chaudes du faible nombre d'avions de sa future CSeries vendus jusqu'à présent.

Bombardier a commencé par annoncer hier la vente de cinq appareils CS100 de 100 à 125 sièges et de cinq appareils CS300 de 120 à 145 sièges à la compagnie suédoise Braathens Aviation pour environ 665 millions $US. Cette vente d'appareils de la CSeries, qui prévoit également des options pour

10 autres appareils, est la première en 15 mois. Elle porte le carnet de commandes de la nouvelle famille d'avions à 100 appareils et 100 options.

De nombreuses voix se sont inquiétées depuis des mois de cette absence de nouveau contrat et du faible nombre d'avions vendus jusqu'à présent pour ce nouveau type d'appareils plus gros que ceux que Bombardier a l'habitude de construire. Le président du concurrent européen Airbus, Tom Enders, a tourné le fer dans la plaie, cette semaine, en déclarant que l'arrivée prochaine d'une nouvelle version remotorisée de son A320 allait «tuer dans l'oeuf» la CSeries de Bombardier. Il en voulait notamment pour preuve la vente de 300 de ces A320 Neo en l'espace de quelques mois seulement. Le concurrent brésilien Embraer a prétendu, quant à lui, que les avions de la CSeries étaient trop lourds.

«Le fait qu'ils en parlent montre qu'ils sont inquiets», a rétorqué le président et chef de la direction de la division aéronautique de Bombardier, Guy Hachey, lors d'un point de presse tenu en marge de l'assemblée annuelle des actionnaires de la compagnie. «Nous, on écoute nos clients. On a parlé à une centaine d'entre eux et on n'est pas inquiets du tout. [...] On a beaucoup d'intérêt des clients.»

Des dizaines de contrats à venir

Il n'y a rien d'extraordinaire au fait qu'il ne se soit pas vendu plus d'appareils de la CSeries jusqu'à présent, ni au fait qu'Airbus vende déjà des centaines de ses A320 Neo, a-t-il poursuivi. Les ventes de toute nouvelle famille d'avions ne décollent jamais vraiment avant qu'on se soit approché à moins de deux ans ou deux ans et demi de la date prévue de leur entrée en service. Dans le cas de la CSeries, cette étape est toujours prévue à fin de 2013 pour les CS100 et à la fin de 2014 pour les CS300.

L'A320 — comme le 737 de l'américaine Boeing d'ailleurs — vole quant à lui depuis des années et se vend à 400 ou 450 exemplaires chaque année, a-t-il ajouté. La nouvelle serait qu'il commence à s'en vendre moins.

«Nous sommes actuellement là où nous voulions être avec la CSeries», a résumé Guy Hachey. Bombardier se dit en «négociations avancées» avec une dizaine de clients. On ne promet pas d'avoir de nouvelles annonces prêtes pour le fameux Salon aéronautique du Bourget dans trois semaines, mais on promet d'avoir signé une vingtaine, voire une trentaine de petits contrats d'ici la fin de 2013, pour un total d'au moins 300 commandes d'avions.

«Un programme d'avion qui a du succès est un programme qui a une bonne distribution géographique avec plusieurs clients», a déclaré le président et chef de la direction de Bombardier, Pierre Beaudoin.

Après, seulement, cherchera-t-on à conclure de plus gros contrats. L'objectif est de construire entre 100 et 250 appareils par année lorsque la vitesse de croisière sera atteinte, au-delà de 2014.

Selon l'analyste Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale, Bombardier devra vendre au moins 450 avions de la CSeries pour que le programme soit rentable.

Mis à part la suédoise Braathens Aviation, les clientes de la CSeries sont jusqu'à présent l'américaine Republic Airways, l'allemande Deutsche Lufthansa et Lease Corporation International Group, qui est basée en Angleterre, en Irlande et à Singapour.

Cadence de construction à Mirabel


Bombardier a également fait le point sur ses ventes de jets régionaux. Si le carnet de commandes est suffisamment garni pour le moment pour assurer le maintien de leur actuel rythme de production à Mirabel, de nouvelles ventes devront être réalisées durant les «deux ou trois prochains mois», sans quoi la cadence (et les effectifs) pourrait devoir être réduite pour l'année prochaine.

Heureusement que les affaires vont beaucoup mieux pour les avions d'affaires Challenger et Global assemblés à Montréal et à Toronto. «Nous devons trouver des façons d'accroître la capacité de production afin de livrer plus d'appareils», a indiqué à ce propos Guy Hachey.

La compagnie montréalaise s'est d'autre part dite très contente de ses nouvelles installations de production au Mexique et a dit souhaiter recourir de plus en plus aux pays à faibles coûts de main-d'oeuvre. Cela pourrait se traduire par une augmentation de la production au Mexique, a-t-elle expliqué. Cela pourrait aussi vouloir dire l'ouverture de nouvelles usines en Afrique du Nord ou en Europe de l'Est.

Bombardier a par ailleurs dévoilé les résultats financiers de son premier trimestre qui a pris fin au 30 avril. On rapporte des bénéfices nets de 12 ¢ l'action (220 millions), comparativement à 11 ¢ (195 millions) durant la même période l'an dernier, et à une prévision de 10 ¢ des analystes.

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Avec La Presse canadienne 
1 commentaire
  • gaetanfo - Inscrit 2 juin 2011 10 h 12

    Et les trains français ?

    La C-Series se porte mieux. C'est incontestable.

    Mais Bombardier, qui n'annonce toujours que les bonnes nouvelles, se
    garde bien de mentionner ses déboires récents en France.
    Les chemins de fer français menacent d'annuler la livraison des prochains
    TER (trains express régionaux), vu les pannes à répétion sur les exemplaires
    djà livrés. Bombardier avait pourtant claironné la vente de ces matériels.
    Ce qui était bien justifié d'ailleurs vu l'ampleur du contrat.
    Mais silence sur les déboires. Y compris de la part de nos organes de
    presse.